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« Le monde entier dépend de la Chine » : pourquoi tous les grands leaders défilent à Pékin

Interventions médiatiques |

cité par Joanna Blain dans

  Le Parisien 

 
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Le président américain la semaine dernière, le russe ce mercredi… Les dirigeants du monde défilent à Pékin, devenu le centre névralgique des équilibres géopolitiques. Derrière cette centralité diplomatique, Xi Jinping cultive une prudence calculée.

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Xi Jinping et Donald Trump lors d'une rencontre bilatérale à Zhongnanhai (Pékin, Chine), le 15 mai 2026.
Xi Jinping et Donald Trump lors d'une rencontre bilatérale à Zhongnanhai (Pékin, Chine), le 15 mai 2026.
Daniel Torok/The White House/UPI/Shutterstock
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À Pékin (Chine), Vladimir Poutine avance sans doute d’un pas tranquille. Presque comme chez lui. Depuis 2012, le maître du Kremlin et Xi Jinping se sont retrouvés près d’une soixantaine de fois. Un tête-à-tête devenu rituel. Ces 19 et 20 mai, Moscou et Pékin célèbrent les 25 ans du traité qui scelle leur rapprochement, pierre angulaire de leurs ambitions économiques et stratégiques.

Le timing, lui, prête à sourire. Quelques jours plus tôt, du 13 au 15 mai, c’est Donald Trump qui foulait un tapis rouge déroulé pour lui sur la place Tian’anmen. Dans son sillage, des écoliers chinois agitaient fleurs et petits drapeaux américains. Un ballet diplomatique millimétré.

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Le magnat de l’immobilier était venu parler affaires. Sécuriser surtout l’accès américain aux minerais critiques et aux terres rares, indispensables aux moteurs d’avion, aux voitures, aux semi-conducteurs… La Chine en concentre 44 % des réserves mondiales. Et près de 90 % du raffinage. Une véritable carte maîtresse.

Aucune volonté de devenir le « gendarme du monde »

De quoi transformer Pékin en carrefour du pouvoir mondial. Une scène où les puissants viennent jouer leur partition. Depuis plusieurs mois, le gratin planétaire défile. Emmanuel Macron, début décembre, cherchait à desserrer l’étau du déficit commercial sino-européen. Pékin vend 2,8 fois plus à l’Europe qu’elle ne lui achète.

Fin janvier, le Premier ministre britannique, Keir Starmer, débarquait dans la capitale chinoise avec une approche plus feutrée, déterminé à réparer une relation écornée par des gouvernements conservateurs plus réticents aux liens avec Pékin. Notamment après le durcissement contre les libertés politiques à Hongkong, ancienne colonie britannique, rétrocédée en 1997.

Dans ses bagages, un clin d’œil soigneusement choisi. Un ballon de Manchester United signé par les joueurs. Une attention pour Xi Jinping, fervent supporter du club anglais. « Aujourd’hui, le monde entier est dépendant de la Chine. C’est devenu une place centrale de la scène diplomatique mondiale », résume Marc Julienne, directeur du Centre Asie de l’Ifri.

En moins d’un an, Xi Jinping a accueilli une dizaine de responsables de premier plan. Ursula von der Leyen pour l’Union européenne en juillet. Le Premier ministre indien Narendra Modi fin août, le Canadien Mark Carney en janvier, le chancelier allemand Friedrich Merz… Jusqu’au ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghtchi, reçu le 6 mai. L’occasion pour Pékin de plaider en faveur d’un arrêt des combats et d’un retour à la table des négociations. Sans toutefois aller beaucoup plus loin.

Deuxième puissance économique, deuxième force militaire du globe… « Et pourtant, la Chine est absente des grandes crises internationales. Bien qu’elle ait tous les leviers pour jouer un rôle de médiatrice », souligne Marc Julienne.

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En toile de fond, une diplomatie prudente, peu aguerrie aux tempêtes internationales. Mais aussi un vieux réflexe de retenue, cette « position traditionnelle de non-interventionnisme », rappelle Marc Julienne. L’empire du Milieu avance donc à pas comptés, ménageant chacun de ses partenaires.


« La Russie dépend de la Chine »

Grâce aux Nouvelles Routes de la soie – cet immense maillage d’infrastructures reliant ports, voies ferrées et axes routiers –, la Chine a tissé des liens avec plus de 150 pays. Soit près de 80 % de la planète. Une toile diplomatique tentaculaire qui lui permet de dialoguer avec Washington comme avec Téhéran, pourtant ennemis déclarés. Et de cultiver sa proximité avec Moscou, tout en continuant d’affirmer, officiellement, son attachement aux frontières ukrainiennes de 1991.

Difficile, dans ces conditions, pour Vladimir Poutine de faire grief à Xi Jinping de cette prudence diplomatique. « La Russie aujourd’hui dépend de la Chine à tout point de vue », rappelle Marc Julienne. Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, la balance s’est encore déséquilibrée. Isolé, le Kremlin s’en remet toujours davantage à Pékin, qui absorbe 47 % de son pétrole.

Dans les coulisses de ces ballets diplomatiques, certains angles morts persistent. L’annexion du Tibet en 1950, les accusations de détentions arbitraires et de travail forcé visant les Ouïghours du Xinjiang… Lors des récentes visites, rares ont été les invités à s’y attarder. Sans doute peu enclins à heurter un partenaire économique de cette ampleur.

Seuls Donald Trump et Keir Starmer ont évoqué le cas de Jimmy Lai, patron de presse hongkongais condamné à vingt ans de prison dans des circonstances contestées.

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Pékin (Chine), le 14 mai. Venu parler affaires avec son homologue chinois, Donald Trump est accueilli par Xi Jinping, qui reçoit la visite du monde entier depuis le début de l’année.

>> Un article à retrouver en intégralité sur le site du Parisien.

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Joanna Blain

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Marc JULIENNE

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Directeur du Centre Asie de l'Ifri
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Xi Jinping et Donald Trump lors d'une rencontre bilatérale à Zhongnanhai (Pékin, Chine), le 15 mai 2026.
Daniel Torok/The White House/UPI/Shutterstock