Mémoire de la Seconde Guerre mondiale dans la Russie actuelle
Sous les présidences de Vladimir Poutine, la mémoire historique est devenue un outil essentiel de légitimation politique.
Non seulement le président russe s’y intéresse de près, mais il est même l’un des principaux auteurs du récit historique officiel. Ses autres contributeurs sont pour l’essentiel des hommes politiques de premier plan dont plusieurs siloviki, issus des structures des forces de l’État russe. L’Église orthodoxe russe participe aussi activement à cette entreprise historiographique. La recherche menée par des historiens n’est pas pour autant interdite ou systématiquement entravée ; cependant, les autorités cherchent à encadrer le discours historique dominant, avec un double objectif : d’une part, consolider l’identité et l’unité nationales, ébranlées par la chute de l’Union soviétique et les années de transition, en stimulant le patriotisme et en promouvant une vision positive du passé ; d’autre part, renforcer la loyauté de la société envers l’État. En outre, depuis 2014, le discours sur la mémoire historique est ajusté au contexte de confrontation avec l’Occident et l’Ukraine post-Maïdan. Pris en étau entre les pressions internationales et le besoin de renforcer une légitimité qui s’effrite, entre la crise économique et la gestion de la pandémie du COVID-19, le Kremlin n’a pas fini de recourir à l’instrumentalisation de cette mémoire.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Mémoire de la Seconde Guerre mondiale dans la Russie actuelle
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLe miroir toxique de la Russie : comment un style politique qui a affaibli Moscou érode aujourd'hui la puissance américaine
Trois décennies après la fin de la guerre froide, certains traits d’un style politique longtemps associé au système autoritaire russe (mépris de l’État de droit, vision conspirationniste du monde, personnalisation du pouvoir et instrumentalisation de la vérité) deviennent de plus en plus visibles au sein des démocraties occidentales, et tout particulièrement aux États-Unis. En Russie, ce style n’a pas renforcé la puissance de l’État ; il a au contraire réduit ses marges de manœuvre stratégiques et contribué à son affaiblissement sur le long terme.
La Russie, les Palestiniens et Gaza : ajustements après le 7 octobre
L'Union soviétique (URSS), puis la Fédération de Russie en tant que successeur légal internationalement reconnu, ont toujours cherché à jouer un rôle visible dans les efforts visant à résoudre le conflit israélo-palestinien.
La « Deathonomics » russe : coûts sociaux, politiques et économiques de la guerre en Ukraine
La présente Note analyse l’apparition d’un phénomène nouveau pour la société russe, désigné sous le terme d’« économie de la mort » (Deathonomics). Il s’agit de la formation, au cours des années de guerre en Ukraine, d’une force mercenaire venue compléter les systèmes soviétique (la conscription) et russe (l’armée professionnelle) au sein des forces armées. Vers la fin de l’année 2023, ce phénomène a conduit à faire du service militaire l’un des domaines d’activité les mieux rémunérés, ce qui n’avait pas été observé en Russie à une telle échelle depuis la fin du XVIIe siècle.
La politique russe de recrutement de combattants et d’ouvrières en Afrique subsaharienne
La guerre russo-ukrainienne, déclenchée le 24 février 2022, s’est rapidement internationalisée. La Russie et l’Ukraine se sont très vite efforcées de mobiliser leurs alliés afin d’obtenir un soutien politique et diplomatique, ainsi que des ressources militaires et économiques. Mais les deux belligérants ont aussi cherché à recruter des étrangers à titre privé pour soutenir leurs efforts de guerre respectifs. Cette politique est globale et s’étend de l’Amérique latine à l’Extrême-Orient. L’Afrique subsaharienne, dans ce panorama, présente un intérêt particulier car elle constitue un vivier de recrutement vaste et facilement accessible, en raison de taux de pauvreté élevés dans la plupart des pays de la zone conjugués à un important désir d’émigration.