“Don’t bank on the bombs”. L’industrie de défense face aux nouvelles normes européennes
Alors que l’invasion de l’Ukraine par la Russie le 24 février 2022 souligne la nécessité de mettre à niveau les armées européennes, l’urgence de la lutte contre le changement climatique, révélée par les rapports du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), requiert la mobilisation politique de l’Union européenne (UE) pour opérer une transition vers la neutralité climatique.
L’UE a donc identifié les lignes directrices d’une action ambitieuse dans ces deux domaines. Par sa Boussole stratégique adoptée en mars 2022, elle entend participer à la construction d’un monde stable en s’appuyant sur un outil de défense pérenne et viable. Par son plan d’action pour la finance verte de 2018, la Commission européenne veut rediriger les flux financiers vers les activités durables et ainsi faciliter la réalisation des 480 milliards d’euros d'investissements annuels supplémentaires nécessaires pour atteindre ses objectifs environnementaux à l'horizon 2030.
La tension entre ces deux objectifs, de renforcement de la défense européenne d’une part et d’une finance durable d’autre part, s’est manifestée dans les vives discussions sur l’intégration du secteur de la défense aux projets de taxonomies européennes et sur l’élargissement de l’écolabel. Ces initiatives ont suscité des inquiétudes parmi les entreprises de la base industrielle et technologique de défense européenne (BITDE), qui y ont vu une menace sur leurs financements.
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