Les premiers pas du président Biden au Moyen-Orient
Joe Biden a démarré son mandat de président des États-Unis avec la ferme intention de rompre avec les pratiques de son prédécesseur Donald Trump. Au Moyen-Orient, cette posture est particulièrement visible sur le dossier du nucléaire iranien, dans le conflit israélo-palestinien et sur les relations avec les États arabes du Golfe. La nouvelle administration démocrate semble accorder davantage d’importance à la stabilité régionale et au respect des droits de l’homme.
Quelle place occupe, et continuera d’occuper, le Moyen-Orient dans les préoccupations de la nouvelle administration Biden ? Alors que l’activisme de Donald J. Trump dans la région s’est traduit par une rupture avec la politique de ses prédécesseurs sur plusieurs sujets, Joe Biden semble vouloir en revenir à une démarche plus traditionnelle, privilégiant la stabilité régionale ainsi que les valeurs fondamentales tels que les droits de l’homme.
Le président Trump avait plusieurs raisons objectives de s’impliquer dans cette zone traversée de tensions depuis des décennies : lutter contre le terrorisme, satisfaire une base électorale en partie composée de chrétiens pro-israéliens, inciter les pétromonarchies du Golfe – dont il estimait que les ressources financières étaient insuffisamment mobilisées au profit des États-Unis – à acheter des produits américains, etc. Son premier voyage à l’étranger en tant que président des États-Unis avait été une visite de cette zone, plus spécifiquement l’Arabie Saoudite, avec de nombreux contrats à la clé pour des entreprises américaines.
Quatre années plus tard, l’équation a changé à la Maison-Blanche. Outre le départ de Trump, la priorité de la nouvelle administration a surtout été de gérer la crise du Covid-19, et particulièrement le programme de vaccination aux États-Unis mêmes, ainsi que le plan de relance. Rappelons, de plus, que Joe Biden a été le vice-président de Barack Obama qui avait conçu, avec Hillary Clinton, un désengagement relatif des États-Unis du Moyen-Orient au profit d’un « pivot » vers l’Asie.
Dans cette région, les ruptures et continuités entre les ères Trump et Biden méritent d’être analysées plus précisément à l’aune de trois dossiers : le nucléaire iranien, le conflit israélo-palestinien et le Golfe arabo-persique.
Le retour à la négociation avec l’Iran
Durant sa campagne électorale, le candidat Biden avait annoncé qu’en cas de victoire l’un de ses objectifs serait de revenir à l’accord sur le nucléaire iranien, le Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA), dont les États-Unis s’étaient retirés sous Donald Trump. L’ancien président américain avait en effet qualifié cet accord international de « pire deal de l’histoire […]
PLAN
- Le retour à la négociation avec l’Iran
- Impasses européennes
- Biden et l’Iran : une reprise progressive du dialogue
- Donner des garanties aux alliés régionaux
- Contenir l’influence de la Chine au Moyen-Orient - Israël-Palestine : une volonté d’équilibre au prisme de la Realpolitik
- Un lourd héritage et une volonté de rupture
- Les démocrates et le conflit israélo-palestinien : vers une évolution significative des positions ?
- La crise de mai 2021 et le retour de la Realpolitik - Washington et les États arabes du Golfe : vers un repositionnement américain
- Biden et les États du Golfe : une politique d’équilibre
- Les États du Golfe et la nouvelle administration : se montrer comme des partenaires responsables
Rachid Chaker est chercheur associé au Centre Thucydide de l’université Paris-2 Panthéon-Assas.
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Les premiers pas du président Biden au Moyen-Orient
En savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLa France et l'UE en Méditerranée : entre esprit de système et réalités
La France et la Turquie s’opposent en Méditerranée sur les crises régionales (Libye, Syrie), et la délimitation des eaux territoriales entre Athènes et Ankara. Au-delà de ces oppositions, la France peut-elle mettre en œuvre une stratégie dépassant les échecs des grandes machines diplomatiques des deux dernières décennies (processus de Barcelone, UpM) ? Et l’Union européenne, qui semble décidée à parler d’une seule voix, aidera-t-elle à passer des rêves de systèmes aux coopérations concrètes ?
Le Brexit et la fragmentation du Royaume
Le référendum sur le Brexit a ouvert une division du pays confirmée par les élections de 2019, en dépit de la victoire conservatrice. Le gouvernement central et les régions composantes du Royaume n’ont pas vraiment dialogué durant les négociations avec l’UE. Et les dynamiques d’explosion se renforcent nettement en Écosse, en Irlande, où la question de l’unification est à nouveau posée, voire au pays de Galles. Le système politique est secoué, et la cohésion du pays directement mise en cause.
Le Brexit est-il vraiment « anglais » ?
Le résultat du référendum de 2016 ne traduisait pas un populisme, ou un exotisme culturel, spécifiquement anglais. L’opinion britannique était alors en phase avec les opinions européennes critiques vis-à-vis de l’Union européenne. La non-appartenance à la zone euro promettait une séparation sans trop graves effets. Séparation qu’annonçaient un fort attachement à la décision nationale et un détachement persistant vis-à-vis du projet européen, vu comme un simple lien économique.
La coopération militaire franco-britannique après le Brexit
Les questions de défense n’ont pas été sérieusement intégrées aux négociations du Brexit. Mais la redéfinition des priorités stratégiques américaines laisse à Londres peu d’espoir d’un special partnership égalitaire. Le retour de la France à une conception « gaullienne » de puissance d’équilibre pourrait par contre ouvrir la voie à un nouveau partenariat, qui ne prendrait toute son efficacité que dans le cadre d’une Alliance rééquilibrée et plus « européanisée ».