Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

L’Inde de Modi : un « développement pour tous » écorné

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, vol. 83, n° 2, été 2018
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 2 2018
Accroche

Le BJP de Narendra Modi dispose depuis 2014 d’une majorité inédite. Son gouvernement a nettement valorisé le marché indien à l’échelle internationale. Mais le regain d’investissements étrangers ne s’est pas vraiment traduit en taux de croissance ou en création d’emplois. Et la large base électorale du BJP pourrait souffrir du soutien du gouvernement aux extrémistes hindous, et d’un développement de la violence intercommunautaire, largement antimusulmane, qui divisent le corps social.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Table des matières
Table des matières
body

Au printemps 2014, l’Inde est entrée dans une phase nouvelle de son histoire politique, avec la victoire à la majorité absolue (335 sièges sur 543) de la coalition NDA (National Democratic Alliance) conduite par le parti de la droite nationaliste hindoue BJP (Bharatiya Janata Party – Parti du peuple indien).


Le BJP a certes déjà été au pouvoir de 1998 à 2004. Mais d’une part, il ne l’a jamais été dans une telle position de force – le parti détient à lui seul 282 sièges à la Chambre basse – ; et d’autre part, l’homme qui est devenu Premier ministre, Narendra Modi, se caractérise par des méthodes bien moins conciliantes que celles de son prédécesseur Atal Behari Vajpayee. En l’occurrence, Modi a gardé comme Premier ministre les traits qu’on lui connaissait comme chef du gouvernement du Gujarat (2001-2014). Homme d’action, enclin à la prise de risque, il se montre fermé au débat et volontiers autoritaire au nom du principe d’efficacité. Charismatique, il use à l’envi de son incomparable talent de communication auprès des masses indiennes, mais sans échapper aux écueils du populisme, de la centralisation du pouvoir, et du culte de la personnalité.


Surtout, Narendra Modi porte deux projets dont les finalités semblent a priori contradictoires. Le premier, de nature technocratique et économique, relève d’une dynamique d’inclusion par ses promesses de « bonne gouvernance » et de « développement pour tous » – slogans qui ont tant séduit l’électorat indien de 2014. L’autre, foncièrement idéologique, procède d’une logique d’exclusion, et ostracise les communautés qui ne se conforment pas entièrement au système de valeurs promu par la mouvance du nationalisme hindou. Quatre ans de gouvernement Modi permettent d’y voir plus clair, et de dresser un premier bilan, présenté ici en deux tendances de fond. Il apparaît ainsi que, par son énergie et sa détermination, le Premier ministre est parvenu à rehausser l’intérêt des acteurs économiques internationaux pour le marché indien ; mais sur le plan intérieur, les résultats de sa politique économique s’avèrent assez décevants. Par ailleurs, le BJP est certes devenu une formidable machine électorale ; mais sa capacité à promouvoir le rassemblement et le développement pour tous ne résiste pas à son fonds idéologique, extrémiste et intolérant à l’égard de la diversité socioculturelle indienne.


PLAN

  • Une politique séduisante pour les investisseurs étrangers, décevante pour les Indiens
     - Une valorisation réussie du marché indien à l’international
     - « Les jours meilleurs » ne sont pas vraiment là
  • Le BJP domine la scène politique mais divise le corps social
     - Un rouleau compresseur électoral
     - Des fissures dans la base électorale élargie de 2014
     - Une inquiétante marginalisation des minorités confessionnelles


Isabelle Saint-Mézard est maître de conférence en géopolitique de l’Asie à l’Institut français de géopolitique (IFG) de l’université de Vincennes à Saint-Denis. Elle est chercheur associé au Centre Asie de l’Ifri.

Decoration

Contenu disponible en :

Thématiques et régions

Thématiques analyses
Régions

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

L’Inde de Modi : un « développement pour tous » écorné

Decoration
Auteur(s)
Photo
ism.jpg

Isabelle SAINT-MEZARD

Intitulé du poste

Chercheuse associée au Centre Asie de l'Ifri

Image principale

Les politiques européennes et le futur de l’euro

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

Les causes de la crise économique et financière qui a touché la zone euro en 2008-2009 ont été mal analysées. En conséquence, les remèdes adoptés se sont révélés contre-productifs. Les déficits publics se sont creusés et les divergences entre pays du sud et du nord de l’Europe se sont accentuées. Pour relancer la croissance de manière durable dans l’Union européenne, une plus grande solidarité entre États membres s’impose et une stratégie d’investissements publics doit être élaborée.

Paolo GUERRIERI
Image principale

L’ASEAN, les réfugiés birmans et les droits de l’homme

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

L’ASEAN a adopté en 2007 une charte en faveur de l’état de droit et des droits de l’homme. On s’interroge sur les suites concrètes de cet engagement, et sur ses raisons mêmes. Il semble que l’attitude de l’État birman vis-à-vis de ses minorités, générant d’importants flux de réfugiés, ait posé problème à plusieurs membres de l’ASEAN, tant en termes économiques qu’en termes d’image. La charte de 2007 constitue néanmoins une base d’action importante, en particulier pour les sociétés civiles.

Anja JETSCHKE
Image principale

La « centralité » de l’ASEAN : concept et mise en œuvre

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

Le concept de « centralité » de l’ASEAN a émergé il y a une dizaine d’années, alors que l’organisation semblait menacée par des projets concurrents. Différentes mesures ont été prises pour renforcer la solidité de l’Association mais sa pérennité n’est pas pour autant garantie. Elle souffre notamment d’un désintérêt des populations locales et d’un sous-financement chronique. Un nouveau traité de coopération politique permettrait de donner un second souffle à l’ASEAN.

Termsak CHALERMPALANUPAP
Image principale

L’ASEAN en quête d’une identité régionale

Date de publication
21 juin 2017
Accroche

L’ASEAN réunit des États et des populations disparates. Cette diversité rend l’émergence d’une identité commune difficile. La difficulté est d’autant plus grande que l’ASEAN est souvent perçue comme une structure élitiste, dont les activités ne profitent guère aux classes moyennes et inférieures. Toutefois, les dirigeants de la région sont conscients de ces problèmes et souhaitent y remédier par des actions concrètes. Ces actions semblent produire des résultats, en particulier auprès des jeunes.

Yann ROCHE

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 2 2018
Isabelle SAINT-MEZARD, « L’Inde de Modi : un « développement pour tous » écorné », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2018.
Copier
Image de couverture de la publication
Page couverture PE n° 2 2018

L’Inde de Modi : un « développement pour tous » écorné