Proche-Orient
Analyse des facteurs de crise au Proche-Orient, transformé par la guerre en Syrie et la persistance du conflit israélo-arabe, et où les enjeux de souveraineté et de frontières compliquent les problématiques humanitaires.
La fabrique de la politique trumpienne au Moyen-Orient
Donald Trump est de retour, et sa politique étrangère pour le Moyen-Orient est tout sauf conventionnelle. Dans cet épisode de rentrée du podcast "Le monde selon l'Ifri", Marc Hecker, directeur exécutif de l'Ifri, accueille Rym Momtaz, chercheuse à la Carnegie Endowment for International Peace, pour une analyse des paradoxes de la nouvelle administration Trump, entre isolationnisme assumé et opportunités diplomatiques inattendues.
Gaza, Cisjordanie : quel avenir pour le projet national palestinien ?
Une réponse de Benyamin Netanyahou à la proposition de trêve du Hamas est attendue dans les prochains jours, une semaine après l’annonce de la “prise de contrôle” de la ville de Gaza et de l’extension massive des colonies en Cisjordanie.
Contrôle de Gaza, colonies en Cisjordanie : y a-t-il encore la place pour un État palestinien ?
Emmanuel Macron avait annoncé en juillet que la France allait officiellement reconnaître la Palestine en tant qu'État. Cette démarche est attendue pour la 80e assemblée générale des Nations unies, et devrait emmener dans son sillage le Royaume-Uni, le Portugal, l'Australie et le Canada. Mais ce symbole est-il destiné à rester un vœu pieux ?
Pourquoi Benjamin Netanyahu s’acharne-t-il sur Gaza ?
Outre la libération des otages et la destruction du Hamas, le premier ministre israélien souhaite désormais contrôler totalement la bande de Gaza. Pourquoi tient-il tant à cette portion de territoire ? L’analyse d’Amélie Férey, responsable du Laboratoire de recherche sur la défense à l’Institut français des relations internationales.
« La décision de “ prendre le contrôle ” de la bande de Gaza éclaire la cohérence idéologique du premier ministre israélien »
Souvent présenté comme mû par la seule volonté de se maintenir au pouvoir, Benyamin Nétanyahou porte en réalité un programme politique structuré : la destruction du projet national palestinien au profit d’un « Grand Israël », analyse la chercheuse en relations internationales Amélie Férey dans une tribune au « Monde ».
Reconnaissance de l'Etat de Palestine : à quoi va servir la conférence à l'ONU présidée par la France et l'Arabie saoudite
Ce rendez-vous entend redonner du poids à la solution à deux Etats, avant un sommet à plus haut niveau en septembre. Israël et les Etats-Unis ont rejeté l'initiative et ne seront pas représentés.
Le monde à l'ère des affrontements. Entretien inédit avec Thierry de Montbrial
Guerre en Ukraine, conflits ravivés au Moyen-Orient, affrontement sino-américain, ces dernières années semblent marquer la fin d'une époque et consacrer une nouvelle ère, celle des affrontements. Comment en est-on arrivé là ? Pour tenter de mieux comprendre ce qui se passe actuellement sous nos yeux, rencontre inédite avec l'un des plus éminents spécialistes des relations internationales, Thierry de Montbrial.
Les violences dans la région druze de Soueida déstabilisent-t-elles le régime Syrien ?
La province de Sweida, dans le sud de la Syrie, est en proie depuis le 13 juillet aux affrontements entre la communauté druze et des factions de bédouins extrémistes. Israël s’érige en protecteur de la minorité druze, en intensifiant la pression sur Damas et sa présence dans le plateau du Golan.
Syrie : une victoire israélienne ?
En Syrie, les Druzes ont récupéré la gestion de la sécurité à Soueïda, la ville où les violences ont fait des centaines de morts depuis dimanche. Dernier épisode d'un cycle de violence qui dure depuis dimanche dernier. En cinq jours, plus de 500 personnes ont été tuées dans les affrontements.
Affrontements en Syrie : la neutralité druze mise à l'épreuve
Des combats entre druzes et groupes armés échappant à l’autorité de Damas ont fait des dizaines de morts dans la région de Soueïda. Cela fragilise la position des druzes qui continuent de clamer leur attachement à l’unité syrienne.
