Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

Syrie : un conflit gelé en trompe-l’œil

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, vol. 87, n° 2, été 2022
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°2 2022 vignette
Accroche

La baisse des violences pourrait laisser penser que la guerre en Syrie est en passe de prendre fin. En fait, le conflit est temporairement gelé mais les conditions d'une reprise des hostilités sont bel et bien présentes. Le pays est actuellement divisé en quatre zones contrôlées respectivement par le régime épaulé par Moscou et Téhéran ; par l'administration autonome du Nord-Est soutenue par Washington ; par la Turquie ; et les djihadistes d'Hayat Tahrir Al-Sham. Le statu quo risque de ne pas durer.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Table des matières
Table des matières
body

D’octobre 2019 à mars 2020, le nord de la Syrie a été marqué par deux offensives complémentaires : la Turquie s’est emparée d’une bande de territoire au détriment des Forces démocratiques syriennes (FDS), tandis que l’armée syrienne – épaulée par la Russie et l’Iran – reprenait la moitié de la poche rebelle d’Idleb. Depuis, les principaux fronts sont gelés. L’armée syrienne s’est contentée de réduire les derniers bastions rebelles de Deraa à l’été 2021. Dans le Nord-Est, Daech a lancé une attaque contre la prison de Hassakeh pour tenter de libérer ses combattants en janvier 2022. L’organisation terroriste connaît une forte résurgence et harcèle l’armée syrienne et les FDS dans l’est du pays. Enfin, Israël frappe régulièrement les positions pro-iraniennes, tout comme les États-Unis qui répliquent en Syrie aux attaques perpétrées par des milices chiites pro-iraniennes contre ses bases en Irak.


Depuis le cessez-le-feu entre l’armée syrienne et la Turquie à Idleb, le pays ne vit donc pas en paix mais le degré de violence a nettement décru, comme en témoigne la forte diminution du nombre de victimes. En 2021, il s’est retrouvé au plus bas depuis 2011 : 3 700 morts (civils et militaires) contre 6 800 en 2020 et 76 000 en 2014 – l’année la plus meurtrière de la guerre civile.


La crise syrienne s’apparente de plus en plus à un conflit gelé. Les négociations de paix lancées à Genève sous l’égide de l’Organisation des Nations unies (ONU) n’avancent pas, en dépit des efforts et de la patience de l’envoyé spécial Geir O. Pedersen. Après avoir passé deux ans à discuter de la composition des délégations de l’opposition, de la société civile et du gouvernement syrien, cet envoyé spécial est aujourd’hui réduit à négocier la date d’une prochaine rencontre, au résultat bien entendu stérile. Les discussions entre les autorités de l’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (AANES) et celles de Damas sont au point mort. L’intransigeance du régime de Bachar Al-Assad est totale sur les deux fronts. […]


PLAN

  • La zone gouvernementale : poursuite de la contre-insurrection
     - La restauration du pouvoir central à travers les notables
     - La reconstruction : punition et allégeance
     - Le lent et partial retour des services publics
  • L’Administration autonome du Nord et de l’Est de la Syrie : sous perfusion
     - L’AANES face aux difficultés économiques et géographiques
     - Sans le soutien occidental, l’AANES s’effondrerait
  • La construction par la Turquie d’une bande de sécurité
     - Construire une gouvernance efficace
     - Modifications démographiques au détriment des Kurdes
  • L’Émirat islamique de Hayat Tahrir Al-Sham à Idleb
     - Idleb, une cible « légitime » pour la Russie et le régime syrien
  • Un statu quo insatisfaisant


Fabrice Balanche est maître de conférences en géographie à l'université Lyon 2. Il a notamment publié Atlas du Proche-Orient arabe, Paris, Sorbonne Université Presses, 2011.

Decoration

Contenu disponible en :

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

Syrie : un conflit gelé en trompe-l’œil

Decoration
Auteur(s)
Image principale

Obamacare : genèse, bilan, futur

Date de publication
22 septembre 2017
Accroche

L’Affordable Care Act (ACA), plus connu sous le nom d’Obamacare, est une réforme ambitieuse du système de santé américain. Entrée en vigueur en 2010, elle vise d’une part à élargir l’accès à l’assurance santé et d’autre part à réorganiser la distribution des soins. 25 millions d’Américains ont ainsi pu obtenir une assurance santé. Le bilan de cette réforme est néanmoins mitigé. Donald Trump a engagé un processus de retrait de l’ACA. Il n’est toutefois pas certain qu’il parvienne à ses fins.

Image principale

Back to the East of Suez? Les Britanniques dans l’océan Indien

Date de publication
22 septembre 2026
Accroche

En décembre 2016, le gouvernement britannique annonçait son retour « à l’est de Suez ». Or, au-delà de l’effet d’annonce, la capacité de Londres à jouer un rôle géopolitique dans la région reste limitée. Londres ne cache pas la priorité qu’elle accorde aux échanges commerciaux, en particulier avec la Chine, au détriment éventuel de l’Inde. Son soft power, en particulier dans le domaine de la formation, lui permet cependant de préserver sa présence hors des jeux de puissance locaux.

Jean-Loup SAMAAN
Image principale

Arabie Saoudite : faux ami ou vrai ennemi ?

Date de publication
22 septembre 2017
Accroche

Avec sa présence à Bahreïn, son intervention au Yémen, ses relations avec l’Iran, ou l’isolement du Qatar, l’Arabie Saoudite semble s’affirmer comme un État perturbateur, diplomatique et religieux, au Moyen-Orient. La diplomatie religieuse du wahhabisme joue un rôle central dans la stratégie de Riyad. Tout comme une stratégie de l’information, véritable dispositif d’influence, qui vise à orienter en sa faveur les opinions et les décideurs des grandes démocraties.

Pierre CONESA
Image principale

Retour sur la crise du Golfe de 2017

Date de publication
22 septembre 2017
Accroche

La crise du Golfe, qui a démarré en juin 2017, reflète des tensions anciennes entre le Qatar et ses voisins. L’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis reprochent en particulier à Doha son soutien aux Frères musulmans et son rapprochement avec Téhéran. Cette crise a suscité l’embarras des pays occidentaux qui coopèrent avec toutes les parties. L’engagement de la Turquie aux côtés du Qatar rend une escalade militaire peu probable. Nul n’a intérêt à ce que la situation s’envenime.

Rachid CHAKER

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°2 2022 vignette
Fabrice BALANCHE, « Syrie : un conflit gelé en trompe-l’œil », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2022.
Copier
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n°2 2022 vignette

Syrie : un conflit gelé en trompe-l’œil