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La France et le nucléaire iranien : enjeux bureaucratiques et politique étrangère

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Politique étrangère, vol. 84, n° 4, hiver 2019
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Page couverture PE n° 4 2019
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Les décisions de politique étrangère sont des produits complexes, qui dépendent aussi de l’influence de divers groupes bureaucratiques, aux cultures et aux légitimités spécifiques. Le cas de la négociation sur le nucléaire iranien ne fait pas exception, qui a vu s’opposer en France une sensibilité de tradition « régionaliste » et « gaullo-mitterrandienne », à une sensibilité plus « occidentaliste », qui tendra à s’imposer dans le jeu institutionnel sous les présidences Sarkozy et Hollande.

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En juin 2017, Emmanuel Macron annonce « la fin d’une forme de néo-conservatisme importée en France depuis dix ans ». Cette déclaration sonne comme une volonté de rompre avec une dynamique interne aux rouages de l’appareil diplomatique, déployée au fil d’une négociation du dossier nucléaire iranien conclu par le Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) du 14 juillet 2015. Aux termes de cet accord signé par l’Iran, les cinq membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies, l’Allemagne et l’Union européenne, la République islamique acceptait de réduire ses stocks d’uranium, circonscrire ses installations d’enrichissement et, par la ratification du Protocole additionnel de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), acceptait de se soumettre à davantage d’inspections des experts internationaux, en échange d’un retrait progressif des sanctions américaines, européennes et onusiennes liées au programme nucléaire.


Un an après la révélation de l’existence d’installations nucléaires non déclarées, les premières négociations sont engagées avec l’Iran de Khatami en juin 2003, sous l’impulsion de la troïka France-Allemagne-Royaume-Uni. Il apparaît rapidement qu’un accord viable ne pourra être conclu sans implication des États-Unis, qui rejoignent les négociations en mai 2005, mais dont les concessions ne sont alors pas suffisantes pour parvenir à un accord.


Après l’élection d’Ahmadinejâd en août 2005, l’Iran reprit ses activités de conversion et le dossier fut transféré aux Nations unies en février 2006, avec l’entrée de la Chine et de la Russie dans les négociations multilatérales. Suite à l’élection présidentielle française de 2007, dont la campagne cristallisa un front critique de la gestion du dossier par le président Chirac, la position française sembla brusquement se transformer. Ayant jusqu’alors souhaité limiter les sanctions unilatérales, la France désormais présidée par Nicolas Sarkozy adopta une position plus maximaliste, prônant une aggravation de ces sanctions, s’opposant vivement à l’équipe de John Kerry et à sa volonté de « conclure à n’importe quel prix » avant la fin du mandat Obama. […]


PLAN

  • Une sociologie des « cartes mentales » du dossier nucléaire iranien
     - Les « Régionalistes », ou la pénétration du « gaullo-mitterrandisme » sur le dossier iranien
     - Les « Stratèges » ou la transposition de l’Occidentalisme
  • Expliquer la transformation du rapport de force inter-bureaucratique
     - La période chiraquienne : diplomatie de médiation et statu quo bureaucratique
     - Une conjoncture particulière : la crise irakienne
  • L’ère Sarkozy : rupture du rapport de force bureaucratique et transformation de la ligne diplomatique
     - Le poids d’acteurs clés : Nicolas Sarkozy et Bernard Kouchner
     - L’opposition à Obama et le rôle des puissances tierces
     - L’ère Hollande : une continuité diplomatico-bureaucratique


Guillaume Beaud est diplômé de King’s College London et étudiant en sociologie politique comparée à l’École doctorale de Sciences Po, et à l’INALCO.

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La France et le nucléaire iranien : enjeux bureaucratiques et politique étrangère

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L’après-poutinisme en Russie : une succession ouverte ?

Date de publication
21 juin 2019
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Un débat semble s’ouvrir, y compris dans les cercles du pouvoir, sur l’après-Poutine. S’agit-il de maintenir, au-delà de l’actuel président, un État au fonctionnement spécifique par rapport aux normes occidentales ? Le projet purement politique n’est pas seul en cause, tant la dégradation économique et le mécontentement de la population pourraient s’imposer aux dirigeants. L’avenir du régime dépendra largement des choix économiques du gouvernement, de leur succès ou de leur échec.

Vladimir TCHERNEGA
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L’Union européenne vue de Russie

Date de publication
21 juin 2019
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La crise entre l’Union européenne et son voisin russe s’approfondit depuis l’annexion de la Crimée, et nulle solution ne semble annoncer une amélioration de la compréhension mutuelle. Les deux parties ne voient manifestement pas le monde et ses problèmes de la même manière. On essaie ici de reconstituer le schéma narratif russe sur le monde post-guerre froide, de déconstruire la vision russe de l’UE, pour mieux comprendre la nature des divergences et leurs vrais enjeux.

Roman VOLKOV
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Révolution numérique et transformation de l'action publique

Date de publication
21 juin 2019
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Les nouvelles technologies peuvent contribuer à améliorer l’efficacité des politiques publiques. Le mouvement d’ouverture des données (open data) rend les administrations moins opaques et permet de lutter contre la corruption. L’exploitation de ces données – dans le cadre de partenariats public-privé – peut aider les décideurs à optimiser l’allocation des ressources publiques et faire les bons choix. La numérisation permet d’alléger certaines procédures et de faciliter la vie des citoyens.

Carlos SANTISO
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Brésil : la politique étrangère de Jair Bolsonaro

Date de publication
21 juin 2019
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Fin 2018, les Brésiliens ont élu un nouveau président : Jair Bolsonaro. Ce dernier entend rompre avec la politique de ses prédécesseurs, notamment dans le domaine des relations extérieures. L’axe principal de sa diplomatie est un rapprochement avec Washington. Sur plusieurs sujets, Bolsonaro s’aligne sur les positions de Donald Trump. Mais le Brésil n’a pas la puissance des États-Unis et prendrait des risques importants en se lançant dans un bras de fer avec la Chine ou le monde musulman.

Mathilde CHATIN

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Guillaume BEAUD, « La France et le nucléaire iranien : enjeux bureaucratiques et politique étrangère », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 décembre 2019.
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La France et le nucléaire iranien : enjeux bureaucratiques et politique étrangère