Boko Haram dans la région de l’extrême-Nord du Cameroun : L’arbre qui cache la forêt
Notes de l'Ifri, juin 2022
La région de l’Extrême-Nord du Cameroun est secouée depuis 2013 par le conflit dû à Boko Haram dont l’origine et l’épicentre sont le nord-est du Nigeria (l’État de Borno) et qui s’étend à quatre pays (Nigeria, Cameroun, Tchad et Niger). Les interactions complexes entre le mouvement djihadiste Boko Haram et le milieu local de la criminalité font de cette région un cas d'étude pertinent dans le cadre d’une réflexion sur la relation entre criminalité et conflits.
Avant l’extension du conflit de Boko Haram à l’Extrême-Nord du Cameroun, cette région était déjà un espace de trafics et de banditisme. Le dispositif de sécurité et de défense dans cet espace a été réorganisé pour lutter contre ce groupe terroriste. Alors que cette guérilla entre Boko Haram et les forces de sécurité camerounaises dure depuis presque dix ans, ses impacts sur les problèmes sécuritaires locaux préexistants sont importants mais négligés.
Le conflit de Boko Haram a à la fois un effet d’amplification et d’occultation de ces problèmes sécuritaires. Le conflit de Boko Haram a servi de tremplin à la prolifération des activités de criminalité économique et a ouvert une brèche à plusieurs groupes criminels qui opèrent sous la bannière et dans l’ombre de Boko Haram. Cela aboutit à brouiller les frontières entre crime organisé et djihadisme et engendre une criminalisation du djihadisme.
La prolifération spectaculaire de la délinquance urbaine violente et des tensions intercommunautaires dans certains départements de la région sont négligés par les autorités qui focalisent leur attention et leurs ressources sécuritaires sur la lutte contre Boko Haram. Ces deux problèmes sécuritaires s’approfondissent sans recevoir la réponse qu’ils méritent de la part des pouvoirs publics.
Cette note vise à identifier et analyser ses impacts en montrant comment les interactions complexes entre le mouvement de Boko Haram et le milieu local de la criminalité organisée ont créé une véritable nébuleuse criminelle et occultent les autres problèmes sécuritaires qui s’approfondissent en silence dans cette région. Cette étude est basée sur une recherche de terrain menée depuis quatre années dans l’Extrême-Nord dans le cadre de la préparation d’un doctorat et à partir de sources militaires, douanières, policières et de témoignages des victimes.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
ISBN / ISSN
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
Boko Haram dans la région de l’extrême-Nord du Cameroun : L’arbre qui cache la forêt
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLes vecteurs et moyens de l’influence extérieure grandissante du Rwanda de Paul Kagame
Le Rwanda de Paul Kagame mène depuis trois décennies une politique étrangère visant à accroître les investissements directs à l’étranger (IDE) vers l’économie nationale, à maximiser les coopérations militaires et les échanges de renseignements et à travailler à la promotion d’un modèle de reconstruction étatique post-génocide.
L’économie politique complexe des corridors d’Afrique australe
Construits pour certains à l’époque coloniale, les corridors d’Afrique australe ont connu depuis la fin du XXe siècle un développement frénétique. Depuis plus de 25 ans, les anciens corridors ont été rénovés, de nouveaux ont été bâtis et d’autres sont à l’étude. Le moteur de cette frénésie de corridors est le même qu’à l’époque coloniale : l’exploitation des ressources de l’hinterland africain. Les corridors de cette région sont donc tous adossés au secteur minier. L’analyse de leur économie politique fait apparaître leurs principales caractéristiques ainsi que des faiblesses qui posent question pour le futur.
Propagande en ligne en temps de guerre au Soudan
Dans le conflit soudanais, la bataille de propagande entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapides (FSR) à travers les médias classiques et les réseaux sociaux entretient une grande confusion informationnelle. Et ce d’autant plus que l’absence de journalistes sur le terrain facilite la désinformation. Bien que l’armée et les FSR tentent de promouvoir leurs discours grâce à leurs réseaux de communicants et en pratiquant la désinformation et la censure, ils ne peuvent contrôler complètement l’information sur le conflit. Dans le cadre de cette guerre, les réseaux sociaux sont devenus un espace d’expression où les politiciens, militaires, influenceurs et militants expriment leurs rivalités, leurs mensonges et leur propagande.
Une élection dans les crises. Quelles perspectives pour les élections générales éthiopiennes de 2026 ?
Les citoyens éthiopiens sont appelés aux urnes le 1er juin 2026, à l’occasion des prochaines élections générales, les septièmes depuis la fondation de la République fédérale démocratique d’Éthiopie en 1995. Il est peu probable que ces élections conduise à une alternance. Comme le montre en effet cette étude, le gouvernement semble avoir déjà mis en place les mesures qui permettront sa réélection, dans un contexte de multiplication des conflits armés qui n’est propice ni à l’ouverture ni aux transitions politiques.