Les États-Unis de Trump, adversaires stratégiques et idéologiques de l’Europe
Le pire cauchemar sécuritaire des Européens semble se produire : mardi 18 février 2025, les ministres des affaires étrangères américain et russe Marco Rubio et Sergueï Lavrov se sont retrouvés en Arabie saoudite pour engager la normalisation des relations entre leurs deux pays. La réunion avait aussi pour objectif de mettre en place des négociations de paix pour l’Ukraine. Susceptibles d’affecter tout le vieux continent, les échanges se sont néanmoins déroulés sans les Européens ni les Ukrainiens.
Ce rapprochement russo-américain intervient quelques jours après un discours très offensif du Vice-président américain JD Vance, exprimant une contestation idéologique sans nuances de l’Europe et de ses valeurs libérales . Prononcé lors de la Conférence sur la sécurité de Munich, il rappelle un autre discours hostile, prononcé par Vladimir Poutine lors de l’édition 2007 de cette même Conférence. Le président russe avait alors dénoncé en termes vifs l’entrée dans l’Otan des anciens pays du bloc de l’Est, intervenue malgré les promesses américaines faites à Gorbatchev en 1990 . Ces propos avaient marqué le retour d’une Russie révisionniste et anti-occidentale, qui connait aujourd’hui une vraie victoire, puisque les États-Unis de Trump renouent avec Moscou et semblent désormais considérer l’Europe, pourtant leur alliée historique, comme leur ennemie principale.
Comment l’Occident a-t-il pu se fracturer à ce point ? Quelle est la marge de manœuvre de l’Europe pour les mois qui viennent ?
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