Accra et Dakar : environnements pluriels et défis fonciers dans deux villes capitales africaines
Au début du XXe siècle, l’Afrique subsaharienne était urbanisée à moins de 5 %, soit l’équivalent du taux d’urbanisation estimé de l’Europe au Moyen Âge. Les deux villes qui seront l’objet de cette analyse, Accra et Dakar, illustrent cet emballement démographique urbain et tous ses corollaires.
L’accroissement urbain est lié à une multitude de facteurs parmi lesquels l’attractivité économique et sociale. La question foncière est évidemment centrale au développement de ces villes et constitue un enjeu éminemment politique.
La présente étude a pour but d’apporter des éléments de réflexion afin de comprendre pour quelles raisons – alors que les États et villes étudiés ont la possibilité de moderniser et de simplifier le droit foncier – ces réformes restent difficiles. Nous tenterons de comprendre comment l’intrication complexe de droits de natures différentes a des effets sur les modalités de mise en valeur de l’espace urbain et sur la manière qu’ont les habitants de se l’approprier.
Ce travail sera aussi l’occasion d’observer les cas de Dakar et d’Accra, une ville francophone et une ville anglophone où les autorités traditionnelles ont un rôle et un poids différents, et les difficultés des autorités à piloter l’extension de la ville. Nous verrons comment la fragmentation urbaine conduit à une fragmentation sociale nuisible aux projets urbains. La sécurisation de l’accès au territoire de la ville africaine est étroitement liée au manque de moyens financiers de l’État et des municipalités – entraînant des conséquences de plusieurs types. Nous verrons enfin que l’opposition droit moderne/droit traditionnel ne permet pas de restituer les enjeux réels au sein de ces deux villes capitales, où l’on trouve une dizaine de statuts d’occupation de la terre.
La question foncière est, avec celle des mobilités, un des enjeux cruciaux pour que les villes millionnaires africaines continuent à jouer le rôle de moteur de la croissance des territoires nationaux.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Accra et Dakar : environnements pluriels et défis fonciers dans deux villes capitales africaines
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesUne élection dans les crises. Quelles perspectives pour les élections générales éthiopiennes de 2026 ?
Les citoyens éthiopiens sont appelés aux urnes le 1er juin 2026, à l’occasion des prochaines élections générales, les septièmes depuis la fondation de la République fédérale démocratique d’Éthiopie en 1995. Il est peu probable que ces élections conduise à une alternance. Comme le montre en effet cette étude, le gouvernement semble avoir déjà mis en place les mesures qui permettront sa réélection, dans un contexte de multiplication des conflits armés qui n’est propice ni à l’ouverture ni aux transitions politiques.
Quelle place pour l’Afrique subsaharienne dans le monde ?
En s’appuyant sur une approche extrinsèque, alliant histoire globale, géopolitique et relations internationales, ce papier tente de périodiser les modalités des relations de l'Afrique subsaharienne avec le reste du monde. Après un retour rapide sur les périodes précoloniales, coloniales et de Guerre froide, sont explorées plus spécifiquement les périodes 1990-2015 et 2015-2025.
Un « faux départ » : l’avenir des chefferies coutumières en Afrique
Au-delà du seul cas du Burkina Faso, la cérémonie hebdomadaire du « faux départ » du Moro Naba, « l’empereur des Mossi » symbolise dans l'Afrique d’aujourd'hui la position paradoxale de dirigeants traditionnels jouissant d'une influence qui se situe en marge de la sphère politique moderne tout en conservant à la différence de celle-ci, une forte dimension religieuse.
La politique russe de recrutement de combattants et d’ouvrières en Afrique subsaharienne
La guerre russo-ukrainienne, déclenchée le 24 février 2022, s’est rapidement internationalisée. La Russie et l’Ukraine se sont très vite efforcées de mobiliser leurs alliés afin d’obtenir un soutien politique et diplomatique, ainsi que des ressources militaires et économiques. Mais les deux belligérants ont aussi cherché à recruter des étrangers à titre privé pour soutenir leurs efforts de guerre respectifs. Cette politique est globale et s’étend de l’Amérique latine à l’Extrême-Orient. L’Afrique subsaharienne, dans ce panorama, présente un intérêt particulier car elle constitue un vivier de recrutement vaste et facilement accessible, en raison de taux de pauvreté élevés dans la plupart des pays de la zone conjugués à un important désir d’émigration.