Trump et l'avenir de la politique commerciale européenne
Les tentations protectionnistes de la nouvelle administration américaine doivent être prises au sérieux. L’Europe a tout intérêt à préserver les acquis du multilatéralisme commercial, en particulier via une adaptation des pratiques de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) : concevoir des accords économiques globaux et inclusifs, garantir l’équilibre des normes et la gouvernance des accords conclus.
Pour cela, l’Europe doit gagner en efficacité institutionnelle et en cohésion politique, bref reprendre l’initiative.
PLAN DE L'ARTICLE
Préserver l’acquis du multilatéralisme commercial
En finir avec la politique commerciale : pour une politique des échanges durables et une mondialisation inclusive
Un impératif : l’affirmation européenne
John Solal-Arouet est le pseudonyme d’un groupe d’experts ayant exercé des responsabilités en matière de commerce international.
Denis Tersen est conseiller-maître à la Cour des comptes.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 82, n° 1, printemps 2017.
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Trump et l'avenir de la politique commerciale européenne
Le marché pétrolier à un tournant
Les cours du pétrole sont repartis à la hausse depuis 2016, sous l’effet de facteurs conjoncturels comme la dégradation de la situation politique au Venezuela ou le renouveau des sanctions contre l’Iran. La hausse des cours favorise l’exploitation des pétroles de schiste, ce qui a permis aux États-Unis de devenir le premier producteur mondial de brut. Le peak oil ne résultera pas de l’épuisement des réserves mais d’une baisse de la demande liée au développement des énergies alternatives.
Des néo-nationalistes au pouvoir à Rome ?
Les élections italiennes de mars 2018 ont consacré la victoire de la Ligue du Nord et du Mouvement 5 Étoiles. Ces deux partis populistes se sont alliés pour former un gouvernement eurosceptique. Leurs principaux griefs à l’égard de l’Union européenne ont trait à l’imposition de politiques d’austérité qui ont pesé sur l’économie italienne et au manque de solidarité européenne sur les questions migratoires. Rome ne souhaite pas rompre avec Bruxelles mais va devenir un partenaire difficile.
La crise du Golfe de 2017 : un an après
En juin 2017, plusieurs États arabes menés par l’Arabie Saoudite et les Émirats arabes unis annoncèrent des mesures très dures à l’encontre du Qatar. Loin d’accepter les conditions qui auraient permis la levée de ces mesures, les dirigeants du Qatar renforcèrent leurs liens avec d’autres pays, réussirent à trouver de nouvelles voies d’approvisionnement et surent maintenir leur souveraineté. Si la crise n’est toujours pas résolue, elle est d’ores et déjà un échec pour Riyad et Abou Dhabi.
Iran 2028, une rêverie politique
Le renforcement des sanctions américaines pourrait conduire à une aggravation des troubles intérieurs, en dépit d’une certaine libéralisation de la vie quotidienne. L’Iran adopterait dans un premier temps une posture internationale relativement discrète, maintenant le JCPOA, et tirant les conséquences d’un investissement extérieur aux bénéfices limités. L’inattendu pourrait bien venir, après la tentation conservatrice, d’une ouverture du régime iranien, à la fois en interne et en externe.