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Sociétés pastorales et État au Mali : histoire d’un hiatus

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Politique étrangère, vol. 86, n° 4, hiver 2021
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Page couverture PE n° 4 2021
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L’héritage colonial français, repris par l’État malien indépendant, a plaqué sur une société malienne très diverse les structures d’un État surplombant, étranger aux modes d’organisation des sociétés pastorales, qui constituent une part importante de la population du pays et de la région. Il est sans doute temps d’abdiquer ce paradigme occidental pour aller vers des modes d’organisation politique plus souples, prenant en compte la diversité des sociétés et des organisations politiques.

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La contestation contemporaine et violente de l’État au Mali – dans sa version autonomiste comme dans sa version djihadiste – émane majoritairement du monde pastoral (Arabes, Peuls, Touaregs). C’est en fait une part significative de ce monde qui exprime sa colère et se soulève : les groupes subalternes. Ceux pour qui l’État, son administration et surtout ses « corps habillés » (militaires, gardes nationaux, gendarmes, agents des Eaux et Forêts, douaniers) représentent depuis des décennies au mieux une contrainte, le plus souvent une menace. Les familles dominantes des groupes de pasteurs et d’agro-pasteurs qui tirent leur légitimité du pouvoir central de Bamako, autant si ce n’est davantage que de leurs populations – ce depuis l’occupation coloniale –, sont de fait moins exposées à la stigmatisation et aux pressions quotidiennes des forces de l’État. Des exceptions existent certes ici et là. Le cas de Iyad ag Ghali, à la tête du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), est certainement aujourd’hui le plus emblématique. Depuis 2012, il porte lui aussi une contestation radicale, non du concept d’État ni même de ses frontières, mais de ses valeurs de référence. Iyad ag Ghali revendique l’instauration d’un régime théocratique guidé par la loi islamique, en lieu et place du régime républicain calqué sur le modèle occidental, plus spécifiquement français.
 

Les violences généralisées depuis 2012 ne se résument pas à une confrontation directe entre, d’un côté, des pasteurs plus ou moins bien organisés en mouvements armés et, de l’autre, les armées nationales et les forces internationales qui les soutiennent. De nombreux conflits opposent des pasteurs-nomades entre eux : concurrences pour l’accès aux ressources (pâturages et points d’eaux, axes de circulation, marchandises licites et illicites), luttes pour le pouvoir local ou encore résurgences d’anciens litiges (familiaux notamment) en sont les raisons principales. D’autres affrontements impliquent des populations voisines, agricoles et sédentaires, au travers de milices ou de groupes dits d’autodéfense.
 

Tous ces éléments constituent, en large part, l’économie de la violence au Mali, comme dans les pays limitrophes. Un aspect parmi d’autres, essentiel à la compréhension de tous ces conflits, sera abordé ici : le hiatus existant dans la relation entre l’État « monopoliste » et les sociétés pastorales. Si toutes les violences ne se résument pas à l’histoire de cette relation, celle-ci constitue assurément la toile de fond de la déchirure intervenue en 2012 et toujours ouverte.


PLAN

  • Un exercice abusif et illégitime de l’autorité
  • Une incompatibilité structurelle et des jeux d’alliances destructeurs
  • Appréhender l’histoire autrement, envisager un autre contrat social


Charles Grémont est historien, chercheur à l'Institut de recherche pour le développement (Laboratoire Population-Environnement-Développement à Marseille) et membre du Laboratoire mixte international MaCoTer à Bamako.

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Sociétés pastorales et État au Mali : histoire d’un hiatus

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L’Europe, la puissance et la finance

Date de publication
21 juin 2021
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La finance est devenue un attribut essentiel de la puissance. Son importance est accrue par les investissements considérables requis par les transitions énergétique et numérique, ou encore par la nécessité de soutenir les économies frappées par la pandémie de COVID-19. En matière de puissance financière, l’Union européenne dispose de nombreux atouts, à commencer par sa monnaie unique, mais elle souffre aussi de véritables handicaps, particulièrement visibles au moment de la présidence Trump.

Sylvie GOULARD
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Corées : perpétuellement vers la paix ?

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21 juin 2021
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Au cours des cinq dernières années, les périodes d’ouverture et de tension se sont succédé dans la péninsule coréenne. Donald Trump pensait pouvoir obtenir la dénucléarisation de la Corée du Nord par ses relations personnelles avec Kim Jung-un. Il a échoué. L’administration Biden se veut plus réaliste et méthodique. Elle pourrait choisir des options intermédiaires, plus modestes, tout en conservant l’objectif lointain d’un démantèlement de l’arsenal nucléaire de Pyongyang.

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Le modèle de Dubaï face au centralisme d’Abou Dhabi

Date de publication
21 juin 2021
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Vitrine des Émirats arabes unis, Dubaï n’a jamais complètement retrouvé la croissance d’avant la crise de 2009. La double crise sanitaire et économique est une nouvelle épreuve : Dubaï doit plus que jamais compter sur le soutien de l’émirat d’Abou Dhabi, cœur politique et sécuritaire de la Fédération. La phase actuelle confirme la prédominance politique d’Abou Dhabi dans la Fédération, et impose à Dubaï de redéfinir son modèle de développement, et son narratif.

Matthieu ETOURNEAU
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Perspectives de l’endettement public

Date de publication
21 juin 2021
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L’endettement public doit rester soutenable, adapté aux variations de la conjoncture, sauf à risquer des conditions d’emprunt dangereuses. Sa stabilisation dépend de la croissance, de la maîtrise des dépenses publiques et de la capacité à lever l’impôt. Les banques centrales peuvent prêter aux États, mais en prenant garde à une inflation affaiblissant les entreprises. L’annulation des dettes publiques par la Banque centrale européenne pourrait ouvrir un cycle d’inflation et de dépenses immaîtrisable.

François ECALLE

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Charles GREMONT, « Sociétés pastorales et État au Mali : histoire d’un hiatus », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2021.
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Sociétés pastorales et État au Mali : histoire d’un hiatus