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SWAPO : le début d'un défi politique

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Notes de l'Ifri, mai 2022
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L'Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (SWAPO) se trouve de plus en plus sur un terrain instable, entre les divisions internes et le ressentiment externe. Alors qu'aucun nouveau parti politique important n'a vu le jour depuis l'indépendance, les partis d'opposition gagnent progressivement du terrain, principalement parmi les jeunes électeurs, et contrôlent désormais les trois centres économiques les plus importants, affaiblissant la domination de la SWAPO, parti unique au pouvoir depuis trente ans.

 

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Bureau régional de la SWAPO, Oshikoto, Namibie
Bureau régional de la SWAPO, Oshikoto, Namibie
Graham StJohn Smith/flickr
Corps analyses

La vieille garde de la SWAPO s’est engagée dans une lutte acharnée pour le leadership, tandis que les membres de la Ligue des jeunes de la SWAPO réclament des réformes populistes. Des membres rivaux de la SWAPO appellent ouvertement à la révocation du gouvernement de Geingob. Il est devenu monnaie courante que les partisans de la ligne dure de la SWAPO profèrent des menaces, directes ou indirectes, à l’encontre de leurs adversaires. Dans ce contexte, les scrutins de 2019 ont mis en lumière le déclin important de la popularité du parti. Le candidat présidentiel de la SWAPO, Hage Geingob, a été élu avec une majorité de 56 %, bien en deçà des 86 % qu’il avait obtenus en 2014.

Pour la première fois, le parti a perdu sa majorité des deux tiers à l’Assemblée nationale, ainsi que sa prédominance dans les conseils locaux lors de l’élection des autorités locales de 2020. Cette dégringolade est le résultat des difficultés économiques de la Namibie, des scandales de corruption de haut niveau et des luttes de pouvoir internes, ainsi que d’un électorat plus jeune et plus avisé. La SWAPO s’est muée en un véritable empire commercial, au bénéfice de son élite de patrons et de clients, loin du rôle important qu’elle avait joué dans l’indépendance de la Namibie en 1990 et de sa promesse d’assurer un développement social et économique global. Les jeunes électeurs de la génération dite « born free » et la population namibienne qui s’urbanise rapidement changent ainsi la donne sur le plan politique, en réclamant des dirigeants responsables et de meilleures opportunités économiques.

Malgré le mécontentement croissant à l’égard du parti au pouvoir, aucun nouveau parti politique important n’a vu le jour depuis l’indépendance. Cependant, les partis d’opposition gagnent progressivement du terrain, principalement parmi les jeunes électeurs, et contrôlent désormais les trois centres économiques les plus importants – Windhoek, Walvis Bay et Swakopmund. Après trente ans à la tête du pays, l’hégémonie du parti unique de la SWAPO s’est affaiblie et le parti devra désormais se battre pour conserver sa place dans la vie politique.

Cette note analyse les nouvelles dynamiques politiques à l’œuvre en Namibie, à travers les résultats des dernières élections nationales et locales. Les auteurs de la note rendent compte des raisons du déclin de la SWAPO et de ses perspectives de maintien au pouvoir.

 

>>> Ce contenu est disponible en anglais (PDF) : SWAPO: The Beginning of the Political Challenge

 

Visionnez l'interview vidéo de Selma El Obeid sur l'état de la démocratie en Namibie :

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Afrique subsaharienne
Centre Afrique subsaharienne
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Créé en 2007, le centre Afrique subsaharienne de l’Ifri produit une analyse approfondie du continent africain, de ses dynamiques sécuritaires, géopolitiques, politiques et socio-économiques (en particulier le phénomène d’urbanisation). Le Centre se veut à la fois, via les différentes publications et conférences, un espace de diffusion d’analyses à destination des médias et du public mais aussi un outil d'aide à la décision des acteurs politiques et économiques à l'égard du continent.  

 

 

Le centre produit des analyses pour différents organismes tels que le ministère des Armées, le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’Agence française de développement (AFD) ou encore pour différents soutiens privés. Ses chercheurs  sont régulièrement auditionnés par les commissions parlementaires.

 

 

L’organisation d’événements de divers formats complète la production d’analyses en amenant les différentes sphères de l’espace public (académique, politique, médiatique, économique et société civile) à se rencontrer et à échanger outils d’analyse et visions du continent. Le Centre Afrique subsaharienne accueille régulièrement des responsables politiques de différents pays d’Afrique subsaharienne. 

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Les vecteurs et moyens de l’influence extérieure grandissante du Rwanda de Paul Kagame

Date de publication
10 juillet 2026
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Le Rwanda de Paul Kagame mène depuis trois décennies une politique étrangère visant à accroître les investissements directs à l’étranger (IDE) vers l’économie nationale, à maximiser les coopérations militaires et les échanges de renseignements et à travailler à la promotion d’un modèle de reconstruction étatique post-génocide.

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L’économie politique complexe des corridors d’Afrique australe

Date de publication
26 juin 2026
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Construits pour certains à l’époque coloniale, les corridors d’Afrique australe ont connu depuis la fin du XXe siècle un développement frénétique. Depuis plus de 25 ans, les anciens corridors ont été rénovés, de nouveaux ont été bâtis et d’autres sont à l’étude. Le moteur de cette frénésie de corridors est le même qu’à l’époque coloniale : l’exploitation des ressources de l’hinterland africain. Les corridors de cette région sont donc tous adossés au secteur minier. L’analyse de leur économie politique fait apparaître leurs principales caractéristiques ainsi que des faiblesses qui posent question pour le futur.

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Propagande en ligne en temps de guerre au Soudan

Date de publication
15 avril 2026
Accroche

Dans le conflit soudanais, la bataille de propagande entre l’armée soudanaise et les Forces de soutien rapides (FSR) à travers les médias classiques et les réseaux sociaux entretient une grande confusion informationnelle. Et ce d’autant plus que l’absence de journalistes sur le terrain facilite la désinformation. Bien que l’armée et les FSR tentent de promouvoir leurs discours grâce à leurs réseaux de communicants et en pratiquant la désinformation et la censure, ils ne peuvent contrôler complètement l’information sur le conflit. Dans le cadre de cette guerre, les réseaux sociaux sont devenus un espace d’expression où les politiciens, militaires, influenceurs et militants expriment leurs rivalités, leurs mensonges et leur propagande.

Selma EL OBEID
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Une élection dans les crises. Quelles perspectives pour les élections générales éthiopiennes de 2026 ?

Date de publication
27 mars 2026
Accroche

Les citoyens éthiopiens sont appelés aux urnes le 1er juin 2026, à l’occasion des prochaines élections générales, les septièmes depuis la fondation de la République fédérale démocratique d’Éthiopie en 1995. Il est peu probable que ces élections conduise à une alternance. Comme le montre en effet cette étude, le gouvernement semble avoir déjà mis en place les mesures qui permettront sa réélection, dans un contexte de multiplication des conflits armés qui n’est propice ni à l’ouverture ni aux transitions politiques.

Jean-Nicolas BACH
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Bureau régional de la SWAPO, Oshikoto, Namibie
Graham StJohn Smith/flickr

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Selma EL OBEID, John MENDELSOHN, « SWAPO : le début d'un défi politique », Notes, Ifri, 25 mai 2022.
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