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Russie: la transition inachevée

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Page couverture PE_hs_Russie_2007
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La croissance économique russe est spectaculaire ; mais les échecs sociaux et politiques du pays sont tout aussi nets. Vladimir Poutine apparaît à la fois comme l’homme des réformes pragmatiques et comme l’initiateur d’une nouvelle glaciation politique qui s’illustre dans la brutalisation croissante des relations avec l’étranger proche. Les Occidentaux, divisés et largement impuissants, doivent redéfinir et unifier leurs choix politiques vis-à-vis d’une Russie pour le moins incertaine.

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Archive de Politique étrangère
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On tentera dans ces réflexions d’aborder trois ensembles de questions. Tout d’abord : où va la Russie ? Vers quelle direction s’oriente son développement interne ? En première analyse, la réponse est que la Russie suit de plus en plus son chemin et de moins en moins le nôtre – on pourrait d’ailleurs suggérer qu’il s’agit d’une « troisième voie »... –, ou aussi bien qu’elle risque de s’égarer en route.


Deuxième interrogation : que signifie ce choix d’un chemin propre pour son voisinage et pour la sécurité dans l’espace eurasien ? La réponse immédiate semble être ici que tout en demeurant relativement faible, la Russie semble aborder une nouvelle phase d’activisme extérieur, peut-être en recouvrant une sorte de confiance post-impériale en elle-même, sentiment largement dû à sa richesse énergétique.


Enfin, que signifient ces développements pour les États-Unis et pour l’Europe ? Dans quelle mesure sommes-nous concernés par cette évolution, et que pouvons-nous faire ? Réponse évidente : nous sommes concernés au plus haut point et la voie que choisit la Russie est très importante pour notre sécurité, mais nos moyens d’action s’érodent. Le défi pour la communauté euro-atlantique est donc de faire plus avec moins de moyens : avec plus de précision, de manière plus décidée et mieux coordonnée.


Une voie russe ?


Les 15 à 20 dernières années représentent pour la Russie une transition dynamique, mais très inachevée. Et les choses y semblent aujourd’hui précisément plus dynamiques et moins achevées.


Il faut ici se situer dans une perspective historique large. En 1767, la Grande Catherine publiait un oukase posant les bases d’une constitution pour la Russie. Son premier article était d’une concision remarquable : « La Russie est un État européen ». Vision impressionnante, rêve étonnant pour une fille des Lumières venue de Poméranie… Mais le décret est bel et bien demeuré à l’état de rêve. La constitution de Catherine s’est heurtée à de multiples obstacles, dont les révoltes internes et les guerres extérieures. Cependant, l’affaire nous rappelle, pour la Russie et ses dirigeants, une aspiration – et un désappointement – de longue haleine.


Si nous nous attachons plus précisément à l’époque qui commence avec Gorbatchev, la Russie a suivi une évolution positive, remarquable, et pour tout dire inattendue. Ce qui frappe d’abord, c’est l’ampleur des catastrophes évitées. […]


PLAN DE L’ARTICLE

  • Une voie russe
  • L’énigme Poutine
  • Le voisinage
  • Que faire ?
  • Des moyens d’action en baisse

 

Ce texte a été publié pour la première fois dans le n°1:2006 de Politique étrangère.

Mark Medish, ancien conseiller spécial du président Clinton et directeur pour les Affaires russes, ukrainiennes et eurasiennes de la Maison-Blanche entre 2000 et 2001, est aujourd’hui avocat international à Washington. Il a également été assistant du secrétaire-adjoint au Département du Trésor américain (1997-2000).

 

Texte traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Dominique David.

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Russie: la transition inachevée

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Russie, Eurasie, Carte
Centre Russie/Eurasie
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Fondé en 2005 au sein de l’Ifri, le Centre Russie/Eurasie produit de la recherche et organise des débats sur la Russie, l’Europe orientale, l’Asie centrale et le Caucase du Sud. Il a pour objectif de comprendre et d'anticiper l'évolution de cette zone géographique complexe en pleine mutation pour enrichir le débat public en France et en Europe, et pour aider à la décision stratégique, politique et économique.

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Le Brexit est-il vraiment « anglais » ?

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21 décembre 2020
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Le résultat du référendum de 2016 ne traduisait pas un populisme, ou un exotisme culturel, spécifiquement anglais. L’opinion britannique était alors en phase avec les opinions européennes critiques vis-à-vis de l’Union européenne. La non-appartenance à la zone euro promettait une séparation sans trop graves effets. Séparation qu’annonçaient un fort attachement à la décision nationale et un détachement persistant vis-à-vis du projet européen, vu comme un simple lien économique.

Robert TOMBS
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La coopération militaire franco-britannique après le Brexit

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21 décembre 2020
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Adrien ABÉCASSIS Jolyon HOWORTH
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Le retour de la compétition des puissances, et l’érosion des moyens économiques et militaires britanniques mettent en cause la traditionnelle posture de suivisme de Londres vis-à-vis de Washington. Le Royaume-Uni ne pèse plus assez auprès des États-Unis, ni pour obtenir un accord commercial privilégié, ni en matière stratégique. Face au déclin inévitable de la relation bilatérale, Londres ne pourrait retrouver un poids diplomatico-stratégique que dans une Alliance atlantique rééquilibrée.

Robert SINGH
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La politique étrangère britannique après le Brexit : la géographie, c’est le destin

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21 décembre 2020
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La vision britannique des rapports du Royaume-Uni au monde renvoie à la fois à la géographie et à l’histoire d’une puissance impériale. Mais le Brexit éclaire durement les changements du positionnement britannique : illusions sur la bienveillance américaine ; dépendance vis-à-vis des normes européennes sans pouvoir peser sur elles ; limitation des moyens d’influence extérieure. Union européenne et Royaume-Uni doivent trouver les moyens d’une nouvelle coopération, en particulier dans le domaine de la sécurité.

Stephen WALL

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Page couverture PE_hs_Russie_2007
Mark MEDISH, « Russie: la transition inachevée », Politique étrangère, Articles, Ifri, 1 septembre 2007.
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Russie: la transition inachevée