L'avenir du système monétaire et financier international
Après l’explosion du système de Bretton Woods, la communauté internationale a recherché une nouvelle stabilité du système financier et la garantie d’une croissance continue. La crise qui s’est ouverte en 2007-2008 a révélé des faiblesses touchant au premier chef les économies avancées. On s’efforce depuis de consolider l’architecture financière internationale, de coordonner les politiques macroéconomiques, et d’améliorer les relations de change, même si ce dernier objectif s’avère complexe.
Le « Système monétaire et financier international » (SMFI ou SMI au sens large) recouvre quatre composantes majeures concernant les engagements des pays membres du Fonds monétaire international (FMI) : les règles régissant les transferts et les paiements s’agissant des transactions internationales courantes ; les mouvements de capitaux ; les réserves de change ; enfin les relations de change et les taux de change monétaire qui recouvrent le SMI au sens étroit. L’inspiration centrale des accords et des règles posées dans ces différents domaines est de faciliter les échanges de biens et de services, ainsi que les mouvements de capitaux entre les pays.
Concentrons-nous sur l’évolution du SMI, après le démantèlement du système de Bretton Woods. Institué après la Seconde Guerre mondiale, il s’agissait d’un système de changes fixes mais ajustables, reposant sur le dollar des États-Unis, lui-même convertible en or. Depuis le démantèlement du système en 1973, les relations entre les monnaies convertibles des pays avancés reposent sur le concept de libre flottement des devises concernées et, progressivement, la libre circulation des capitaux.
La communauté internationale s’est efforcée, après la fin du système de Bretton Woods, de rechercher les relations monétaires et financières optimales pour assurer la stabilité du système international, tout en essayant de créer les conditions d’une croissance significative et sans à-coup.
Après une période difficile, dans les années 1970 et dans la première moitié des années 1980, les pays avancés sont entrés progressivement dans une période de croissance réelle régulière et de stabilité des prix, caractérisée par une atténuation notable des cycles économiques et par une faible volatilité de la croissance et de l’inflation. Deux interprétations ont pu être associées à cette « Grande Modération » d’un peu plus de 20 ans – du milieu des années 1980 à 2007.
L’interprétation dominante était que les économies des pays avancés et, dans une large mesure, l’économie mondiale dans son ensemble, se caractérisaient par une situation proche de l’optimum du point de vue de la croissance, de la stabilité des prix et de la relative stabilité financière. […]
PLAN DE L’ARTICLE
- Le renforcement et l’approfondissement de l’architecture financière internationale
- Les voies d’amélioration possible des relations de change
- La création d’une monnaie mondiale
- Le renforcement des Droits de tirage spéciaux
- L’amélioration de la gestion des relations de change entre grandes monnaies convertibles
Jean-Claude Trichet est ancien président de la Banque centrale européenne, et gouverneur honoraire de la Banque de France.
Contenu disponible en :
Thématiques et régions
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
L'avenir du système monétaire et financier international
L’émancipation contrainte de la politique étrangère saoudienne
Le retrait progressif des États-Unis du Moyen-Orient a profité à l’Iran. Cette situation n’est pas acceptable pour l’Arabie Saoudite qui s’affirme comme une puissance régionale de plus en plus active. Pour freiner l’expansion iranienne, Riyad n’hésite pas à s’impliquer militairement, que ce soit en Syrie ou au Yémen. L’affrontement saoudo-iranien ne doit pas être vu comme un choc entre sunnites et chiites : la politique étrangère saoudienne ne suit pas des considérations religieuses.
L’Iran dans les crises du Moyen-Orient
La politique régionale de l’Iran vise à la fois la préservation du régime et le renforcement de la sécurité d’un pays isolé. Dans un environnement qu’elle perçoit comme dégradé, la République islamique renforce ses défenses, et met en œuvre une stratégie asymétrique jouant de divers alliés dans les crises régionales, sans référence systématique à une logique chiite. L’accord nucléaire de 2015 et la crise syrienne pourraient inciter l’Iran à briser son relatif isolement régional.
Moyen-Orient : en attendant la nouvelle administration américaine
Au-delà d’une histoire marquée par l’intervention des puissances, le Moyen-Orient est traversé aujourd’hui de conflits entrecroisant dimensions politiques, ethniques ou religieuses. Les États-Unis ne peuvent abdiquer leur leadership dans la région. La prochaine administration américaine devra donc se confronter au-delà de la question syrienne, à une multiplicité de problèmes, sans imaginer qu’ils pourraient se résoudre d’un coup, et redéfinir le réseau de ses partenariats dans la région.
Océan Indien : le rapprochement stratégique indo-australien
En 2009, l’Inde et l’Australie ont signé une déclaration conjointe de sécurité. Depuis lors, les relations stratégiques entre ces deux États se développent. New Delhi et Canberra ont intérêt à éviter qu’un ordre régional dominé par la Chine ne s’instaure et que les relations entre Pékin et Washington ne s’enveniment. La coopération indo-australienne est néanmoins contrainte par plusieurs facteurs, dont le plus important a trait à une appréciation différente de la réponse à apporter à la menace chinoise.