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Politique étrangère allemande : entre multilatéralisme et Germany First

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Politique étrangère, vol. 86, n° 3, automne 2021
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Sous des discours engagés au service d’un ordre multilatéral, l’Allemagne assume une politique qui semble pour l’essentiel structurée par ses intérêts nationaux. Qu’il s’agisse de l’approvisionnement énergétique auprès de la Russie, des exportations vers la Chine, des excédents commerciaux avec les États-Unis ou les Européens, ou de la faiblesse de ses budgets militaires, Berlin semble assez loin de l’image qu’elle veut donner d’elle-même d’une puissance guidée par les règles.

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Critiquée en 2010 pour son attitude « peu coopérative » dans la crise économique et financière, en 2011 pour son abstention au Conseil de sécurité sur l’intervention en Libye, en 2013 quand la chancelière refuse d’approuver une éventuelle intervention américaine en Syrie, l’Allemagne finit par revoir en profondeur sa politique étrangère. En 2014, le « Consensus de Munich » annonce la volonté d’assumer plus de responsabilités sur la scène internationale. En février 2015, la ministre de la Défense confirme à la Conférence de sécurité de Munich que l’Allemagne est prête à assumer un Leadership from the Center et le ministre des Affaires étrangères Steinmeier, ce même mois à Washington, qualifie l’Allemagne de Chief Facilitating Officer : intermédiaire principal en Europe.


Le « Consensus de Munich » est un faux-semblant : la Bundeswehr est sous-financée depuis l’unification et les deux-tiers des Allemands s’opposent à la participation allemande à des opérations extérieures. Mais Berlin persiste et signe. En 2019, l’Allemagne prend le commandement de la Force à haut niveau de préparation de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (VJTF). Elle affiche une présence de près de 1 000 soldats allemands au Mali, engagés dans les opérations MINUSMA et EUTM – hors opérations de combat –, ainsi que dans le règlement de la crise libyenne avec deux conférences organisées à Berlin en 2020 et 2021. Contre le trumpisme, le gouvernement fédéral lance avec la France en avril 2019 l’Alliance pour le multilatéralisme, réseau informel d’une vingtaine d’États des cinq continents, et publie en mai 2021 un Livre blanc consacré au multilatéralisme au XXIe siècle.


Trente ans après l’unification, l’Allemagne est toujours à la recherche d’une stratégie et ses contradictions se reflètent dans les relations qu’elle entretient avec chacune des puissances du triangle américano-sino-russe, qui domine les rapports internationaux du XXIe siècle.


Les relations germano-russes : reflet des contradictions allemandes


Face à la Russie, l’Allemagne semble être parfaitement dans son rôle, à la fois d’acteur politiquement engagé, multilatéraliste et arborant son statut de Chief Facilitating Officer. En même temps, l’échec de la politique russe de Berlin et les problèmes que soulève Nord Stream 2 témoignent des limites de son approche. Face au Kremlin, tant Helmut Kohl que Gerhard Schröder ou Angela Merkel ont misé sur les recettes de l’Ostpolitik de Willy Brandt. […]


PLAN

  • Les relations germano-russes : reflet des contradictions allemandes
  • La Chine : partenaire, concurrent, adversaire ?
  • Réparer le lien transatlantique après Trump : mission impossible ?


Hans Stark est professeur de civilisation allemande contemporaine à Sorbonne Université, et conseiller pour les relations franco-allemandes à l’Ifri.

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Politique étrangère allemande : entre multilatéralisme et Germany First

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Hans STARK

Intitulé du poste

Conseiller pour les relations franco-allemandes à l'Ifri

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La souveraineté industrielle au révélateur du COVID-19

Date de publication
22 septembre 2020
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Au cours des vingt dernières années, la France s’est désindustrialisée, a délocalisé et étendu ses chaînes de valeur. Cette tendance s’est traduite, pendant la crise du COVID-19, par des pénuries de produits sanitaires et une dépendance à l’égard de la Chine. Pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise, plusieurs stratégies peuvent être envisagées. L’Union européenne sera amenée à jouer un rôle important dans le renforcement de la résilience économique de ses États membres.

Elie COHEN
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Le COVID-19, accélérateur de la post-mondialisation

Date de publication
22 septembre 2020
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La mondialisation a généré des interdépendances, dont les effets néfastes ont pu être constatés à l’occasion de la pandémie de COVID-19. Plusieurs pays européens ont ainsi dû faire face à une pénurie de produits sanitaires essentiels. L’Europe est amenée à tirer les leçons de cette crise et à entrer de plain-pied dans l’ère de la post-globalisation. Elle devra réduire sa dépendance à l’égard de pays qui ne respectent pas les règles du libéralisme, en particulier la Chine.

Norbert GAILLARD
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Après le COVID-19 : une terre démondialisée ?

Date de publication
22 septembre 2020
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Après une poussée sans précédent de mondialisation depuis 1945, le xxie siècle amorce un choc en retour que vient démultiplier la crise sanitaire, puis économique, produite par le COVID-19. Mais entre exigences de re-localisation, mirages d’auto-suffisance, et contraintes de l’internationalisation, l’avenir de la planète mondialisée n’est pas écrit : on peut souhaiter que l’avenir voie l’émergence d’une mondialisation réformée, voire maîtrisée.

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La coopération sanitaire internationale à l’épreuve du COVID-19

Date de publication
22 septembre 2020
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La pandémie de COVID-19 a joué un rôle de catalyseur des tensions internationales, en particulier entre la Chine et les États-Unis. Le président américain a fortement critiqué l’Organisation mondiale de la santé, accusée de servir les intérêts de Pékin et d’inefficacité. Pourtant, cette organisation a agi avec célérité et a facilité la coopération sanitaire internationale. Elle œuvre notamment à la production d’un vaccin qui pourrait être considéré comme un bien public mondial.

Didier HOUSSIN

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Hans STARK, « Politique étrangère allemande : entre multilatéralisme et Germany First », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 septembre 2021.
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Politique étrangère allemande : entre multilatéralisme et Germany First