Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

L’orpaillage au Sahara : un défi pour la stabilité des États

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, vol. 86, n° 4, hiver 2021
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 4 2021
Accroche

En 2009, une ruée vers l’or a démarré au Soudan. Elle s’est propagée à travers le Sahara jusqu’à atteindre la Mauritanie en 2016. L’orpaillage a d’abord été vu comme une menace, susceptible d’alimenter les conflits et le terrorisme. Une perception plus positive a ensuite émergé, l’extraction du précieux minerai offrant de nouvelles perspectives à des populations marginalisées. L’or est une source de revenus et joue aussi un rôle de soupape politique et sociale pour ces régions instables.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Table des matières
Table des matières
body

A partir de 2008, le cours de l’or a connu une hausse spectaculaire et l’exploitation aurifère artisanale est devenue un moyen de subsistance pour des millions de personnes à travers le monde. Phénomène aussi massif qu’incontrôlable, l’orpaillage touche les pays les moins avancés et les pays émergents. Il mobilise l’attention de nombreux acteurs – institutions internationales, organisations non gouvernementales, gouvernements, industriels, etc. Les États concernés tendent à le percevoir comme un défi posé à l’ordre public : il est potentiellement source de conflits (tensions avec les populations autochtones, accaparement par des groupes armés, financement du terrorisme, etc.), de dégradations environnementales (déforestation et pollution au mercure) et de problèmes sociaux (conditions de travail, d’hygiène et de santé déplorables, exploitation des enfants, prostitution, travail forcé, etc.). Cette exploitation aurifère constitue également un risque pour les entreprises internationales qui doivent veiller à ne pas insérer « l’or de conflit » dans leurs chaînes d’approvisionnement.


Les régions saharo-sahéliennes sont particulièrement concernées par ce phénomène. S’il est impossible d’obtenir des chiffres précis, on estime que 10 % de la population active du Mali, du Burkina Faso et du Niger vivrait directement ou indirectement de l’orpaillage. Accaparée par les élites économiques nationales et certains investisseurs internationaux, la chaîne de transformation du minerai aurifère et de commercialisation de l’or relève d’un nombre réduit d’acteurs. Mais l’extraction minière nécessite beaucoup de main-d’œuvre non qualifiée et induit de nombreux emplois indirects (ravitaillement, commerce, transport, etc.) pour la jeunesse urbaine et rurale. Si l’exploitation de l’or ne profite pas également à tout le monde, elle constitue un tournant majeur dans la trajectoire de développement de régions particulièrement déshéritées en périphérie des États. […]


PLAN

  • Le « système saharien » : une ruée vers l’or contemporaine
     - Enjeux de gouvernance des « grands espaces »
  • L’orpaillage : enjeux de régulation et de stabilisation pour les États
     - Au Nord-Niger : un contrôle étatique discret et à distance
     - En Mauritanie : un modèle réussi d’encadrement centralisé de la ruée vers l’or ?
     - Aux confins soudanais, tchadiens et libyens : un enjeu ignoré des conflits
     - Dans le sud-algérien : entre répression et soupape sociale
     - Au Nord-Mali : un effet stabilisateur ?


Laurent Gagnol, docteur en géographie, est maître de conférences à l'université d'Artois, au laboratoire UR 2468 Discontinuités.

Rhoumour Ahmet Tchilouta est doctorant à l'université Grenoble Alpes, au laboratoire UMR 5194 Pacte.

Decoration

Contenu disponible en :

Thématiques et régions

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

L’orpaillage au Sahara : un défi pour la stabilité des États

Decoration
Auteur(s)
Image principale

Le droit dans le système international : plus qu’un instrument ?

Date de publication
22 décembre 2019
Accroche

Un double mouvement de juridicisation et de judiciarisation des relations internationales est à l’œuvre, même si les dispositifs juridiques internationaux paraissent fragiles. Porté par la multiplication des flux transnationaux, la vivacité des revendications égalitaires et l’émergence d’impératifs planétaires, ce mouvement pourrait conduire à une mutation du système international. À l’avenir, ce système pourrait être caractérisé par son hétérogénéité et son instabilité.

Image principale

Tunisie, 2011-2020 : la démocratie contre l’efficience de l’action publique ?

Date de publication
20 mars 2020
Accroche

Après le renversement du régime de Ben Ali en 2011, la Tunisie a mis en place un système politique visant à éviter une trop forte concentration du pouvoir. Toutefois, ce nouveau système n’est pas satisfaisant : il a abouti à une telle dispersion du pouvoir que l’action publique en devient inefficace et minée par le clientélisme. De profondes réformes doivent être conduites pour rendre les gouvernements plus efficaces et légitimes. Sinon, la tentation autoritaire pourrait faire son retour.

Michaël AYARI
Image principale

Faut-il négocier avec les djihadistes au Sahel ?

Date de publication
20 mars 2020
Accroche

Les armées déployées au Sahel ne parviennent plus à endiguer la menace terroriste. La répression parfois indiscriminée contribue même à nourrir les dynamiques des conflits. Face à ce constat, d’autres pistes pourraient être explorées pour essayer de stabiliser cette zone. La négociation avec les groupes djihadistes pourrait être une option. De nombreux obstacles se dressent cependant sur cette voie et les négociations tentées sur d’autres théâtres n’ont pas toujours produit les effets escomptés.

Marc-Antoine PEROUSE DE MONTCLOS
Image principale

Quel rôle pour la Commission internationale humanitaire d’établissement des faits ?

Date de publication
20 mars 2020
Accroche

Presque trente ans après sa création, la Commission internationale humanitaire d’établissement des faits (CIHEF) peine à accomplir sa mission, en dépit de sa large reconnaissance par les États. Les raisons en sont multiples : erreurs sur l’orientation, sur le positionnement dans le paysage institutionnel, ou insuffisances du traité constitutif lui-même. On détaille ici ces obstacles, en suggérant quelques pistes pour revigorer une institution dont le rôle est plus que jamais crucial.

Mérick Freedy ALAGBE

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 4 2021
Laurent GAGNOL, Rhoumour AHMET TCHILOUTA, « L’orpaillage au Sahara : un défi pour la stabilité des États », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2021.
Copier
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 4 2021

L’orpaillage au Sahara : un défi pour la stabilité des États