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À l'est du Congo, les racines d'un quart de siècle de violence

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Politique étrangère, vol. 87, n° 4, hiver 2022
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Près de 30 ans après le génocide des Tutsis au Rwanda, toute la région reste déstabilisée. Après l'arrivée de Paul Kagame au pouvoir, un million et demi de Hutus avaient fui en République démocratique du Congo. Ils représentaient pour le président rwandais une menace inacceptable. S'en sont suivies les deux guerres du Congo dont les séquelles sont encore visibles. Les récentes attaques perpétrées par les rebelles du M23 constituent un nouvel épisode de cette tragique histoire.

 

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Archive de Politique étrangère
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Fin septembre 2022, l’ancien président François Hollande s’est rendu en République démocratique du Congo (RDC) avec son épouse Julie Gayet. Il a inauguré la nouvelle aile de l’hôpital de Panzi, dans la banlieue sud de Bukavu, où les chirurgiens congolais ont été initiés à la technique nouvelle de la laparoscopie. Cette dernière permet de réaliser des opérations « par voie haute », à partir d’images filmées à l’intérieur de la cavité abdominale par une petite caméra glissée via une incision de quelques centimètres.


Avec fierté, le docteur Denis Mukwege – médecin-chef de l’hôpital de Panzi – a précisé à ses hôtes que cette technique, introduite en RDC voici une dizaine d’années par le praticien belge Guy-Bernard Cadière, lui permettait désormais de traiter plus facilement les lésions causées par les violences sexuelles. Le Prix Nobel de la paix a longuement expliqué comment, dans l’est du Congo, la guerre a pris racine : apparaissent aujourd’hui dans ses consultations des jeunes femmes sexuellement abusées par des hommes en armes, qui lui expliquent que, vingt ans plus tôt, leur mère avait déjà subi le même sort…


En dépit des accords de paix signés en 2002 à Sun City en Afrique du Sud et malgré le déploiement de la plus ancienne et plus coûteuse des missions onusiennes, la paix n’a jamais été rétablie dans le Nord et le Sud du Kivu. Le désordre s’est même étendu à la région de l’Ituri, au nord de la ville de Goma, en proie à la terreur pratiquée par les Forces démocratiques alliées (Allied Democratic Forces, ADF), milices musulmanes d’origine ougandaise initialement opposées au président ougandais Yoweri Museveni. Des observateurs comme l’Américain Jason Stearns évaluent à plus de 120 les groupes armés actifs dans l’est du Congo.


Interrogé sur les causes de cette guerre sans fin, François Hollande, saluant les efforts de la diplomatie française et du président Macron, a assuré que son pays ne portait aucune responsabilité dans la déstabilisation de la région. Pour comprendre la persistance de la violence, son émiettement entre une multitude de groupes armés et la réapparition du mouvement M23 – qui occupe la localité de Bunagana sur la frontière ougandaise et bénéficie du soutien de l’armée rwandaise –, un retour en arrière s’avère indispensable. […]


PLAN

  • L’onde de choc du génocide des Tutsis au Rwanda
  • Les séquelles de la deuxième guerre du Congo
  • Brassage et mixage : une recette pour l’impunité
  • Des rebelles en gestation
  • Les soldats de la paix en terrain piégé
  • Le retour du M23
     

Colette Braeckman, journaliste belge, a été grand reporter au Soir. Spécialiste de l'Afrique, elle a publié plusieurs ouvrages sur le Rwanda et la République démocratique du Congo.

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À l'est du Congo, les racines d'un quart de siècle de violence

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Auteur(s)
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La crise en Catalogne, une fracture décisive

Date de publication
20 mars 2018
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Le 1er octobre 2017, un référendum d’indépendance – déclaré illégal par le Tribunal constitutionnel espagnol – s’est tenu en Catalogne. 90 % des votants ont choisi l’indépendance. Après la proclamation de la « République de Catalogne », le chef du gouvernement espagnol a dissous le Parlement régional et convoqué des élections anticipées. Si les indépendantistes ont remporté ce scrutin, aucun camp ne sort vainqueur de la crise catalane. L’Espagne a désormais besoin d’une thérapie profonde.

Benoît PELLISTRANDIS
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Écosse : nationalisme, immigration et retour des frontières

Date de publication
20 mars 2018
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Le débat sur l’indépendance de l’Écosse s’est installé comme une problématique majeure dans le paysage politique britannique depuis une cinquantaine d’années. Le Brexit a relancé une question qui semblait réglée depuis l’échec du référendum du 18 septembre 2014. L’Écosse semble hésiter entre davantage d’autonomie et l’indépendance, hésitation alimentée par les incertitudes sur les négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, où les questions d’immigration figurent en bonne place.

Fabien JEANNIER
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Le Venezuela peut-il sortir de l'impasse ?

Date de publication
20 mars 2018
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Depuis la mort d’Hugo Chavez en 2013, le Venezuela s’enfonce dans la crise. Au niveau politique, l’opposition est divisée et ne parvient pas à faire bloc face au président Maduro. Ce dernier prend des mesures de plus en plus contestées, comme la mise en place d’une Assemblée nationale constituante qui lui est acquise. Sur le plan économique, le pays est dépendant du pétrole et pâtit de la baisse des cours. L’inflation est devenue incontrôlable et la pauvreté extrême progresse.

Thomas POSADO
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Des empires dans tous leurs États

Date de publication
20 mars 2018
Accroche

L’idée d’empire s’est concrétisée en Europe dans une histoire complexe, héritière de l’éclatement de l’empire romain, du Saint-Empire romain germanique à l’empire austro-hongrois et à celui des tsars. Les empires peuvent être des facteurs de paix en internalisant les conflits, mais aussi, comme au xxe siècle, facteurs de guerre. Leur dissolution conduit souvent à l’instabilité ; mais leur mode de fonctionnement pré-national pourrait aussi aider à penser le post-national.

Georges-Henri SOUTOU

Comment citer cette étude ?

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Colette BRAECKMAN, « À l'est du Congo, les racines d'un quart de siècle de violence », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2022.
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À l'est du Congo, les racines d'un quart de siècle de violence