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L’aide publique au développement à l’ère de la démondialisation

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vol. 91, n° 1, printemps 2026
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L'aide publique au développement connaît depuis 2023 un effondrement, tant en Europe qu'aux États-Unis. Le choc affecte les pays en développement mais aussi les pays industrialisés. Critique à la fois au Nord et au Sud, l'aide au développement doit se redéfinir, dans ses objectifs et dans ses méthodes. Elle pourrait ainsi s'adapter à une configuration internationale où les principaux acteurs – États-Unis, Union européenne, Chine, pays arabes – adoptent de nouvelles postures.

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Depuis la chute du mur de Berlin, la communauté internationale a construit un édifice remarquable pour assurer la prospérité commune. Les relations financières entre Sud global et Nord global, aussi imprécis soient ces termes, se sont structurées autour de quatre piliers : commerce, migrations, aide publique au développement (APD) et investissements directs à l'étranger (IDE). Une gouvernance de plus en plus sophistiquée a encadré ces politiques. 

Les résultats ont été majeurs. Depuis 1990, l'extrême pauvreté est passée d'environ 40 % à 10 % de la population mondiale, tandis que la mortalité des enfants de moins de 5 ans a diminué de plus de moitié. Le VIH a été maîtrisé et la poliomyélite presque éradiquée. Le produit intérieur brut (PIB) de l'Afrique subsaharienne (ASS) est passé de 1 400 milliards à 6 000 milliards de dollars. L'espérance de vie à la naissance y a gagné dix années depuis 2000. Mais le reste du monde a aussi été servi : entre 2000 et 2023, le PIB moyen de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) a crû de 2,3 % par an. Le revenu moyen d'un Chinois est passé de 3 600 dollars à 19 140, celui d'un Brésilien de 10 230 à 15 790, celui d'un Indien de 1 760 à 8 170, celui d'un Russe de 9 090 à 29 990. 

Cela aurait dû être une fête ! L'architecture globale évoquée y a contribué. L'APD, en particulier, était vue comme un élément important de la croissance des pays pauvres, un puissant instrument de redistribution et un outil au service des causes communes globales (climat, santé...). En dépit des nombreux débats académiques sur son efficacité – au final positifs –, elle semblait un modèle : définition claire de sa nature ; objectifs quantitatifs et qualitatifs ; gouvernance mondiale. La situation paraissait bien comprise. En France, la loi de programmation sur la solidarité internationale a été votée en 2021 à l'unanimité. Le dernier eurobaromètre sur le sujet indique que trois Européens sur quatre adhérent à la politique de développement. Les volumes reflétaient cette perception : en 2023, l'APD globale a atteint 240 milliards de dollars, une augmentation spectaculaire depuis 2000. [...]

 

PLAN DE L'ARTICLE

  • L'effondrement de l'APD : soudain et radical
  • Des conséquences considérables 
  • L'effritement des piliers de la relation économique Nord/Sud
  • Pourquoi tant de haine ?
  • Au Sud : la recherche des alternatives 
  • Cinq sujets pour reconstruire des politiques globales 
  • De quoi ceci est-il le nom ?
  • Un autre monde est possible (sous condition !)

     

Jean-Michel Severino a été directeur général de l'Agence française du développement (AFD) de 2001 à 2010. Il est actuellement senior fellow à la Fondation pour les études et recherches sur le développement international (Ferdi), membre de l'Académie des technologies et président du Conseil de surveillance d'Investisseurs et Partenaires (I&P).

 

Article publié dans Politique étrangère, vol. 91, n° 1, 2026

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L’aide publique au développement à l’ère de la démondialisation

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Auteur(s)
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Brésil : la politique étrangère de Jair Bolsonaro

Date de publication
21 juin 2019
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Fin 2018, les Brésiliens ont élu un nouveau président : Jair Bolsonaro. Ce dernier entend rompre avec la politique de ses prédécesseurs, notamment dans le domaine des relations extérieures. L’axe principal de sa diplomatie est un rapprochement avec Washington. Sur plusieurs sujets, Bolsonaro s’aligne sur les positions de Donald Trump. Mais le Brésil n’a pas la puissance des États-Unis et prendrait des risques importants en se lançant dans un bras de fer avec la Chine ou le monde musulman.

Mathilde CHATIN
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Le djihadisme au Sahel après la chute de Daech

Date de publication
21 juin 2019
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Alors que Daech et Al-Qaïda se sont violemment affrontés au Moyen-Orient, leurs « filiales » sahéliennes ont eu tendance à s’éviter. Depuis 2017, elles ont même entamé un rapprochement et coopèrent occasionnellement. La chute de Daech en zone syro-irakienne aura des répercussions au Sahel. S’il n’est pas dit que l’État islamique au Grand Sahara (EIGS) et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) fusionnent, il est en revanche assuré que le djihadisme perdurera dans la zone.

Djallil LOUNNAS
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Moscou et le G7 : un drame en trois actes, prologue, et épilogue

Date de publication
21 juin 2019
Accroche

L’admission au G7/G8 symbolisait pour Moscou son rapprochement de « l’Occident collectif ». Mais l’admission fut lente, et Moscou ne fit jamais complètement partie du club. La Russie a bientôt pris conscience que le G8 n’était pas le directoire souhaité pour traiter ses préoccupations stratégiques. L’avènement du G20, et la crise ukrainienne, ont, pour Moscou, définitivement déclassé l’intérêt d’un G7, qui semble n’assurer que la défense et illustration des intérêts d’un Occident déclinant.

Andrey KORTUNOV
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De l’utilité du G7 : témoignage d'un sherpa

Date de publication
21 juin 2019
Accroche

Le G7 constitue un élément informel mais important de la gouvernance mondiale. Ses membres sont supposés unis par des valeurs communes, ce qui explique, par exemple, que la Russie ne participe plus à ses travaux. Le G7 met en œuvre une machinerie très complexe qui a vocation à traiter de tous les problèmes globaux. Le sommet de Charlevoix, et l’ensemble des réunions qui l’ont entouré, ont illustré la volonté du Canada de donner un nouveau souffle, et une nouvelle surface à ces mécanismes.

Peter M. BOEHM

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Couverture de Politique étrangère 1-2026
Jean-Michel SEVERINO, « L’aide publique au développement à l’ère de la démondialisation », Politique étrangère, Articles, Ifri, 5 mars 2026.
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L’aide publique au développement à l’ère de la démondialisation