L'indirection de la guerre ou le retour de la guerre limitée
Tant les États-Unis que la Russie ont semblé ces dernières années modifier leur conception de l'emploi de la force.
Recours au privé, actions d'alliés au sol, leadership from behind pour les Américains. Valorisation des actions spéciales, du renseignement, de la guerre de l'information, et même de la gesticulation nucléaire, pour les Russes. Ces choix stratégiques témoignent sans doute, après l'ascension vers la guerre totale qu'a connu le XXe siècle, d'un retour à l'idée de guerre limitée.
Olivier Kempf est docteur en science politique. Il dirige la lettre géostratégique « La Vigie »
Article publié dans Politique étrangère, vol. 80, n° 4, hiver 2015
Plan de l’article
L’indirection stratégique américaine
Les moyens souverains
Les relais extérieurs
Retenue stratégique et leadership from behind
L’indirection stratégique russe
Une prise de conscience née des opérations en Ukraine
Guerre hybride ou doctrine Gerasimov ?
Eléments de surprise et indirection
Indirections et guerres limitées
Le refus des guerres limitées
Le retour des guerres limitées ?
Les principes d’indirection : jusqu’où ne pas aller trop loin ?
Convaincre pour vaincre. La France et la structuration d’une doctrine de guerre informationnelle
La guerre n’est pas seulement une affaire de force : elle se joue aussi — peut-être d’abord — dans les esprits. Ce constat ancien prend une acuité inédite à l’ère de la lutte informationnelle, avec trois confrontations récentes qui ont imposé ce domaine comme priorité stratégique : au Moyen-Orient, en Afrique et face à la Russie.
Des corsaires aux mercenaires : les acteurs maritimes non-militaires et les continuités historiques de la guerre navale
Depuis fin 2023, plusieurs attaques houthies contre des navires marchands ont vu intervenir des équipes armées privées, chargées d'assurer la défense des bâtiments et la coordination des réponses immédiates — souvent en l'absence de forces navales régulières sur place au moment des hostilités. Ces épisodes illustrent une tension stratégique à laquelle les marines contemporaines sont de plus en plus confrontées : d'un côté, elles doivent remplir des missions de sécurité maritime permanentes mais de faible intensité — lutte contre la piraterie, police des mers, protection du commerce maritime ; de l'autre, elles sont de nouveau sommées de se préparer à des conflits de haute intensité face à des adversaires de rang comparable, dans un contexte de retour de la compétition entre grandes puissances.
Vers un renseignement spatial accessible à tous ? Le cas des frappes iraniennes du printemps 2026
Le conflit au Moyen-Orient a permis de constater l’efficacité des frappes iraniennes en termes de ciblage et de précision. Ce constat interpelle sur les moyens que le Corps des Gardiens de la Révolution (CGRI) a exploités pour y parvenir.
Lutter contre la flotte fantôme. La France en action
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