Crimée, retour du passé et fuite en avant
Revue des deux mondes, juin 2014, p. 63-71
L’annexion de la Crimée repose, de manière moins inattendue que brutale, la « question russe ». Cette crise peut se lire comme la première conséquence de la démilitarisation européenne et de la remilitarisation russe (1). Depuis la fin de la guerre froide, les dirigeants européens se sont militairement dévalués en voulant toucher les dividendes de la paix. À la différence de Vladimir Poutine, il semblerait qu’ils aient oublié les enseignements de Machiavel, pour qui « un prince ne peut avoir d’autre objectif, d’autre pensée que la guerre et ne doit donner d’autre objet à son art que son organisation et sa discipline » (2), d’autant que « le fondement de tout État, c’est une bonne armée » (3). Les dirigeants européens se retrouvent face à une « surprise stratégique » : une prise de guerre, sans coup férir, d’une entité territoriale à forte valeur stratégique appartenant à un pays indépendant depuis 1991 par la deuxième puissance nucléaire mondiale, membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies, et, à ce titre, garante de l’ordre international...
Lire l'article dans son intégralité en cliquant ici
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesEntre la Russie et l'Europe, entre la guerre et la paix : quels sont les enjeux des prochaines élections en Arménie ?
Les élections législatives arméniennes du 7 juin 2026 s'annoncent moins comme un scrutin de routine que comme un référendum sur la ligne politique suivie par Nikol Pashinyan depuis 2020, qui comprend la paix avec les pays voisins, une dépendance réduite vis-à-vis de la Russie et une orientation européenne plus marquée. Le parti au pouvoir, Contrat civil, reste en tête, mais sa position est fragile, car la campagne se déroule dans un contexte fortement polarisé, marqué par le traumatisme de la défaite dans la guerre contre l’Azerbaïdjan, le déplacement des Arméniens du Karabakh et l’ingérence électorale massive de la Russie.
Le miroir toxique de la Russie : comment un style politique qui a affaibli Moscou érode aujourd'hui la puissance américaine
Trois décennies après la fin de la guerre froide, certains traits d’un style politique longtemps associé au système autoritaire russe (mépris de l’État de droit, vision conspirationniste du monde, personnalisation du pouvoir et instrumentalisation de la vérité) deviennent de plus en plus visibles au sein des démocraties occidentales, et tout particulièrement aux États-Unis. En Russie, ce style n’a pas renforcé la puissance de l’État ; il a au contraire réduit ses marges de manœuvre stratégiques et contribué à son affaiblissement sur le long terme.
La Russie, les Palestiniens et Gaza : ajustements après le 7 octobre
L'Union soviétique (URSS), puis la Fédération de Russie en tant que successeur légal internationalement reconnu, ont toujours cherché à jouer un rôle visible dans les efforts visant à résoudre le conflit israélo-palestinien.
La « Deathonomics » russe : coûts sociaux, politiques et économiques de la guerre en Ukraine
La présente Note analyse l’apparition d’un phénomène nouveau pour la société russe, désigné sous le terme d’« économie de la mort » (Deathonomics). Il s’agit de la formation, au cours des années de guerre en Ukraine, d’une force mercenaire venue compléter les systèmes soviétique (la conscription) et russe (l’armée professionnelle) au sein des forces armées. Vers la fin de l’année 2023, ce phénomène a conduit à faire du service militaire l’un des domaines d’activité les mieux rémunérés, ce qui n’avait pas été observé en Russie à une telle échelle depuis la fin du XVIIe siècle.