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La crise du Golfe de 2017 : un an après

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Politique étrangère, vol. 83, n° 3, automne 2018
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Page couverture PE n° 3 2018
Accroche

En juin 2017, plusieurs États arabes menés par l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis annoncèrent des mesures très dures à l’encontre du Qatar. Loin d’accepter les conditions qui auraient permis la levée de ces mesures, les dirigeants du Qatar renforcèrent leurs liens avec d’autres pays, réussirent à trouver de nouvelles voies d’approvisionnement et surent maintenir leur souveraineté. Si la crise n’est toujours pas résolue, elle est d’ores et déjà un échec pour Riyad et Abou Dhabi.

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Le 5 juin 2017, à la surprise générale, l’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte annoncent la rupture complète de leurs relations diplomatiques avec leur voisin et allié qatari. Ces quatre pays membres de la Ligue arabe reprochent notamment à l’émirat dirigé par la famille Al-Thani de soutenir le terrorisme, et l’accusent d’ingérences dans les affaires internes de ses voisins. À ce jour, et malgré de multiples tentatives de médiation, la crise n’est toujours pas résolue.


Retour sur les faits


La crise de l’été 2017, qui n’est pas la première entre les États du Golfe, a plusieurs racines. Depuis 1996 et la création par l’émir Hamad de la chaîne de télévision satellitaire Al-Jazeera, critique vis-à-vis des régimes arabes, les tensions étaient récurrentes entre le Qatar et ses voisins. Ces derniers n’acceptaient guère la liberté de ton, inédite dans le monde arabe, que la chaîne s’octroyait dans son traitement de l’actualité régionale. Dans les années qui ont suivi, l’émirat du Qatar s’est progressivement positionné comme acteur diplomatique dans un certain nombre de conflits, gênant parfois ses voisins. En Afghanistan notamment, le Qatar a tissé des liens forts avec les talibans aux dépens de l’Arabie Saoudite, l’un des rares pays à avoir reconnu le régime des talibans à l’époque où ils étaient au pouvoir. Le Qatar a également mis en œuvre le processus de Doha en 2008, concernant la réconciliation libanaise, en dépit de l’hostilité affichée de Riyad au Hezbollah, proche de l’Iran.


Mais c’est à l’occasion des printemps arabes que la rupture fut consommée. Les prises de position du Qatar – divergentes de celles de ses voisins – ont exacerbé les tensions entre les alliés du Golfe. En effet, le Qatar a offert son soutien aux manifestants qui appelaient à renverser les pouvoirs en place, notamment en Égypte, où le président Hosni Moubarak, proche des pays du Golfe, a dû céder le pouvoir. Le nouveau président, Mohamed Morsi, était issu des Frères musulmans, ennemis jurés de Riyad et d’Abou Dhabi. En Libye, après le renversement du colonel Kadhafi, Doha a soutenu le gouvernement de Tripoli qui incluait une composante issue des Frères musulmans, alors qu’Abou Dhabi penchait en faveur du maréchal Haftar à Tobrouk. Enfin, il a été reproché à Doha de ne pas avoir une position suffisamment ferme vis-à-vis de l’Iran, les deux États entretenant des relations cordiales, notamment en raison de l’exploitation conjointe de champs gaziers dans le Golfe. […]


PLAN

  • Retour sur les faits
  • L’échec de la mise au ban du Qatar
  • Quelle force diplomatique pour l’Arabie et les Émirats ?
  • Abou Dhabi : « petite Sparte » mais tigre de papier ?
  • La fin de la « Grande Égypte »
  • Quelle place pour l’Iran et Pékin ?
  • Quel avenir pour le Conseil de coopération du Golfe ?


Rachid Chaker est attaché temporaire d’enseignement et de recherche (ATER) en science politique à l’université Paris-2 Panthéon-Assas, et rattaché au centre Thucydide. Sa thèse de doctorat porte sur les rivalités d’influence dans le golfe Persique depuis la guerre d’Irak de 2003.

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La crise du Golfe de 2017 : un an après

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Iran 2028, une rêverie politique

Date de publication
23 septembre 2018
Accroche

Le renforcement des sanctions américaines pourrait conduire à une aggravation des troubles intérieurs, en dépit d’une certaine libéralisation de la vie quotidienne. L’Iran adopterait dans un premier temps une posture internationale relativement discrète, maintenant le JCPOA, et tirant les conséquences d’un investissement extérieur aux bénéfices limités. L’inattendu pourrait bien venir, après la tentation conservatrice, d’une ouverture du régime iranien, à la fois en interne et en externe.

François NICOULLAUD
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Conflits d’Afrique subsaharienne : l’éternel retour ?

Date de publication
23 septembre 2018
Accroche

Au Sahel, au Soudan du Sud, dans l’Afrique des Grands Lacs, les conflits récurrents témoignent surtout de l’échec des gouvernances héritées de la colonisation. Les pouvoirs politiques n’ont jamais reflété la diversité des communautés de leurs sociétés. La démocratisation des années 1990 ne pouvait dans ces conditions qu’être un trompe-l’œil. Les oligarchies tournent à la prédation de plus en plus violente, et tous les éléments semblent réunis pour que les conflits perdurent.

François GAULME
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La victoire aujourd’hui, de l'évanescence au dépassement

Date de publication
23 septembre 2018
Accroche

La victoire est une notion plus compliquée à définir qu’il n’y paraît. Elle suppose l’atteinte d’objectifs militaires et politiques, mais aussi la perception et l’acceptation d’une nouvelle réalité par l’adversaire. Les guerres asymétriques du début du XXIe siècle – de l’Afghanistan à l’Irak en passant par le Sahel – montrent que la supériorité militaire ne garantit pas la victoire. Il ne faut pas en conclure que l’emploi de la force armée serait nécessairement vain.

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La négociation du traité de Versailles : exactement ce qu’il ne faut pas faire

Date de publication
23 septembre 2018
Accroche

Les négociations du traité de Versailles ne se sont pas passées comme prévu. Les Allemands se sont vu imposer un texte perçu comme un Diktat. La paix de Versailles ne fut pas seulement unilatérale, elle fut aussi contradictoire, dans le sens où les principes du wilsonisme se sont heurtés à des considérations géopolitiques plus traditionnelles. Le traité, nourri par les travaux d’experts, était complexe et difficile à maîtriser. Il ouvrait en outre la voie à une révision future.

Georges-Henri SOUTOU

Comment citer cette étude ?

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Rachid CHAKER, « La crise du Golfe de 2017 : un an après », Politique étrangère, Articles, Ifri, 23 septembre 2018.
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La crise du Golfe de 2017 : un an après