Regards croisés sur la guerre électronique
Elément clé de la supériorité militaire, la domination informationelle par l'exploitation du champ électromagnétique est aujourd'hui remise en cause par des capacités de guerre électronique de plus en plus sophistiquées. Quatre perspectives sur cette thématique.
Quelque peu négligée depuis la fin de la guerre froide, la guerre électronique est redevenue un aspect crucial des conflits contemporains. Tirant désormais pleinement profit de la dynamique de numérisation du champ de bataille, le spectre électromagnétique est profondément modifié par la révolution des technologies de l’information, et présente à ce titre un très fort potentiel militaire. Mais ces perspectives sans précédent s’accompagnent de menaces et de besoins inédits, auxquels devront répondre de nouvelles exigences capacitaires et opérationnelles. Face à des adversaires de plus en plus performants, l’approche occidentale de la guerre électronique doit être réinventée. En particulier, la proximité croissante entre télécommunications et informatique suscite un véritable continuum cyber-électronique, dont la convergence opérationnelle pourrait être davantage exploitée. Pour préserver leur domination informationnelle, les armées occidentales doivent alors se donner les moyens de développer des systèmes de guerre électronique toujours plus innovants.
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Regards croisés sur la guerre électronique
Comment les changements de l’opinion publique ont-ils influencé ou contraint les choix de politique étrangère dans votre pays ? Le cas français
En France, la politique étrangère fait partie de ce que l’on appelle le « domaine réservé » du président de la République. Depuis qu’il est entré en fonction, Emmanuel Macron n’a – à notre connaissance – jamais reconnu une quelconque influence de l’opinion publique sur sa politique étrangère.
Faire face à l'arsenal russe hypervéloce : défis et solutions pour l'Europe.
Depuis février 2022, les frappes de missiles et de drones à longue portée russes contre l'Ukraine rappellent presque quotidiennement ce que les États européens pourraient affronter dans une guerre contre la Russie. Les mêmes systèmes d'armes qui frappent les infrastructures et les centres de population ukrainiens seraient dirigés contre des cibles militaires et civiles européennes dans toute confrontation entre la Russie et l'OTAN. À mesure que la production russe de missiles s'accélère et que son arsenal se diversifie, l'Europe doit se confronter à une question inconfortable : comment dissuader, et le cas échéant combattre, l'arsenal de frappe russe à longue portée ?
Identifier la menace terroriste avec lucidité et objectivité
Il y a 20 ans, en 2006, le gouvernement français a produit un Livre blanc sur la sécurité intérieure face au terrorisme. Un passage de ce document expliquait pourquoi la France rejetait le concept américain de « guerre globale contre le terrorisme », bien que des soldats français aient été déployés en Afghanistan dès 2001 au sein de la coalition menée par les Etats-Unis. La raison principale était juridique : qui dit guerre, dit législation d’exception. Mais elle était aussi stratégique : dans la mesure où des ressortissants de pays occidentaux rejoignent des groupes djihadistes, reconnaître un état de guerre pourrait conduire sur la pente glissante vers la guerre civile.
Convaincre pour vaincre. La France et la structuration d’une doctrine de guerre informationnelle
La guerre n’est pas seulement une affaire de force : elle se joue aussi — peut-être d’abord — dans les esprits. Ce constat ancien prend une acuité inédite à l’ère de la lutte informationnelle, avec trois confrontations récentes qui ont imposé ce domaine comme priorité stratégique : au Moyen-Orient, en Afrique et face à la Russie.