Cybersécurité : extension du domaine de la lutte
Politique étrangère, vol. 83, n° 2, été 2018
Le cyber est sans conteste devenu un élément géopolitique, en ce qu’il façonne, à sa manière, les rapports entre acteurs du jeu international – le dossier proposé par ce numéro de Politique étrangère le rappelle.
Mais en même temps qu’il les façonne il les subvertit, en ouvrant de nouveaux champs d’action à de multiples acteurs. Tenter de maîtriser ce nouvel espace stratégique, c’est s’interroger sur la grande diversité des pratiques cyber pouvant mettre en cause notre sécurité, sur l’ensemble des acteurs susceptibles d’y recourir – États, entreprises, groupes mafieux, individus… –, sur les réponses à mettre en œuvre, et sur les régulations internationales possibles. Le tout pour un enjeu essentiel : la sauvegarde de nos libertés individuelles, et de nos souverainetés économiques et politiques.
Au-delà de ce nouveau champ cyber, Politique étrangère s’arrête sur quelques logiques actuelles de recomposition de la puissance. Les pays d’Europe centrale tentent-ils désormais de se définir une place particulière, commune, dans l’Union européenne ? À Washington, les nominations de Mike Pompeo et John Bolton marquent-elles une inflexion « brutaliste » de la diplomatie trumpienne ?
Quant à l’Inde, elle est trop souvent marginalisée dans nos fresques géopolitiques. Son poids démographique, sa dynamique économique, ses choix diplomatiques lui garantissent-ils un poids décisif dans un futur proche ? Ou ses problèmes internes, ses disputes de voisinage brideront-ils durablement son envol de puissance ?
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DOSSIER. CYBERSÉCURITÉ, EXTENSION DU DOMAINE DE LA LUTTE
Introduction, par Julien Nocetti
Géopolitique de la cyber-conflictualité, par Julien Nocetti (lire l'article)
Cyber : les enjeux pour la défense et la sécurité des Français, par Louis Gautier
Droit international et prolifération des cyberarmes, par Aude Gery
Protection des données personnelles et cyber(in)sécurité, par Marilia Maciel-Hibbard
CONTRECHAMPS
INDE, UNE RÉSISTIBLE ASCENSION
L’Inde peut-elle devenir une grande puissance ?, par Nicolas Blarel
L’Inde de Modi : un « développement pour tous » écorné, par Isabelle Saint-Mézard
ACTUALITÉS
America First au pouvoir, par Benjamin Haddad
Europe centrale : l’Initiative des Trois mers, par Dorota Richard
Piraterie et insurrections dans le golfe de Guinée, par Léon Koungou
REPÈRES
L’Union européenne et la lutte contre le terrorisme, par Séverine Wernert (lire l'article)
Les États-Unis et l’Arctique : de l’hibernation à l’engagement, par Christelle Calmels
États-Unis : de nouvelles options nucléaires ?, par Benjamin Hautecouverture
LIBRES PROPOS
Chine : l’énergie, un enjeu stratégique, par Michel Gueldry
LECTURES
L’histoire secrète du djihad. D’Al-Qaïda à l’État islamique, de Lemine Ould M. Salem
L’État islamique de Mossoul. Histoire d’une entreprise totalitaire, d’Hélène Sallon
« Le combat vous a été prescrit ». Une histoire du jihad en France, de Romain Caillet et Pierre Puchot
Par Laurence Bindner
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Cybersécurité : extension du domaine de la lutte
Comment les changements de l’opinion publique ont-ils influencé ou contraint les choix de politique étrangère dans votre pays ? Le cas français
En France, la politique étrangère fait partie de ce que l’on appelle le « domaine réservé » du président de la République. Depuis qu’il est entré en fonction, Emmanuel Macron n’a – à notre connaissance – jamais reconnu une quelconque influence de l’opinion publique sur sa politique étrangère.
Faire face à l'arsenal russe hypervéloce : défis et solutions pour l'Europe.
Depuis février 2022, les frappes de missiles et de drones à longue portée russes contre l'Ukraine rappellent presque quotidiennement ce que les États européens pourraient affronter dans une guerre contre la Russie. Les mêmes systèmes d'armes qui frappent les infrastructures et les centres de population ukrainiens seraient dirigés contre des cibles militaires et civiles européennes dans toute confrontation entre la Russie et l'OTAN. À mesure que la production russe de missiles s'accélère et que son arsenal se diversifie, l'Europe doit se confronter à une question inconfortable : comment dissuader, et le cas échéant combattre, l'arsenal de frappe russe à longue portée ?
Identifier la menace terroriste avec lucidité et objectivité
Il y a 20 ans, en 2006, le gouvernement français a produit un Livre blanc sur la sécurité intérieure face au terrorisme. Un passage de ce document expliquait pourquoi la France rejetait le concept américain de « guerre globale contre le terrorisme », bien que des soldats français aient été déployés en Afghanistan dès 2001 au sein de la coalition menée par les Etats-Unis. La raison principale était juridique : qui dit guerre, dit législation d’exception. Mais elle était aussi stratégique : dans la mesure où des ressortissants de pays occidentaux rejoignent des groupes djihadistes, reconnaître un état de guerre pourrait conduire sur la pente glissante vers la guerre civile.
Convaincre pour vaincre. La France et la structuration d’une doctrine de guerre informationnelle
La guerre n’est pas seulement une affaire de force : elle se joue aussi — peut-être d’abord — dans les esprits. Ce constat ancien prend une acuité inédite à l’ère de la lutte informationnelle, avec trois confrontations récentes qui ont imposé ce domaine comme priorité stratégique : au Moyen-Orient, en Afrique et face à la Russie.