La Russie, une puissance faible ? / Climat : avant la Conférence de Paris
Comprendre la Russie d’aujourd’hui, c’est savoir qu’elle se définit d’abord dans l’action extérieure – ce qui peut être dangereux. Qu’elle a les moyens d’agir – énergie, armes… –, mais que ces moyens sont limités. Qu’elle connaît des difficultés économiques bien antérieures aux sanctions, que le régime se refuse à traiter… économiquement. Et que le raidissement du régime poutinien ne saurait garantir sa propre durée.
C’est autour de ces éléments de réflexion que s’organise le dossier de ce numéro de Politique étrangère, éléments fondamentaux pour identifier la nature même d’une Russie qui n’est ni le grand méchant loup, ni la douloureuse incomprise qu’on nous décrit ici ou là.
Ce même numéro s’interroge sur les chances de succès de la prochaine COP 21. Pourra-t-elle éviter de donner enfin son prix au carbone ? Et les pays du nord reconnaîtront-ils enfin leur responsabilité historique dans les émissions de gaz à effet de serre ? À ces seules conditions un accord général deviendrait possible, qui pourrait garantir le développement des pays du sud.
Cette livraison de Politique étrangère s’attache également aux multiples abcès d’un Sud en feu : Syrie, Irak, Soudan du Sud, Nigéria – toutes géographies où c’est l’idée même d’État, au sens de la pensée occidentale, qui semble remise en cause.
DOSSIER La Russie, une puissance faible ?
La Russie, une puissance révisionniste ? par Fiodor Loukianov
Russie : de la « grande stratégie » à la « guerre limitée » par Thomas Gomart
La logique non économique de Vladimir Poutine par Ioulia Joutchkova et Vladislav Inozemtsev
Le système Poutine : bâti pour durer ? par Tatiana Kastouéva-Jean
CONTRECHAMPS Climat : avant la Conférence de Paris
Climat : l’injustice faite au Sud par Sunita Narain (lire l'article)
COP21 : quelles chances de succès ? par Christian de Perthuis et Raphaël Trotignon
ACTUALITÉS
Les enjeux du chaos libyen par Archibald Gallet (lire l'article)
Israël-Hezbollah : la nouvelle équation stratégique par Jean-Loup Samaan
Défaire Daech : une guerre tant financière que militaire par Myriam Benraad
Soudan du Sud : de l’État en faillite à l’État chaotique par Marc-André Lagrange
Boko Haram, une exception dans la mouvance djihadiste ? par Marc-Antoine Pérouse de Montclos
REPÈRES
Le concept de risque pays par Norbert Gaillard
Terrorisme et contre-radicalisation : le modèle danois par Lars Erslev Andersen
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La Russie, une puissance faible ? / Climat : avant la Conférence de Paris
L’Office of Net Assessment : plongée au cœur du think tank du Pentagone
La prospective de défense américaine s’est développée depuis plus de quarante ans autour d’une structure originale : l’Office of Net Assessment (ONA). Ce bureau, dirigé jusqu’en 2015 par Andrew Marshall, n’a compté depuis sa création qu’une centaine de collaborateurs directs. Il a toutefois contribué à alimenter tout un écosystème de recherche stratégique. Ses analyses, fondées sur la méthode pluridisciplinaire du Net Assessment, ont eu un impact important, parfois bien au-delà des États-Unis.
Arctique : le passage du Nord-Ouest sous tension
Avec la fonte de la banquise arctique s’est développé un discours médiatique et scientifique sur l’intérêt stratégique du passage du Nord-Ouest. La question du statut des eaux du passage du Nord-Ouest pose celle de l’inclusion ou non de ce détroit dans l’espace maritime souverain du Canada. Les relations entre États demeurent cordiales sur le sujet, et il n’y a pas de litige fort entre le Canada et d’autres pays à propos de la souveraineté sur cette route arctique.
Négociations climatiques et commerciales : itinéraires croisés
Depuis quelques années, les négociations multilatérales en matière commerciale et climatique connaissent des trajectoires différentes. Alors que la COP21 est vue comme un succès historique, les avancées dans le domaine commercial sont moins spectaculaires. Au-delà des enjeux respectifs – qui paraissent plus importants et urgents dans le domaine climatique –, des différences intéressantes peuvent être notées au sujet des modes de négociation ou du degré de contrainte pesant sur les parties.
L’Euro-Asie selon Pékin
Projet géographique à portée économique, et porteur de lourdes conséquences politiques, la stratégie chinoise des Nouvelles routes de la soie vise une connectivité généralisée dans l’espace eurasiatique. Cherchant à désenclaver une partie du territoire chinois, elle entend doubler la mondialisation maritime d’un développement des circulations terrestres. Russes et Européens sont, entre autres, concernés par les effets de cette stratégie, déjà concrétisée par de multiples décisions.