Les défenses anti-missiles américaines en question
En janvier 2019, l’administration Trump a présenté la Missile Defense Review. Ce document s’inscrit dans un mouvement de renforcement des défenses anti-missiles américaines, amorcé par le Congrès en 2016. Cette évolution ne manque pas d’inquiéter la Russie et la Chine qui réagissent en musclant leurs propres arsenaux. Ainsi, Pékin devrait augmenter le nombre de ses têtes nucléaires et Moscou développer de nouvelles armes stratégiques. Dans ce contexte, le devenir de l’arms control est incertain.
Depuis le début des années 2000, les États-Unis ont entrepris de déployer un système de défense anti-missile balistique visant à protéger le territoire américain contre une attaque limitée. Cette Ground-based Midcourse Defense (GMD) repose sur une architecture complexe : un grand nombre de capteurs terrestres et spatiaux, répartis à travers le monde, et des missiles intercepteurs en Alaska et en Californie. Le nombre d’intercepteurs déployés demeure modeste : 44 à l’heure actuelle, auxquels devraient s’ajouter 20 autres à partir de 2023, pour arriver à un total de 64. Ce système a rencontré de multiples problèmes et présente un bilan médiocre : depuis 1998, sur 20 tests menés, le GMD n’est parvenu à intercepter sa cible qu’à 11 reprises (soit un taux de réussite de 55 % seulement).
Pour des raisons numériques et d’efficacité, le GMD n’apparaît pas en mesure de mettre en échec une attaque balistique chinoise ou russe d’ampleur. En cela, il ne présente pour l’heure pas de menace pour les arsenaux nucléaires de la Chine et de la Russie. Pour autant, ces deux États sont très critiques sur son déploiement. Leur attitude s’explique par leur scepticisme quant aux intentions américaines, et leur crainte que les États-Unis ne se satisferont pas de la seule mise en échec d'attaques limitées, mais chercheront à terme à se protéger de n'importe quel type d'attaque.
Pékin et Moscou s’inquiètent donc d’une possible dévalorisation de leurs arsenaux nucléaires dans le futur, sous l’effet d’une augmentation significative des défenses anti-missiles américaines. Chaque signal envoyé par Washington est scruté avec attention du côté de Pékin et Moscou. À ce titre, la publication par l’administration Trump de la Missile Defense Review, un document-cadre dans lequel elle présente sa vision stratégique en termes de défense anti-missiles, était attendue comme un important révélateur.
La Missile Defense Review a finalement été rendue publique avec presque un an de retard, le 17 janvier 2019. De façon surprenante, ce document que l’on anticipait ambitieux au plan programmatique s’avère à première vue assez terne, voire indécis. Il ne contient aucune annonce nouvelle et se refuse à trancher certaines questions épineuses, renvoyant à plus tard la décision. […]
PLAN
- Une évolution potentiellement radicale
- Vers un système mobile de défense anti-missiles du territoire ?
- Vers des systèmes de défense anti-missiles basés dans l’espace ? - Une Missile Defense Review qui renforce les craintes chinoises et russes
- L’inclusion de la Chine et de la Russie comme menaces pour le territoire américain
- L’inclusion d’opérations offensives comme élément de la stratégie de défense anti-missiles - Quelles répercussions pour les initiatives américaines ?
- La transformation des arsenaux nucléaires chinois et russe
- Le devenir de l’arms control
Adrien Schu est maître de conférences en science politique à l’université de Bordeaux.
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Les défenses anti-missiles américaines en question
Les groupes chiites en Irak : enjeux nationaux et dimensions transnationales
Les milices chiites irakiennes se sont mobilisées rapidement après la déroute de l’armée irakienne face à Daech en 2014. Elles minimisent le rôle joué par les États-Unis dans les reculs actuels de l’organisation djihadiste. Elles entendent peser sur l’avenir de l’Irak, et investissent notamment le champ de l’éducation. Ces milices sont loin d’être unifiées. Si certaines ont des affiliations très claires avec l’Iran, d’autres entretiennent des relations plus distantes avec Téhéran.
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En novembre 2017, les dirigeants saoudiens forcent le Premier ministre libanais, Saad Hariri, à démissionner. Ils commettent ainsi une erreur d’appréciation aux conséquences importantes. Si Riyad espère une mise à l’écart politique du Hezbollah chiite par la communauté sunnite, ces agissements ont été dénoncés par la majorité des Libanais, toutes confessions confondues. Une retombée de cette action pourrait être le renforcement des courants pro-iraniens aux élections législatives de mai 2018.