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L'Afrique et le XXe siècle : dépossession, renaissance, incertitudes

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Couverture PE 3-4/2000
Accroche

L’histoire de l’Afrique au XXe siècle semble encore aujourd’hui, à plus d’un titre, toujours à faire. Dans un monde où domine la vision des grandes puissances et des institutions qui en ont émané, la place de l’Afrique dans les relations internationales oscille ainsi, presque à défaut, entre la gloire et la tristesse : gloire d’un continent qui a su reconquérir en partie ce dont il avait été dépossédé par la colonisation, tristesse d’une Afrique apparemment souveraine où le meilleur ne l’a que rarement emporté sur le pire. Et pourtant, si la dépossession et la renaissance du continent n’ont cessé d’être mêlées dans un même processus historique de construction de l’indépendance, une Afrique nouvelle se dessine depuis le début des années 80, plus autonome et plus ouverte, mais aussi plus diverse et plus complexe que ne le laissait présager le paysage assez homogène de l’indépendance retrouvée.

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Réduite à la lecture dominante des relations internationales qui fait la part belle aux États et à leurs organismes ainsi qu'aux structures et institutions internationales, l'histoire de l'Afrique au XXe siècle apparaîtrait bien simple, pauvre et triste pour les uns, glorieuse pour les autres : d'abord, une Afrique dépossédée, avec des territoires dominés par les colonisateurs au début du siècle ; puis, à partir de la fin des années 50, une Afrique souveraine, avec des États modernes et indépendants, la prouesse représentée par ce retour à la souveraineté étant toutefois ternie par les difficultés à trouver une stabilité et un rythme cohérent de développement.

 


On sait que l'anthropologie et la sociologie nous ont donné une autre lecture, fondée essentiellement sur le couple antagoniste « tradition »/« modernité », dont on trouve l'une des toutes premières énonciations dès 1926, sous la plume de l'africaniste Maurice Delafosse : « De ce heurt imprévu entre deux civilisations, dont l'une [l'européenne] avait marché tandis que Vautre [l'africaine] était restée stationnaire, il est résulté fatalement une période de trouble et de malaise dont on se demande quelles seront la durée et l'issue. La culture européenne détruira-t-elle l’édifice social africain et y substituera-t-elle l’édifice social européen ? Ou bien la civilisation africaine résistera-t- elle victorieusement à l’emprise de la civilisation européenne ? Ou encore des réactions réciproques de l’une sur l’autre naîtra-t-il une civilisation intermédiaire qui conservera le fond africain en le déguisant sous une vêture européenne ? »

 


On voit enfin que les secousses qui ébranlent aujourd'hui maintes régions d'Afrique donnent lieu à d'autres interprétations encore, privilégiant la coupure du siècle entre un temps, relativement long, de la stabilité (coloniale et post-coloniale) et, depuis une décennie environ, un temps de la crise, temps court, certes, mais qui ouvrirait sur des incertitudes durables.

 


À l'opposé de ces lectures binaires, dont les éléments contradictoires se succèdent dans le temps tout en s'excluant, je dirais volontiers que le XXe siècle offre à l'analyse trois Afriques : les deux premières — l'Afrique dominée et l'Afrique renaissante — coexistent dès le début du siècle, quoique leurs origines et leurs caractéristiques remontent plus loin dans le passé ; la troisième - l'Afrique nouvelle - est bien un produit du siècle, dont le profil est visible dès les années 30. Ce sont les articulations instables de ces trois Afriques qui dessinent les configurations troublantes de l'Afrique au seuil du XXIe siècle.

 


PLAN DE L’ARTICLE

  • L'Afrique dominée
  • L'Afrique renaissante
  • L'Afrique nouvelle

 

 

Elikia M’Bokolo est directeur d’études à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). 

 

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L'Afrique et le XXe siècle : dépossession, renaissance, incertitudes

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Une alliance bien vivante et qui s'adapte

Date de publication
01 décembre 2009
Accroche

Née d’une volonté de défense contre l’Union soviétique, l’Alliance a été réinventée à la fin de la guerre froide. Elle est engagée partout où les intérêts des Alliés sont menacés, et il n’existe pas aujourd’hui d’autre option de sécurité crédible pour ses membres. Mais l’Alliance doit savoir évoluer, s’adapter à de nouveaux défis, politiques et économiques, et ajuster ses modes de fonctionnement à la multiplication de ses membres.

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L'OTAN : de Washington (1949) à Strasbourg-Kehl (2009)

Date de publication
01 décembre 2009
Accroche

On peut tenter de cerner l’histoire de l’Alliance en en repérant trois phases. La première est constituée par les quatre décennies de la guerre froide. Puis l’Alliance revêt le rôle d’accoucheur du changement politique en Europe. Dans l’après-11 septembre, le débat rebondit sur les défis de sécurité internationale et le rôle de l’Alliance. Il est aujourd’hui encore ouvert sur des questions fondamentales : entre autres la nécessaire redéfinition de ses missions, et des moyens correspondants.

Karl-Heinz KAMP
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Un programme pour l'OTAN : vers un réseau de sécurité mondiale

Date de publication
01 décembre 2009
Accroche

Le succès historique de l’Alliance est d’avoir unifié l’Occident face à la menace soviétique ; puis d’avoir, après la guerre froide, réussi à élargir cet Occident. L’Alliance doit pourtant aujourd’hui s’adapter à un monde nouveau marqué par l’éveil chaotique des peuples. Sa crédibilité dépend de la négociation d’une sortie politique de l’engagement en Afghanistan. À plus long terme, l’OTAN doit se penser comme centre d’un réseau d’organisations de sécurité à l’échelle du monde.

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Le débat sur une OTAN globale

Date de publication
01 décembre 2009
Accroche

Le débat sur la « globalisation » est au cœur des échanges sur le nouveau concept stratégique. Il s’inscrit dans ce qui apparaît depuis 1994 comme une dynamique continue d’élargissements, des membres et des missions. Il renvoie également aux diverses lectures possibles de la réalité géopolitique présente : menaces globales, ou menaces rémanentes en Europe ? Il pose enfin une question morale : pourquoi et dans quelle circonstances l’Alliance est-elle légitime à user de sa force militaire ?

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Couverture PE 3-4/2000
L'Afrique et le XXe siècle : dépossession, renaissance, incertitudes, de L'Ifri par
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L'Afrique et le XXe siècle : dépossession, renaissance, incertitudes