«En Syrie, Poutine n'est pas le seul à décider»
Le Président russe doit compter avec l’Iran, la Turquie et Bachar el-Assad, qu’il ne contrôle pas toujours. Analyse, dans ce «talk stratégique», de Tatiana Kastouéva-Jean, spécialiste de la Russie à l'Institut français des relations internationales.
Erdogan appelle les musulmans à reconnaître Jérusalem-est comme capitale de la Palestine
Lors du sommet extraordinaire de l'Organisation de la Coopération islamique (OCI), à Istanbul, le président turc Recep Tayyip Erdogan a appelé à reconnaitre Jérusalem-est comme capitale de la Palestine.
Égypte : les conséquences sociales et politiques d’une économie très dégradée.
On parle à juste titre de la politique intérieure égyptienne, on ne traite pas assez des conséquences de la politique du « tout-répression » contre les Frères musulmans (qui réserve sans doute des surprises dans les prochaines années), on n’évoque guère l’état de l’économie.
“En presque six ans de guerre en Syrie, la Russie a toujours soufflé le chaud et le froid”
Après six veto, Moscou a voté lundi 19 décembre la résolution du Conseil de sécurité permettant l’envoi d’observateurs à Alep. Les “surprises” font partie de la stratégie russe, explique Julien Nocetti, chercheur au Centre Russie/NEI de l'Ifri.
Alep : Pourquoi la Russie a finalement accepté la résolution de l’ONU ?
Un non ferme, qui s’est finalement transformé en oui. La Russie, qui soutient le régime du président syrien Bachar al-Assad, a finalement voté la résolution de l’ONU ce lundi, visant à déployer des observateurs onusiens à Alep pour y superviser les évacuations et évaluer la situation des civils. Elle avait annoncé dans un premier temps son intention d’y opposer son véto. 20 minutes analyse ce revirement.La Russie avait menacé d’y opposer son veto. « Nous ne pouvons laisser voter ce texte car c’est un désastre », a ainsi déclaré, dimanche, Vitali Tchourkine, l’ambassadeur russe à l’Onu. Il a estimé le plan français « impraticable et dangereux ». « Nous n’avons pas en soi de problème avec quelque sorte de supervision que ce soit », a-t-il déclaré. « Mais l’idée qu’on devrait leur demander [aux observateurs] de parcourir les ruines d’Alep-est sans préparation adéquate et sans informer quiconque de ce qui est en train de se passer équivaudrait à une catastrophe », a-t-il estimé.
Syrie : "Il y a à la fois une victoire et un affaiblissement de Bachar el-Assad"
Le régime de Bachar el-Assad est sur le point de reprendre la ville d'Alep, quelles en seront les conséquences ? Pour analyser la situation, Denis Bauchard, conseiller pour le Moyen-Orient à l'Ifri était invité de l'émission "On va plus loin", présentée par Sonia Mabrouk sur Public Sénat.
Certains candidats veulent se rapprocher de Vladimir Poutine et de Bachar Al-Assad
Israël-Palestine : une conférence inutile ?
Ce vendredi s'ouvre à Paris, à l'initiative de la diplomatie française, une Conférence Internationale visant à relancer le processus de paix entre Israël et la Palestine. L'Amérique de Barack Obama avait jeté l'éponge. La France de François Hollande (il s'agit plutôt d'une démarche pensée et voulue par Laurent Fabius lorsqu'il était en charge du Quai d'Orsay) reprend le flambeau et relève le défi. L'analyse de Dominique MOISI, conseiller spécial à l'ifri, parue dans Ouest-France.
« La Russie est en train de se livrer à une démonstration de force globale »
Thomas Gomart (Directeur de l’Institut Français des Relations Internationales (IFRI).) Historien et spécialiste de la Russie, Thomas Gomart vient de publier un rapport pour l’Institut de l’Entreprise sur « Le retour du risque géopolitique : le triangle stratégique Russie, Chine, Etats-Unis ».
Que cherche à démontrer la Russie en Syrie ?
La Russie cherche à transformer le plus rapidement possible son intervention militaire en bénéfice diplomatique. Elle est intervenue depuis le mois de septembre, créant un effet de surprise, et modifie le rapport de force sur le terrain en remettant en selle le régime alaouite. Elle a réussi à relancer un processus diplomatique à Vienne à l’automne pour le Moyen-Orient et voudra reproduire cela dans les relations euro-atlantiques. Du point de vue russe, Syrie et Ukraine sont correllés de manière très étroite. Dans les deux cas, il s’agit d’un recours à la guerre limitée pour façonner l’ordre international. La diplomatie russe veut montrer que les Occidentaux se sont trompés.
