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Politique de dissuasion et guerre limitée

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Politique étrangère, n° 6, hiver 1960
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Il y a quelques années, les États-Unis prirent, sans même s'en apercevoir, une décision qui excluait la guerre préventive, du moins la politique de la guerre préventive. Cette décision fut prise sans que la question ait été véritablement discutée, en raison de l'unanimité qui régnait aux États-Unis contre l'éventualité d'une telle guerre.

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Archive de Politique étrangère
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Cette décision des États-Unis impliquait, inévitablement, un engagement des États-Unis en ce qui concerne la stratégie de la dissuasion ; car, de deux choses l'une, ou bien vous envisagez dans une guerre que vous frappez le premier, c'est-à-dire que vous considérez l'éventualité d'une guerre préventive, ou bien vous devez faire en sorte, en le menaçant d'une riposte massive, que l'ennemi ne puisse vous frapper le premier, ce qui est la politique de dissuasion.

 

La situation militaire moderne diffère de la situation antérieure par le fait que les instruments de l'offensive sont essentiellement différents des instruments de la défensive. Si l'on se souvient de ce qui s'est passé en 1914, on constate qu'alors les forces françaises et le petit contingent britannique qui les appuyait se sont regroupés après la première bataille pour affronter l'offensive allemande qui descendait du nord ; dans ce cas les forces qui servaient à la défensive étaient les mêmes que celles qui servaient à l'offensive. Les militaires, on le sait, ont toujours attribué une importance considérable à l'initiative et cependant, aujourd'hui, l'initiative n'est pas admise dans la stratégie à laquelle s'attachent les États-Unis.

 

Les éléments de la stratégie de la dissuasion sont difficiles à apprécier et difficiles à mettre en oeuvre. Ils ne correspondent pas en effet aux idées traditionnellement admises et auxquelles tiennent les spécialistes militaires. Ceux-ci essayent de compenser leur insatisfaction de la nouvelle situation et des conceptions qu'elle impose par des notions telles que celle de « guerre préemptive », qui est une espèce de compromis entre le refus de l'initiative et l'acceptation de l'initiative dans certaines circonstances. La guerre préemptive est définie comme étant l'initiative prise par l'une, des parties lorsque l'autre est sur le point de prendre cette initiative ; c'est une espèce de compromis théorique entre la riposte et le premier coup.

 

Les militaires ont aussi tendance à attribuer une très grande importance à l'avertissement qui peut être donné d'une attaque ennemie. Il ne faut pas oublier que, lorsqu'on parle de dissuasion aux États-Unis, on envisage trois sortes de dissuasions :


1) la dissuasion d'une attaque directe, et par conséquent, d'une attaque nucléaire contre le territoire des États-Unis ;
2) la dissuasion d'une attaque nucléaire contre les alliés des États-Unis ;
3) la dissuasion d'attaques mineures, non nucléaires, contre les alliés des États-Unis ou quelque part ailleurs dans le monde.

 

 

PLAN DE L'ARTICLE

  • Nouveauté de la situation stratégique actuelle
  • Éléments et limites de la dissuasion
  • Stratégie de dissuasion et guerres limitées
  • Les conditions d'une « limitation » des conflits

 

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Politique de dissuasion et guerre limitée

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Fin de partie : retour sur l’interventionnisme militaire occidental, 1991-2021

Date de publication
21 décembre 2021
Accroche

Le retrait d’Afghanistan en août 2021, sur l’échec de l’engagement militaire des États-Unis et de leurs alliés, signe un changement d’approche dans la lutte armée contre le terrorisme et plus généralement un retournement de la politique occidentale d’interventions suivie depuis 1991. Américains et Européens ne peuvent plus compter sur une supériorité stratégique et tactique leur garantissant une faible prise de risque. Ils ont aussi pris conscience qu’en banalisant le recours à la force, ils ont incité d’autres à les suivre dans cette voie.

Louis GAUTIER
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Europe : se confronter aux vraies menaces

Date de publication
20 mars 2022
Accroche

Les pays européens se préparent officiellement pour une agression russe qui n'aura pas lieu, et que leurs armées n'auraient aucune chance de repousser sans l'aide massive des Américains. Il est temps qu'ils s'organisent pour répondre aux vrais défis qui menacent leur sécurité : une nouvelle déstabilisation dans les Balkans et l'implosion de l'Afrique de l'Ouest. Ils peuvent le faire, à condition de modifier considérablement leur stratégie globale et la logique d'organisation de leurs forces.

Anatol LIEVEN
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Mondialisation du trafic de drogue – une autre globalisation

Date de publication
20 mars 2022
Accroche

Le trafic international de drogue est en augmentation. L'essentiel de cette marchandise illicite transite par la voie maritime, les narcotrafiquants ayant recours à des embarcations et des méthodes variées pour mieux tromper la vigilance des autorités. Les saisies sont néanmoins, elles aussi, en hausse. À l'avenir, de nouveaux moyens technologiques devraient permettre aux services chargés de lutter contre les trafics de stupéfiants d'être encore plus efficaces.

Cyrille P. COUTANSAIS
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La stratégie économique de l’Iran : entre risque d’effondrement et ouverture incontrôlée

Date de publication
20 mars 2022
Accroche

Les sanctions américaines réinstaurées en 2018 et la crise sanitaire ont renforcé l'isolement de l'Iran ainsi que les défis économiques : paupérisation de la classe moyenne, inflation, effondrement de la monnaie, fuite des cerveaux. Seuls une levée des sanctions et un dégel des avoirs iraniens à l'étranger pourraient, via une reprise des flux commerciaux et des exportations pétrolières, améliorer la situation économique du pays et renforcer la base populaire du régime, sérieusement effritée depuis 2009.

Matthieu ETOURNEAU Clément THERME

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Bernard BRODIE, « Politique de dissuasion et guerre limitée », Politique étrangère, Articles, Ifri, 1 octobre 1960.
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