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L'Afrique du Sud en péril ? Une analyse d'économie politique

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Notes de l'Ifri, décembre 2017
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Le président Jacob Zuma a remplacé son respecté ministre des Finances, Pravin Gordhan, le 30 mars 2017. Il s’agit de la seconde tentative en deux ans (cette fois-ci réussie) de mettre à ce poste clé un responsable « conciliant » avec les projets du président.

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© Nataly Reinch / Shutterstock.com
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La conséquence immédiate de ce remaniement ministériel a été l’abaissement de la note de la dette sud-africaine au statut « junk » par Standard & Poor’s et Fitch. Malgré de nombreux appels à démissionner, le président Zuma semble sortir renforcé, en partie grâce à la mobilisation de soutiens disparates. L’Afrique du Sud se trouve néanmoins dans une situation très délicate tant d’un point de vue économique que social.

Afin d’éclairer la crise actuelle, il convient de revenir sur la dégradation marquée des rapports sociaux depuis 1994, avec une montée de la contestation « par le bas » qui a culminé avec l’expulsion du principal syndicat métallurgiste, National Union of Metal Workers of South Africa (NUMSA), du Congress of South African Trade Unions (COSATU) en 2015. Nous développerons l’argument selon lequel l’impasse sud-africaine est la conséquence de l’adoption de politiques néolibérales masquées par une rhétorique prétendant que la croissance et la réduction de la pauvreté sont au cœur du projet gouvernemental. La République d’Afrique du Sud (RSA) ne peut cependant en aucun cas être considérée comme un État développeur, au sens des « tigres » est-asiatiques, et a connu un changement structurel négatif pour la croissance (caractérisé par un processus de désindustrialisation précoce). Nous discuterons également le constat d’une montée des inégalités depuis les années 1990, invalidant l’idée chère à l’ANC selon laquelle le pays cherche à émuler le modèle nord-européen d’État-providence. Dans un contexte de chômage structurel extrêmement élevé, la principale source de solidarité est privée, et est constituée par les transferts entre ménages. L’adoption d’un salaire minimum national de 3 500 rands par mois (environ 250 euros), qui devrait entrer en vigueur en 2018, constitue une avancée positive, quoique peut-être trop tardive. En effet, les conséquences d’une croissance faible et de l’accumulation des frustrations depuis 1994 pourraient bien précipiter le pays dans une grave crise politique et économique.

 

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ISBN / ISSN

978-2-36567-811-7

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L'Afrique du Sud en péril ? Une analyse d'économie politique

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Afrique subsaharienne
Centre Afrique subsaharienne
Accroche centre

Créé en 2007, le centre Afrique subsaharienne de l’Ifri produit une analyse approfondie du continent africain, de ses dynamiques sécuritaires, géopolitiques, politiques et socio-économiques (en particulier le phénomène d’urbanisation). Le Centre se veut à la fois, via les différentes publications et conférences, un espace de diffusion d’analyses à destination des médias et du public mais aussi un outil d'aide à la décision des acteurs politiques et économiques à l'égard du continent.  

 

 

Le centre produit des analyses pour différents organismes tels que le ministère des Armées, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’Agence française de développement (AFD) ou encore pour différents soutiens privés. Ses chercheurs  sont régulièrement auditionnés par les commissions parlementaires.

 

 

L’organisation d’événements de divers formats complète la production d’analyses en amenant les différentes sphères de l’espace public (académique, politique, médiatique, économique et société civile) à se rencontrer et à échanger outils d’analyse et visions du continent. Le Centre Afrique subsaharienne accueille régulièrement des responsables politiques de différents pays d’Afrique subsaharienne. 

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Thierry VIRCOULON Horacio GIVONE
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Nicolas PONS-VIGNON, « L'Afrique du Sud en péril ? Une analyse d'économie politique », Notes, Ifri, 15 décembre 2017.
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L'Afrique du Sud en péril ? Une analyse d'économie politique