De la diplomatie financière à la géopolitique de la finance
Le système financier est devenu trop complexe pour être contrôlé par les États.
Ces derniers sont soumis au fonctionnement des marchés du fait de leurs contraintes budgétaires (besoin de financement ou excès d'épargne). Cependant, les acteurs les plus puissants - États-Unis et Chine en tête - cherchent à orienter les marchés dans un sens conforme à leurs intérêts. La lutte pour le contrôle des grandes institutions bancaires et financières s'annonce particulièrement âpre.
Plan de l’article
Permanence et mutations de la diplomatie financière
Les États, facteurs de désordre, et le rôle stabilisateur des banques centrales
Les acteurs mondiaux de la géopolitique financière : conflit ou coopération ?
Arnaud Odier, diplômé de Sciences Po et HEC, travaille pour la filiale suisse d'un grand groupe bancaire français.
Article publié dans Politique étrangère, vol. 80, n° 4, hiver 2015
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L’émancipation contrainte de la politique étrangère saoudienne
Le retrait progressif des États-Unis du Moyen-Orient a profité à l’Iran. Cette situation n’est pas acceptable pour l’Arabie Saoudite qui s’affirme comme une puissance régionale de plus en plus active. Pour freiner l’expansion iranienne, Riyad n’hésite pas à s’impliquer militairement, que ce soit en Syrie ou au Yémen. L’affrontement saoudo-iranien ne doit pas être vu comme un choc entre sunnites et chiites : la politique étrangère saoudienne ne suit pas des considérations religieuses.
L’Iran dans les crises du Moyen-Orient
La politique régionale de l’Iran vise à la fois la préservation du régime et le renforcement de la sécurité d’un pays isolé. Dans un environnement qu’elle perçoit comme dégradé, la République islamique renforce ses défenses, et met en œuvre une stratégie asymétrique jouant de divers alliés dans les crises régionales, sans référence systématique à une logique chiite. L’accord nucléaire de 2015 et la crise syrienne pourraient inciter l’Iran à briser son relatif isolement régional.
Moyen-Orient : en attendant la nouvelle administration américaine
Au-delà d’une histoire marquée par l’intervention des puissances, le Moyen-Orient est traversé aujourd’hui de conflits entrecroisant dimensions politiques, ethniques ou religieuses. Les États-Unis ne peuvent abdiquer leur leadership dans la région. La prochaine administration américaine devra donc se confronter au-delà de la question syrienne, à une multiplicité de problèmes, sans imaginer qu’ils pourraient se résoudre d’un coup, et redéfinir le réseau de ses partenariats dans la région.
Océan Indien : le rapprochement stratégique indo-australien
En 2009, l’Inde et l’Australie ont signé une déclaration conjointe de sécurité. Depuis lors, les relations stratégiques entre ces deux États se développent. New Delhi et Canberra ont intérêt à éviter qu’un ordre régional dominé par la Chine ne s’instaure et que les relations entre Pékin et Washington ne s’enveniment. La coopération indo-australienne est néanmoins contrainte par plusieurs facteurs, dont le plus important a trait à une appréciation différente de la réponse à apporter à la menace chinoise.