Succès et échecs de la maîtrise des armements
Les accords bilatéraux, multilatéraux ou régionaux de maîtrise des armements ont connu depuis plusieurs décennies des développements remarquables. Des problèmes fondamentaux demeurent, sur la vérification, les règles de retrait des accords ou les processus de négociation eux-mêmes. Mais toute la maîtrise des armements semble entrée dans une crise profonde, d’abord due à la défiance des États-Unis: seule la reconstitution de la confiance permettra de reprendre la marche en avant.
A l’origine, la maîtrise des armements visait à limiter la course aux armements (essentiellement nucléaires) plutôt qu’à la stopper. Ce terme n’avait pas la même connotation que « réglementation des armements » ou « désarmement », termes utilisés dans la charte de l’Organisation des Nations unies (ONU). Au fil du temps, la vaste panoplie de mesures incluses dans la maîtrise des armements a réuni celles qui : a) gèlent, limitent, réduisent ou abolissent certaines catégories d’armes ; b) bannissent les essais de certaines armes ; c) empêchent certaines activités militaires ; d) régulent certains déploiements armés ; e) proscrivent les transferts de matériels militaires importants ; f) réduisent le risque de guerre accidentelle et g) bâtissent la confiance entre États par une plus grande transparence militaire.
Les grands accords
Les accords de maîtrise des armements peuvent être bilatéraux, multilatéraux ou régionaux.
Le traité ABM (Antiballistic Missile Treaty). Signé le 26 mai 1972, le traité entre les États-Unis et l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) sur la limitation des systèmes antimissiles balistiques interdisait le déploiement de ces systèmes pour la défense totale du territoire des deux pays, ainsi que la création d’une base pour une telle défense. Les systèmes antimissiles balistiques pour une défense régionale étaient également interdits, sauf autorisation expresse. Les systèmes antimissiles étaient alors vus comme non fiables, coûteux, vulnérables aux contre-mesures. Chaque partie conservait cependant le droit de tester des ABM terrestres fixes, sur certains polygones spécifiés. Il n’était pas non plus interdit de développer des systèmes antibalistiques fondés sur des principes physiques autres que ceux des systèmes interdits par le traité ABM. Le traité ABM a été considéré comme la pierre angulaire de la maîtrise des armements : les Américains s’en sont retirés en 2001. [...]
PLAN DE L’ARTICLE
- Les grands accords
- Les accords bilatéraux
- Les accords multilatéraux
- Les accords régionaux
- La vérification et le retrait des accords
- Le problème du retrait
- Comment améliorer le processus de maîtrise des armements ?
- Comment s’assurer de l’application des accords ?
- Comment rendre les accords irréversibles ?
- Comment négocier ?
- L’avenir de la maîtrise des armements
Jozef Goldblat, ancien directeur de l’Arms Control and Disarmament Research Programme du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), a reçu le prix du Centre de politique de sécurité de Genève (2006). Actuellement vice-président du Geneva International Peace Research Institute (GIPRI) et Resident Senior Fellow à l’United Nations Institute for Disarmament Research (UNIDIR), il est l’auteur de Arms Control : the New Guide to Negotiations and Agreements (Londres, Sage Publications, 2002).
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Succès et échecs de la maîtrise des armements
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