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Pologne : la tentation autocratique peut-elle s’inverser ?

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Politique étrangère, vol. 86, n° 4, hiver 2021
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Page couverture PE n° 4 2021
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Le système mis en place en Pologne par le le parti Droit et Justice (PiS) et la coalition qui le soutient s’appuie sur une communauté émotionnelle autour d’un dirigeant charismatique, et sur des décisions favorisant des classes populaires délaissées par la transition libérale. Le projet autocratique est porteur d’atteintes multiples à l’état de droit. Une certaine « fatigue » pourrait pourtant se manifester aux prochaines élections, confirmant les dernières mobilisations de rue, portées en particulier par la jeunesse.

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L’altération du système démocratique en Europe centrale a suscité de multiples travaux. Dès les premières « surprises » électorales, deux courants de réflexion se sont imposés. Le premier a mis l’accent sur le discours et le style populistes des leaders et de leurs formations, instruments de prise de pouvoir. On insistait ici sur le noyau dur de ces discours, opposant élites et masses : les élites étant schématiquement stigmatisées tandis qu’on valorisait les masses, caractérisées comme « le peuple souverain ». Un deuxième type de réflexion suit les atteintes structurelles portées aux institutions du système démocratique, s’intéressant à la manière dont on glisse vers un régime autoritaire tout en préservant une façade démocratique.


Le pouvoir autoritaire en Europe centrale : une genèse


Pour le sociologue polono-américain Adam Przeworski, dans les démocraties libérales ce sont les promesses non tenues des équipes successives qui ont détruit la foi dans les solutions démocratiques, générant une sorte de « rage » sociale, désordonnée et prête à s’investir dans des solutions miracles. « Les gens abandonnés par la gauche se sont tournés vers les populistes, qui se sont érigés en défenseurs de leurs intérêts, en additionnant critique des élites et des méfaits de la globalisation capitaliste, rejet des minorités, misogynie et homophobie, […] tandis que les néolibéraux au pouvoir conduisaient, avec leur politique, à la frustration économique […]. » Dans ses recherches concernant les villes moyennes, pour comprendre le vote en faveur des solutions et des leaders autocratiques, Maciej Gdula montrait que le stéréotype corrélant la révolte au faible niveau d’éducation ou à l’appartenance à une classe sociale spécifique était faux. La narration populiste consiste en réalité à tirer bénéfice d’une situation donnée en accentuant les griefs partagés par les laissés-pour-compte de la transformation libérale. […]


PLAN

  • Le pouvoir autoritaire en Europe centrale : une genèse
  • La centralité du chef autoritaire
  • Les errements de politique étrangère
  • Des scandales sans effet sur l’électorat du PiS
  • Le projet global autocratique
     - Le système judiciaire
     - Les élections :
     - Les médias :
     - Droits des femmes :
     - Changements dans l’administration :
  • Point aveugle de la réflexion sur les autoritarismes « postsoviétiques » : leur possible déclin
  • La perte de l’influence de l’Église
  • Les réactions de la société


Georges Mink, titulaire de la chaire de Civilisation européenne, dédiée à la mémoire du professeur Bronislaw Geremek au Collège d'Europe, campus de Natolin, est directeur de recherche émérite à l'Institut des sciences sociales du politique (ISP-CNRS). Il a notamment publié La Pologne au coeur de l'Europe. De 1914 à nos jours (Paris, Buchet Chastel, 2015).

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Pologne : la tentation autocratique peut-elle s’inverser ?

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Essequibo : une vieille plaie entre Venezuela et Guyana

Date de publication
20 mars 2021
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Héritage de la décolonisation et d’une longue bataille juridique, la querelle de l’Essequibo – territoire guyanais revendiqué par Caracas – est désormais portée devant la Cour internationale de justice. Mais cette Cour ne s’est prononcée que sur sa propre compétence, que lui déniait le Venezuela. Ce sont toutes les procédures de règlement, amiables ou judiciaires, des dissensions internationales prévues par la Charte de l’ONU qui sont convoquées autour de ce cas d’espèce.

Alejandro FLEMING
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Philanthropes sans frontières : la générosité privée au secours du monde ?

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20 mars 2021
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Acteurs traditionnellement discrets, les mécènes et fondations privées influencent le système international depuis plus d’un siècle. Leur visibilité s’est accrue et leur rôle géopolitique s’affirme, tandis que se mêlent dans leurs élans de générosité une sincérité non feinte et des intérêts adroitement calculés. Les crises et catastrophes récentes suscitent des dons sans précédent qui ne viennent pas uniquement des grandes fondations et donateurs occidentaux. Le paysage de la philanthropie est en pleine effervescence.

Charles SELLEN
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Les États-Unis de Trump et la guerre du Haut-Karabagh

Date de publication
20 mars 2021
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L’administration Trump, accaparée par les élections présidentielles, est restée pour l’essentiel en retrait, en dépit d’efforts ponctuels. Ce retrait relatif, sur fond d’activisme en faveur d’un camp ou de l’autre, de nombreux acteurs institutionnels et non-institutionnels à Washington, a laissé le champ libre à la Turquie et à la Russie. Au final, Moscou a obtenu seule un cessez-le-feu, qui matérialise son influence mais aussi d’importantes avancées territoriales azéries et diplomatiques turques.

Julien ZARIFIAN
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Que peuvent faire les Nations unies au XXIe siècle ?

Date de publication
20 mars 2021
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Après le printemps des années 1990, l’ONU connaît un temps de reflux : retrait des Occidentaux des Opérations de maintien de la paix, minage de l’Organisation par les États-Unis, retour aux vétos au Conseil de sécurité… Sa réforme paraît aujourd’hui à la fois nécessaire pour l’adapter aux mutations du monde, et improbable, au moins pour la composition du Conseil de sécurité. Elle demeure le seul espace de dialogue universel pour des questions comme l’environnement ou les droits de l’homme.

Sylvie BERMANN

Comment citer cette étude ?

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Georges MINK, « Pologne : la tentation autocratique peut-elle s’inverser ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2021.
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Pologne : la tentation autocratique peut-elle s’inverser ?