Tous les moyens sont bons ?
A Paris, après les attentats du 13 novembre, on a pensé pouvoir s’entendre avec les Russes. Le problème est que la Russie est en train de se livrer à une démonstration de force globale qui s’observe en Syrie, en Ukraine, mais aussi dans le déploiement de forces navales et aériennes pour tester la solidité de l’Otan. La Russie veut exploiter le vide produit par le retrait américain d’Europe et du Moyen-Orient. Elle accentue le désarroi européen en soutenant des partis anti-establishment, comme le Front National en France, ou en renforçant les flux migratoires avec ses interventions. Un phénomène dont elle se sent elle-même victime, car elle a accueilli un million de personnes après les événements en Ukraine. Les Russes sont contre le multiculturalisme. Il pensent plus en termes de coexistence de civilisations qu’en termes de métissage.
La montée des tensions entre Ankara et Moscou devient très dangereuse ?
La situation est explosive entre la Russie et la Turquie et par voie de conséquence entre la Russie et l’Otan. La cohésion de l’Otan peut être en effet plus facilement testée avec la Turquie qu’avec les pays Baltes. Les leaderships d’Erdogan et de Poutine sont comparables et les deux régimes ont aussi leurs similitudes en termes d’organisation civilo-militaire. La Russie pointe les contradictions fondamentales de la Turquie, c’est à dire l’ambivalence du soutien d’Erdogan aux Frères musulmans comme le fait qu’il combat les Kurdes avant de combattre l’Etat Islamique. Les Russes sentent l’embarras très fort des capitales européennes et américaine vis-à-vis d'Erdogan.
Risque-t-on un conflit beaucoup plus étendu ?
L’histoire montre que les logiques d’alliances peuvent être un facteur déclenchant. C’est une situation très dangereuse. Nous sommes dans une fin de mandat américain, avec des leaders européens très en retrait, dont Angela Merkel affaiblie par la question des réfugiés. La crise en Syrie a permis à Moscou de se remettre dans un dialogue direct avec Washington, ce qui est l’obsession de Vladimir Poutine. La question est de faire redescendre la tension.
Dimitri Medvedev a reparlé de guerre froide. Est-ce approprié ?
La Russie renoue avec un travail d’influence et de propagande très systématique, qui est couplé à sa démonstration de force. Elle veut forger sa propre narration sur les affaires internationales. Ce n’est pas une nouvelle guerre froide dans le sens où il y a une volonté russe de s’intégrer dans l’économie mondiale et que la capacité d’entraînement de la Russie sur un bloc reste faible. Mais il y a des éléments de confrontation idéologique avec, par exemple, le rapprochement avec la Chine sur le concept de capitalisme d’Etat. Il y a une volonté d’accélérer la « désoccidentalisation » du monde. L’utilisation de cette formule par Medvedev traduit le durcissement idéologique de Moscou. Poutine fait le choix de la guerre limitée, quand son économie est en pleine récession. C’est un choix très russe de donner plus d’importance à sa dépense militaire que ne l’autorise son potentiel économique. L’empreinte de la Russie n’a cessé de se rétrécir sur la scène internationale depuis 40 ans, et c’est sans doute pourquoi elle est si démonstrative.
Virginie Robert
"Cessation des hostilités" en Syrie : espoir ou leurre?
La "cessation des hostilités" en Syrie sur laquelle sont tombés d'accord les Etats-Unis et la Russie cette nuit est-elle crédible ? Thomas Gomart, directeur de l'Ifri, estime qu'avec l'accord entre les États-Unis et la Russie concernant la Syrie, "la Russie parvient indiscutablement à ses buts et arrive à obtenir quelque chose en termes diplomatiques"... "Le conflit est polymorphe. Ce que permet la Syrie à la Russie, c'est de rétablir une relation presque spéciale avec Washington, alors même qu'elle a été isolée après l'annexion de la Crimée" poursuit Thomas Gomart. "On est à un moment très particulier où la Russie fait preuve d'une démonstration de force, non seulement en Syrie mais au delà"...
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