La Chine dans les Balkans occidentaux
Les relations des pays des Balkans occidentaux avec la Chine sont anciennes, mais ont été relancées par de multiples initiatives de Pékin dans la dernière décennie. Leur bilan est inégal selon les pays, en particulier concernant les investissements promis par Pékin. L’avenir des relations entre ces pays et la Chine dépendra beaucoup de l’évolution de l’environnement géopolitique : élargissement de l’Union européenne et positionnement de la Chine après la guerre en Ukraine.
La région des Balkans se situe historiquement et géographiquement à l’intersection de routes migratoires et de civilisations. Attirant un certain nombre d’États étrangers mus par des intérêts différents, la région est sensible à la fois à l’influence de l’Orient et à celle de l’Occident. Pour l’heure, avec l’ensemble des pays des Balkans membres de l’Union européenne (UE) ou candidats à l’adhésion et, pour certains d’entre eux, dans les mêmes dispositions face à l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), la région semble fermement ancrée idéologiquement dans le camp des démocraties libérales pro-occidentales. Cela ne les empêche pourtant pas de conserver des relations économiques, politiques et culturelles actives avec des pays qui n’entrent pas dans la catégorie des démocraties libérales, comme la Russie, la Chine, la Turquie ou les États du Golfe. Ces acteurs non occidentaux sont souvent vus comme des moyens de combler certaines « lacunes », de compléter la coopération avec les partenaires occidentaux, par exemple pour attirer des capitaux étrangers, accroître les exportations ou financer certaines infrastructures. Mais cette coopération est aussi perçue comme sapant des valeurs fondamentales nécessaires pour intégrer l’UE : démocratie, primauté du droit, droits de l’homme, bonne gouvernance…
Bien que tous les pays des Balkans occidentaux (BO) aient développé des coopérations avec la Chine avant 1990, et qu’ils aient entretenu pour la plupart des relations amicales avec Pékin avant la dissolution de la Yougoslavie et la chute du communisme en Albanie, on a pu observer ces dix dernières années une mobilisation particulière de la Chine dans la région. Cette mobilisation correspond aux multiples initiatives de Pékin pour élargir sa présence internationale, comme la Belt and Road Initiative (BRI) de 2013 ou la plateforme de coopération entre la Chine et les pays d’Europe centrale et orientale (PECO) en 2012.
Tous les pays des BO sont membres de ce cadre de coopération Chine-PECO depuis ses débuts et le demeurent, en dépit du récent retrait des trois pays baltes et de l’avenir apparemment incertain de l’initiative. La Serbie et la Macédoine du Nord ont en outre signé un mémorandum d’accord pour rejoindre la BRI en 2015, l’Albanie, la Bosnie-Herzégovine et le Monténégro l’ayant rejointe lors de son premier forum de 2017. […]
Plan
L’échec du miracle économique chinois ?
- Commerce
- Investissements commerciaux
- Tourisme
- Aides au développement et financements officiels
Priorités et contraintes extérieures vs facteurs nationaux
- Des déterminants nationaux
- Priorités et contraintes externes
Quels scénarios d’avenir ?
- Les affaires continuent
- Il faut être (au moins) deux pour danser le tango
- Le retour du Rideau de fer
Ana Krstinovska est Docteure en science politique, est directrice de recherche et présidente du think tank et cabinet de conseil ESTIMA, ainsi qu’attachée de recherche à la Hellenic Foundation for European and Foreign Policy.
Traduit de l’anglais par Cadenza Academic Translations.
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La Chine dans les Balkans occidentaux
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