Ariane 6 : les défis de l'accès à l'espace en Europe
Une version antérieure de cet article a été publiée par le journal Les Echos daté du 9 octobre 2014 sous l’intitulé « Quelle politique spatiale pour l’Europe ? ». Pour plus de détails sur les enjeux de la coopération spatiale en Europe, voir aussi Guilhem Penent, L’Europe spatiale : le sursaut ou le déclin, Paris, Argos, 2014.
Voici deux ans que l’Europe spatiale a vécu une sorte d’épiphanie : elle devait soit adapter son outil d’accès autonome à l’espace, devenu trop cher et pas assez flexible, soit renoncer et courir le risque de disparaître. Les engagements obtenus à l’issue de la conférence ministérielle de l’Agence spatiale européenne (ESA), à Naples, en 2012, trop modestes et trop ambigus n’étaient qu’un point de départ. Au moins les Européens semblaient-ils s’être mis en action. Tel était en tout cas le sentiment de la France pour qui le double oui – oui à la poursuite du programme d’amélioration Ariane 5 dit ME pour « Mid-Life Evolution », et oui au lancement d’études sur Ariane 6 – annonçait un ralliement général à ses vues. Pour la première fois, les Etats membres reconnaissaient collectivement que l’heure n’était plus à s’interroger sur la pertinence d’une nouvelle génération de fusées européennes, mais sur la façon de s’y prendre.
Le débat approfondi qui a suivi a pu laisser penser que les Européens, qui s’étaient donnés jusqu’à cette année pour prendre une décision définitive, seraient incapables de converger. Le risque qu’ils ne soient pas au rendez-vous le 2 décembre prochain, lors de la prochaine réunion de l’ESA à Luxembourg, existe d’ailleurs toujours.
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