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Kissinger, ou le dernier diplomate

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Politique étrangère, vol. 82, n° 1, printemps 2017
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PE 1-2017
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Kissinger inspire, dans la deuxième moitié du xx e siècle, les choix fondamentaux de la diplomatie américaine. Mais d’où viennent ses références dominantes ? Metternich et sa vision d’un ordre international conservateur, Bismarck et son relativisme démocratique y ont toute leur place. Quelle pertinence a aujourd’hui la conception kissingérienne, dans un monde marqué par la diversification des acteurs de la vie internationale et l’éclatement de l’ordre interétatique ?

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Le 27 mai 2016, Henry Kissinger célèbre ses 93 ans, réaffirmant sa position de pivot, d’homme-phare de la diplomatie américaine. En 2016, deux livres, opposés dans leurs visions de Dear Henry mais se répondant, montrent, l’un comme l’autre, que Kissinger ne cesse, tout au long de la seconde moitié du XXe siècle, d’être l’inspirateur des choix fondamentaux de la politique étrangère des États-Unis.


Pour Greg Grandin, Kissinger est un Méphistophélès, un docteur Mabuse, un docteur Folamour, chez lequel la volonté de puissance, nourrie de pessimisme germanique, vise à imposer une paix absolue autour d’une Amérique dont la puissance ne doit jamais être soupçonnée de faiblesse. Grandin, non sans arguments, conclut que l’intervention américaine de 2003 en Irak, loin d’être en rupture avec le réalisme calculateur du collaborateur de Richard Nixon, s’inscrit dans le projet kissingérien de « paix perpétuelle », prétendant recréer un Irak démocratique intégré à l’ordre planétaire américain.


Niall Ferguson, historien britannique, professeur à Harvard – l’université d’Henry Kissinger – écrit, lui, ce qui constitue peut-être son œuvre majeure, en racontant en deux volumes la vie de Kissinger. Dans sa préface, Ferguson explique que son ouvrage repose sur un accord écrit entre Kissinger et lui-même, le premier s’engageant à strictement respecter l’indépendance du second, ce dernier veillant à faire preuve d’une extrême rigueur dans la présentation et l’examen des faits. Le résultat – limité pour le moment à un tome – est impressionnant par la qualité des analyses et, au final, pour l’homme Kissinger lui-même, son cheminement constamment en interaction avec les grands événements de l’époque, du triomphe du nazisme en Allemagne aux interventions américaines dans le tiers-monde (Vietnam, Irak).


1923-1969 : Avant Dear Henry, la construction d’un personnage


Nous savons tous que l’enfance d’abord et surtout, puis à un moindre degré la jeunesse, sont le creuset du « misérable petit tas de secrets » (André Malraux) qu’est en définitive un homme. Henry Kissinger naît et grandit dans la tourmente de l’histoire. Ici s’installe tout de suite le mystère de l’homme : comment tout ce maelström le modèle-t-il ? […]


PLAN

  • 1923-1969 : Avant Dear Henry, la construction d’un personnage
     - Une enfance et une jeunesse au cœur de l’histoire
     - La part cachée
     - Les maîtres de Kissinger, plus un grand absent
  • 1969-1977 : la griserie du pouvoir
     - Le professeur et le président
     - Une conjoncture metternichienne
     - Metternich, Bismarck, Kissinger
  • 1978-20... : après le pouvoir, après Kissinger
     - Des livres hantés par la permanence
     - Un tsunami Idéologique


Philippe Moreau Defarges, ancien diplomate, est chercheur à l’Ifri

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Kissinger, ou le dernier diplomate

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Philippe MOREAU DEFARGES

Intitulé du poste

Ancien chercheur à l'Ifri et co-directeur du RAMSES

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Crise de l’Union européenne ou crises de la démocratie ?

Date de publication
20 mars 2017
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Les institutions européennes sont régulièrement mises en cause pour leur déficit démocratique. Pourtant, depuis les années 1990, les traités successifs ont instauré différents instruments permettant de pallier ce déficit. Aujourd’hui, la crise de l’Union européenne est sans doute plus profonde et dépasse la question du fonctionnement des institutions. Elle touche la confiance même qu’ont les citoyens dans le projet d’intégration et dans la démocratie.

Sabine SAURUGGER
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L’Italie entre déclin industriel et impuissance politique

Date de publication
21 juin 2017
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L’Italie fait face à une crise économique profonde. Malgré l’application de mesures d’austérité recommandées par les autorités européennes, la croissance est en berne et le chômage progresse. Les privatisations ont eu pour effet de faire passer des fleurons de l’industrie sous pavillon étranger. L’État ne joue plus son rôle de régulateur et ne parvient à endiguer ni la corruption ni la fraude fiscale. Cette situation est d’autant plus problématique qu’elle se double d’une crise politique.

Martino AVANTI
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Brexit : une certaine idée de l’Europe

Date de publication
21 juin 2017
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Le résultat du référendum de juin 2016 relève d’explications connues, touchant à l’évolution de la société britannique et à ses débats politiques particuliers. Il renvoie surtout à une divergence fondamentale sur la nature et l’objectif de la construction européenne. Le Royaume-Uni n’a pas été le mauvais élève de la classe européenne trop souvent décrit. Mais son héritage et sa culture lui font préférer l’idée d’une Europe où la souveraineté resterait le privilège des États.

Jonathan STORY
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Conflits locaux : le mal insidieux de l’Afrique

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

Les conflits locaux, de plus en plus nombreux et dévastateurs en Afrique, ne sont le plus souvent analysés par les acteurs internationaux qu’à travers le prisme des conflits ou des déstabilisations d’États. Leur nature complexe, le mélange qu’ils opèrent entre traditions et modernité, leurs rapports aux niveaux national et international doivent faire l’objet d’approches nouvelles, à la fois stratégiques et ponctuelles. Des approches qui doivent intégrer les dimensions militaires et civiles.

Comment citer cette étude ?

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Philippe MOREAU DEFARGES, « Kissinger, ou le dernier diplomate », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2017.
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Kissinger, ou le dernier diplomate