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La démocratisation « post-conflit » en Afrique centrale : les causes d'un échec

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Politique étrangère, vol. 84, n° 2, été 2019
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Page couverture PE n° 2 2019
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La rédaction de Constitutions démocratiques et l’organisation d’élections ne garantissent pas un changement politique scellant une réelle fin de conflit. En RDC ou en Centrafrique, les anciennes élites sont toujours au pouvoir, le fonctionnement institutionnel reste une apparence de démocratie. Les acteurs internationaux ont souvent des approches dogmatiques, qui ne s’attachent pas vraiment à la reconstruction de long terme des sociétés civiles. La démocratie ne se décrète pas de l’extérieur.

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Dans le discours sur la résolution de conflit et la consolidation de la paix, l’instauration d’un régime démocratique est présentée comme la garantie la plus durable pour mettre fin à la guerre et éviter son retour.


Les interventions internationales de résolution de conflit font de la démocratie leur unique horizon, arguant qu’il s’agit d’un système politique aux vertus pacificatrices : l’égalité de jure des citoyens, les libertés politiques et la légitimité du pouvoir issu de l’expression de la volonté populaire par les urnes. La démocratie représentative d’assemblée propose ainsi à la fois une forme de participation politique libre, un cadre juridique et une procédure spécifique de désignation du pouvoir : l’élection. Cette dernière étant censée rendre le pouvoir à la fois représentatif de la majorité de la population, et redevable devant celle-ci.


Plusieurs expériences contemporaines en Afrique conduisent à interroger cette évidence politologique de la démocratie comme régime pacificateur. Force est de constater que la démocratisation post-conflit est un chemin particulièrement ardu, où les déboires sont plus fréquents que les succès. On s’inspire ici de la trajectoire de la République démocratique du Congo (RDC) et de la République centrafricaine (RCA), deux pays qui, à dix ans d’intervalle, ont connu une intervention internationale portée par les mêmes acteurs (essentiellement l’Organisation des Nations unies – ONU – et l’Union européenne – UE – ), censée mettre fin au conflit et instaurer une démocratie salvatrice. Dans les deux cas, ni la paix ni la démocratie ne sont encore au rendez-vous.


Un mauvais départ


Dans le cadre de l’intervention internationale, les deux conditions initiales du projet démocratique sont la rédaction de constitutions démocratiques et l’organisation d’élections nationales. Or ces conditions s’appuient souvent sur de mauvaises fondations.


L’élaboration d’une constitution démocratique est toujours validée par un référendum. Comme dans les démocraties européennes, les référendums conduisent à une réponse populaire portant sur des enjeux divers, et peu voire pas du tout sur la question posée. Les référendums constitutionnels ne font pas exception à cette règle. Ils ne sont guère l’occasion d’un débat public et d’une prise de position populaire sur les règles du régime démocratique, car le contexte conflictuel ne s’y prête pas. Quand la guerre fait rage, ou vient de se terminer, le temps n’est pas aux débats : la majorité de la population lutte pour sa survie, une autre partie s’est réfugiée dans des pays voisins, une portion du territoire national reste inaccessible pour des raisons de sécurité, etc. […]


PLAN

  • Un mauvais départ
  • Un non-renouvellement de la classe politique
  • Un fragile mariage de convenance
  • Des politiques de promotion de la démocratie entre divergences, non-coordination et doutes


Thierry Vircoulon est chercheur associé au Centre Afrique subsaharienne de l’Ifri et enseignant à Sciences-Po Paris.

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La démocratisation « post-conflit » en Afrique centrale : les causes d'un échec

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Thierry Vircoulon

Thierry VIRCOULON

Intitulé du poste

Chercheur associé, Centre Afrique subsaharienne de l'Ifri

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Djihad et vidéos de propagande : le cas Boko Haram

Date de publication
23 septembre 2018
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Faute de pouvoir accéder à des zones de guerre, nombre de chercheurs étudient les mouvements insurrectionnels ou terroristes à travers le prisme des vidéos de propagande. L’exemple de Boko Haram illustre les limites d’une telle méthode qui méconnaît les réalités du terrain et accorde trop de poids aux arguments de nature religieuse. La propagande veut donner à croire qu’il existe une Internationale djihadiste. Les dynamiques sociologiques à l’œuvre au Nigeria invitent à nuancer une telle vision.

Marc-Antoine PEROUSE DE MONTCLOS
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Migrations : l’impasse européenne

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La pression migratoire est une donnée destinée à perdurer pour l’espace européen. Des normes minimales communes ne pourraient être développées pour l’accueil des migrants que dans le cadre de l’UE. Les réticences des pays d’arrivée, comme celles des pays de départ, brident la mise en place d’un dispositif global. De plus, l’intransigeance des gouvernements populistes risque de conduire à la disparition pure et simple de toute entente européenne sur les phénomènes migratoires.

Yannick PROST
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Vignette couverture 3-2026

De la (nouvelle) guerre

Date de publication
08 septembre 2026
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Les dynamiques nouvelles d’affirmation de la puissance, de redistribution des influences et l’irruption des nouvelles technologies changent-elles à la fois la place de la guerre dans la vie ordinaire de nos sociétés et la manière de la faire quand elle advient ? L’obsession du conflit jointe à l’efficacité technique nous impose-t-elle un état de guerre larvée permanente ? Et quand les armes parlent, l’intervention des technologies modernes et des entreprises qui les produisent révolutionne-t-elle à la fois le processus de décision politique et l’engagement des hommes dans la guerre ? Questions essentielles que suggèrent les conflits d’Ukraine et du Moyen-Orient, et qui déterminent dès aujourd’hui les réflexions de stratégie et d’organisation des armées.

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Le nucléaire militaire français dans un nouveau contexte stratégique

Date de publication
23 septembre 2018
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La population et les dirigeants français sont fermement attachés à la dissuasion nucléaire, même si des voix dissonantes se font occasionnellement entendre. Le contexte stratégique est toutefois en train d’évoluer et pourrait affecter la posture stratégique française. Entre les rodomontades de Vladimir Poutine, l’imprévisibilité de Donald Trump, et les difficultés propres à l’Europe – notamment le Brexit – les incertitudes sont aujourd’hui nombreuses et laissent ouvert le champ des possibles.

Olivier KEMPF

Comment citer cette étude ?

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Page couverture PE n° 2 2019
Thierry VIRCOULON, « La démocratisation « post-conflit » en Afrique centrale : les causes d'un échec », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2019.
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Page couverture PE n° 2 2019

La démocratisation « post-conflit » en Afrique centrale : les causes d'un échec