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La Cour pénale internationale pèse-t-elle encore sur l’échiquier mondial ?

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Politique étrangère, vol. 84, n° 4, hiver 2019
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Page couverture PE n° 4 2019
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Après deux décennies, le bilan de la Cour pénale internationale (CPI) est maigre : quatre condamnations ont été prononcées et des acquittements retentissants ont entaché sa crédibilité. Les limites à l’action de la Cour sont criantes et les marges de manœuvre du procureur réduites. La CPI n’a pu intervenir ni en Syrie, ni en Irak, ni au Yémen. Ses relations avec ses États membres et avec le Conseil de sécurité butent sur leurs limites et leurs ambiguïtés. L'avenir de la Cour apparaît sombre.

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L’initiative est inédite et symptomatique du pessimisme qui s’est abattu depuis plusieurs mois sur la Cour pénale internationale (CPI) : s’inquiétant du « fossé croissant entre la vision unique exprimée dans le Statut de Rome, le document fondateur de la Cour, et une partie des travaux quotidiens de la Cour », les quatre premiers présidents de l’Assemblée des États parties (AEP) ont co-signé, en avril 2019, une tribune intitulée « La CPI a besoin d’être réparée. » Ils y appellent de leurs vœux « un nouvel accord entre la CPI et ses États parties, dans l’esprit qui nous a permis de réussir à Rome ».


Le malaise a plusieurs sources, internes et externes : les reproches de « néo-colonialisme » que certains États africains formulèrent en 2016 en menaçant de se retirer ; l’hostilité virulente des États-Unis et de la Russie, qui entravent son action ; l’insuffisance d’un bilan qui, à l’été 2019, se résume à 4 condamnations et 4 acquittements pour un total de 37 accusés (dont 15 sont toujours en fuite et 8 ont vu leurs charges infirmées ou abandonnées). Que ce soit dans ses relations avec ses États-membres, ou avec ceux qui pèsent au sein du Conseil de sécurité, mais aussi avec les acteurs internationaux non-étatiques, la Cour cherche encore sa place sur une scène internationale instable et éloignée du volontarisme qui avait insufflé à Rome, en 1998, l’esprit ambitieux et créatif des fondateurs.


Le besoin de réparation diagnostiqué dans la tribune des quatre présidents de l’AEP ne se limite donc pas à la Cour. Il met aussi les États face à leur responsabilité, et porte sur la nature des liens entre justice et politique. C’est en partant de cette tension intrinsèque que l’on pourra en effet le mieux comprendre l’histoire et les défis de la CPI.


Juges et politiciens dans une configuration ambiguë


La CPI est née d’une suite d’actes politiques exceptionnels. 160 États ont participé en 1998 à la négociation qui a créé le Statut de Rome, puis 124 l’ont ratifié (deux s’en sont ensuite retirés). Certes, le « bébé » a été dépeint comme un « géant sans bras ni jambes » par Antonio Cassese, car dépourvu de forces de police et dépendant de la coopération des États. […]


PLAN

  • Juges et politiciens dans une configuration ambiguë
  • Des stratégies de poursuite sous influence ou des erreurs tactiques ?
  • De faibles moyens de contrainte face au manque de coopération
  • Des intérêts de la justice au risque de désintérêt pour la Cour
  • L’inertie du Conseil de sécurité
  • Les mutations de l’ordre et du désordre international
  • Un avenir assombri, mais non écrit


Joël Hubrechtest responsable du programme Justice pénale internationale et Justice transitionnelle à l’Institut des hautes études sur la justice (IHEJ).

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La Cour pénale internationale pèse-t-elle encore sur l’échiquier mondial ?

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Auteur(s)
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L’Office of Net Assessment : plongée au cœur du think tank du Pentagone

Date de publication
20 mars 2017
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La prospective de défense américaine s’est développée depuis plus de quarante ans autour d’une structure originale : l’Office of Net Assessment (ONA). Ce bureau, dirigé jusqu’en 2015 par Andrew Marshall, n’a compté depuis sa création qu’une centaine de collaborateurs directs. Il a toutefois contribué à alimenter tout un écosystème de recherche stratégique. Ses analyses, fondées sur la méthode pluridisciplinaire du Net Assessment, ont eu un impact important, parfois bien au-delà des États-Unis.

Grégory BOUTHERIN
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Arctique : le passage du Nord-Ouest sous tension

Date de publication
20 mars 2017
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Avec la fonte de la banquise arctique s’est développé un discours médiatique et scientifique sur l’intérêt stratégique du passage du Nord-Ouest. La question du statut des eaux du passage du Nord-Ouest pose celle de l’inclusion ou non de ce détroit dans l’espace maritime souverain du Canada. Les relations entre États demeurent cordiales sur le sujet, et il n’y a pas de litige fort entre le Canada et d’autres pays à propos de la souveraineté sur cette route arctique.

Frédéric LASSERRE
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Négociations climatiques et commerciales : itinéraires croisés

Date de publication
20 mars 2017
Accroche

Depuis quelques années, les négociations multilatérales en matière commerciale et climatique connaissent des trajectoires différentes. Alors que la COP21 est vue comme un succès historique, les avancées dans le domaine commercial sont moins spectaculaires. Au-delà des enjeux respectifs – qui paraissent plus importants et urgents dans le domaine climatique –, des différences intéressantes peuvent être notées au sujet des modes de négociation ou du degré de contrainte pesant sur les parties.

Cédric PÈNE Daniel RAMOS Ludivine TAMIOTTI
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L’Euro-Asie selon Pékin

Date de publication
20 mars 2017
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Projet géographique à portée économique, et porteur de lourdes conséquences politiques, la stratégie chinoise des Nouvelles routes de la soie vise une connectivité généralisée dans l’espace eurasiatique. Cherchant à désenclaver une partie du territoire chinois, elle entend doubler la mondialisation maritime d’un développement des circulations terrestres. Russes et Européens sont, entre autres, concernés par les effets de cette stratégie, déjà concrétisée par de multiples décisions.

Michel FOUCHER

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Page couverture PE n° 4 2019
Joël HUBRECHT, « La Cour pénale internationale pèse-t-elle encore sur l’échiquier mondial ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 décembre 2019.
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La Cour pénale internationale pèse-t-elle encore sur l’échiquier mondial ?