Le détroit d'Ormuz, carrefour d'un monde en crises
Depuis le 28 février 2026 et les frappes des États-Unis et d'Israël contre l'Iran, le détroit d'Ormuz, bras de mer de 54 km entre l'Iran et Oman, est au cœur des tensions géopolitiques et économiques mondiales. Le prix du baril de pétrole a bondi de 30%, ce qui n'était pas arrivé depuis 2022.
Avec :
- Christine Ockrent, journaliste et productrice de l'émission "Affaires étrangères" sur France Culture
- Gilles Gressani, chercheur en sciences politiques
- Thomas Gomart, historien des relations internationales, directeur de l’Institut français des relations internationales (Ifri).
- Sylvie Kauffmann, éditorialiste au journal « Le Monde », spécialiste des questions internationales.
C'est dans ce bras de mer peu profond de 54 kilomètres entre l’Iran et le Sultanat d’Oman que circule un cinquième du pétrole mondial et du gaz naturel liquéfié. 1.3 milliards de dollars y transitent normalement chaque jour soit plus de 20 millions de barils quotidiens. Aujourd’hui, rares sont les navires qui s’y aventurent, que ce soit pour entrer dans le Golfe persique ou pour le quitter, alors que volent missiles et drones et qu’une quinzaine de navires a déjà été attaquée.
Quinze jours après le début des frappes contre l’Iran menées par Israël et les Etats Unis et la réplique iranienne visant les bases américaines des pays côtiers de l’autre côté du Golfe persique ; mais aussi française aux Emirats ou britannique à Chypre, sur le territoire même de l’Union européenne, c’est toute la région qui s’embrase. La paralysie de ce point névralgique fait trembler les économies du monde alors que l’on vit selon l'Agence internationale de l’énergie la “plus importante perturbation” de l’approvisionnement en pétrole de l’histoire.
Mojtaba Khamenei, le nouveau guide suprême Iranien, a passé un premier message jeudi 12 mars : il n’est pas apparu à la télévision. On le dit blessé. Il entend continuer de bloquer le couloir maritime stratégique d’Ormuz.
De nombreux bateaux sont bloqués à l’entrée quand une quinzaine a été attaqués, notamment par l’Iran pour empêcher le pétrole d’être livré à de potentiels ennemis…
Quelles sont concrètement les conséquences économiques d’une fermeture de ce détroit, même temporaire ? Les pays du Golfe ont-ils aujourd’hui des alternatives crédibles au passage par Ormuz ? Les tensions dans le Golfe pourraient-elles déboucher sur une reconfiguration plus large de l’ordre énergétique mondial ?
> Réécouter l'émission sur le site de France culture.
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