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La négociation du traité de Versailles : exactement ce qu’il ne faut pas faire

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Politique étrangère, vol. 83, n° 3, automne 2018
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Page couverture PE n° 3 2018
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Les négociations du traité de Versailles ne se sont pas passées comme prévu. Les Allemands se sont vu imposer un texte perçu comme un Diktat. La paix de Versailles ne fut pas seulement unilatérale, elle fut aussi contradictoire, dans le sens où les principes du wilsonisme se sont heurtés à des considérations géopolitiques plus traditionnelles. Le traité, nourri par les travaux d’experts, était complexe et difficile à maîtriser. Il ouvrait en outre la voie à une révision future.

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Pour régler la fin de la Première Guerre mondiale, on ne fit pas ce qui avait été prévu au départ. Une conférence interalliée réunie à Londres début décembre 1918 fixa les grandes lignes du programme de travail de la conférence de la paix, en suivant largement d’ailleurs les propositions de la diplomatie française : on commencerait à fixer entre Alliés les préliminaires de paix, c’est-à-dire les grandes orientations des différents traités à conclure, puis on inviterait les puissances vaincues pour négocier les détails.


C’était tout à fait conforme à la pratique usuelle : on n’avait pas procédé autrement au Congrès de Vienne en 1814-1815. Toutefois, comme les discussions entre Alliés furent beaucoup plus difficiles et longues que prévu et aboutirent à un texte complet de 440 articles touchant pratiquement tous les aspects de la vie du Reich, il n’y eut pas, finalement, de véritables négociations avec les Allemands, auxquels on remit le texte beaucoup plus tard que prévu initialement, et pratiquement à prendre ou à laisser. D’où le terme de Diktat usité en Allemagne à l’époque pour qualifier le traité, ce qui d’emblée le délégitima aux yeux de l’opinion allemande. Les questions de principe et les points particuliers furent constamment mélangés dans le déroulement des négociations, avec des échanges de concessions renforçant cette confusion et nuisant à la lisibilité de l’ensemble.


Les travaux commencèrent le 12 janvier 1919. L’essentiel eut lieu d’abord au sein du Conseil des Dix (les chefs de gouvernement des cinq principales puissances et leurs ministres des Affaires étrangères) jusqu’au 24 mars ; puis on mit en place un Conseil des Quatre (Woodrow Wilson, David Lloyd George, Georges Clemenceau, Vittorio Orlando), puis des Trois, après le départ d’Orlando, mécontent, le 22 avril. Bien entendu, de nombreuses conversations particulières eurent lieu entre les Trois : c’est là, et non dans le cadre officiel, que les grandes difficultés furent résolues. Pour la technique de négociation, on notera que Clemenceau ne recourait qu’au français dans les séances formelles, mais passait à l’anglais, qu’il maîtrisait parfaitement, dans ses conversations particulières avec Wilson et Lloyd George. […]


PLAN

  • Une paix unilatérale (en dépit des pourparlers secrets)
  • Une négociation bancale et une paix contradictoire
  • Une paix d’experts, très complexe mais techniquement mal maîtrisée
  • La nécessité d’un rôle prioritaire pour les « principales puissances »
  • Paix de juristes, paix moralisatrice
  • Une paix évolutive, sous l’influence des opinions
  • Une paix reposant sur le principe des nationalités ?
  • Une paix démocratique ? Le poids de l’idéologie en 1919


Georges-Henri Soutou, historien, est membre de l’Institut de France et professeur émérite à la Sorbonne.

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La négociation du traité de Versailles : exactement ce qu’il ne faut pas faire

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Date de publication
21 juin 2017
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État islamique : l’autre menace

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L’État islamique est aujourd’hui en recul en Irak et en Syrie. Il a cependant suscité l’adhésion de multiples branches et soutiens dans de nombreux pays. Inégaux dans leurs moyens, ces groupes représentent un nouveau défi dans un contexte international incertain, défi qui pourrait s’aggraver avec le recul de l’EI au Proche-Orient et le retour dans leurs pays des djihadistes. Les régions d’Asie du Sud et du Sud-Est pourraient être particulièrement concernées.

Philippe BANNIER

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Page couverture PE n° 3 2018
Georges-Henri SOUTOU, « La négociation du traité de Versailles : exactement ce qu’il ne faut pas faire », Politique étrangère, Articles, Ifri, 23 septembre 2018.
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La négociation du traité de Versailles : exactement ce qu’il ne faut pas faire