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Trump II et l'Asie : le vent se lève…

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L'Indo-Pacifique est une priorité de l'administration Trump II, la Chine étant perçue comme le principal rival stratégique des États-Unis. Toutefois, Donald Trump a entamé son second mandat de manière déconcertante en durcissant les relations avec les partenaires traditionnels de Washington. Il a ensuite ouvert les hostilités avec Pékin, déclenchant une guerre commerciale plus intense encore que lors de son premier mandat. Les autorités chinoises n'entendent pas se laisser faire.

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La nouvelle administration Trump n'a pas formulé de stratégie claire à l'égard de l'Asie. Les actions que l'on observe depuis janvier 2025 sont aussi déconcertantes que celles à l'égard de l'Europe. Cette politique étrangère ne discrimine plus les alliés, les partenaires et les rivaux mais érige le rapport de force comme seule règle présidant aux relations avec les États, conduisant Donald Trump à se montrer « fort avec les faibles et [souvent] faible avec les forts », selon la formule désormais consacrée. La politique asiatique de Trump se distingue toutefois de celle menée vis-à-vis de l'Europe en ce qu'elle s'inscrit dans une certaine tradition de politique étrangère américaine depuis le début du siècle, à savoir la volonté d'un basculement stratégique vers l'Asie – nommé « rééquilibrage stratégique » sous Barack Obama, puis « stratégie indopacifique » sous Trump I – pour faire face au véritable et unique rival stratégique des États-Unis au XXIe siècle : la République populaire de Chine.

Des premiers mois de l'administration Trump II, on peut retenir la réaffirmation des principes d'un « Indo-Pacifique libre et ouvert », formulés par la première administration Trump en 2019 et dont on verra sans doute une nouvelle mouture publiée au cours du second mandat. En effet, l'intérêt américain pour le concept et pour la région ne faiblit pas. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth s'est rendu deux fois en Indo-Pacifique entre mars et mai 2025, d'abord en visite auprès de deux alliés – Philippines et Japon – puis au Dialogue Shangri-La de Singapour. Il a vivement réaffirmé l'engagement des États-Unis à « instaurer la paix par la force » en Indo-Pacifique, « [leur] théâtre prioritaire ». Pour ce faire, Hegseth a présenté la triple mission qui lui a été confiée par le président : « restaurer l'éthique guerrière, rebâtir [l']armée et rétablir la dissuasion », la Chine étant explicitement la puissance visée (citée près de 30 fois dans le discours).

La permanence de la stratégie indopacifique et de la rivalité avec Pékin n'explique pas pour autant les bouleversements induits par la nouvelle administration américaine à l'égard de ses partenaires et alliés en Asie, ni même à l'égard du rival qu'elle entend dissuader.

PLAN DE L'ARTICLE

Vu de New Delhi : les États-Unis, partenaire stratégique mais pas de confiance
L'Asie du Sud-Est entre coercitions américaines et chinoises
Un Japon irrité mais prisonnier de son alliance
Le nouveau président sud-coréen face à de multiples défis internationaux
Chine/États-Unis : exacerbation de la rivalité commerciale
Taïwan : un atout stratégique pour Washington

 

Marc Julienne est directeur du Centre Asie de l'Ifri.

Article publié dans Politique étrangère, vol. 90, n° 3, 2025.

Texte citation
Depuis son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump est bien moins tonitruant quand il s'adresse à ou parle de la Chine que quand il traite du Canada, de l'Europe et de l'OTAN, ou de ses alliés asiatiques.

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L’Asie est le théâtre d’enjeux multiples, économiques, politiques et de sécurité. Le Centre Asie de l'Ifri vise à éclairer ces réalités et aider à la prise de décision par des recherches approfondies et le développement d’une plateforme de dialogue permanent autour de ces enjeux.

Le Centre Asie structure sa recherche autour de deux grands axes : les relations des grandes puissances asiatiques avec le reste du monde et les dynamiques internes des économies et sociétés asiatiques. Les activités du Centre se concentrent sur la Chine, le Japon, l'Inde, Taïwan et l'Indo-Pacifique, mais couvrent également l'Asie du Sud-Est, la péninsule coréenne et l'Océanie.

Le Centre Asie entretient des relations institutionnelles suivies avec des instituts de recherche homologues en Europe et en Asie et ses chercheurs effectuent régulièrement des terrains dans la région.

Il organise à Paris tables-rondes fermées, séminaires d’experts, ainsi que divers événements publics, dont sa Conférence annuelle, avec la participation d’experts d’Asie, d’Europe ou des Etats-Unis. Les travaux des chercheurs du Centre et de leurs partenaires étrangers sont notamment publiés dans la collection électronique Asie.Visions.

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Une alliance bien vivante et qui s'adapte

Date de publication
01 décembre 2009
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Née d’une volonté de défense contre l’Union soviétique, l’Alliance a été réinventée à la fin de la guerre froide. Elle est engagée partout où les intérêts des Alliés sont menacés, et il n’existe pas aujourd’hui d’autre option de sécurité crédible pour ses membres. Mais l’Alliance doit savoir évoluer, s’adapter à de nouveaux défis, politiques et économiques, et ajuster ses modes de fonctionnement à la multiplication de ses membres.

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L'OTAN : de Washington (1949) à Strasbourg-Kehl (2009)

Date de publication
01 décembre 2009
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On peut tenter de cerner l’histoire de l’Alliance en en repérant trois phases. La première est constituée par les quatre décennies de la guerre froide. Puis l’Alliance revêt le rôle d’accoucheur du changement politique en Europe. Dans l’après-11 septembre, le débat rebondit sur les défis de sécurité internationale et le rôle de l’Alliance. Il est aujourd’hui encore ouvert sur des questions fondamentales : entre autres la nécessaire redéfinition de ses missions, et des moyens correspondants.

Karl-Heinz KAMP
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Un programme pour l'OTAN : vers un réseau de sécurité mondiale

Date de publication
01 décembre 2009
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Le succès historique de l’Alliance est d’avoir unifié l’Occident face à la menace soviétique ; puis d’avoir, après la guerre froide, réussi à élargir cet Occident. L’Alliance doit pourtant aujourd’hui s’adapter à un monde nouveau marqué par l’éveil chaotique des peuples. Sa crédibilité dépend de la négociation d’une sortie politique de l’engagement en Afghanistan. À plus long terme, l’OTAN doit se penser comme centre d’un réseau d’organisations de sécurité à l’échelle du monde.

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Le débat sur une OTAN globale

Date de publication
01 décembre 2009
Accroche

Le débat sur la « globalisation » est au cœur des échanges sur le nouveau concept stratégique. Il s’inscrit dans ce qui apparaît depuis 1994 comme une dynamique continue d’élargissements, des membres et des missions. Il renvoie également aux diverses lectures possibles de la réalité géopolitique présente : menaces globales, ou menaces rémanentes en Europe ? Il pose enfin une question morale : pourquoi et dans quelle circonstances l’Alliance est-elle légitime à user de sa force militaire ?

Comment citer cette étude ?

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