Génocide arménien : retour sur un centenaire
Politique étrangère, vol. 80, n° 3, automne 2015
Le centenaire du génocide arménien ne restera pas dans l’histoire comme un moment fort des relations arméno-turques.
Les deux pays campent sur leurs positions. L’Arménie cherche à étendre la liste des pays reconnaissant le génocide. Elle enregistre des succès notables – comme l’illustrent les déclarations du pape – mais se heurte par ailleurs à de fortes résistances. De son côté, la position négationniste de la Turquie n’évolue guère. Les diasporas pourraient permettre de faire bouger les lignes.
Michel Marian, ancien élève de l’École normale supérieure et de l’École nationale d’administration, agrégé de philosophie, enseigne à Sciences Po Paris. Il a notamment publié Le génocide arménien. De la mémoire outragée à la mémoire partagée (Paris, Albin Michel, 2015).
Article publié dans Politique étrangère, vol. 80, n° 3, automne 2015
Plan de l’article
Une confrontation modérée aux résultats en demi-teinte
Une mémoire du génocide reconfigurée
Une consolidation de la position de l’Arménie
Deux voies possibles pour un nouveau chapitre du dossier du génocide
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Le Pakistan et le conflit israélo-palestinien : l’évolution de l’approche pakistanaise après la guerre à Gaza
Le Pakistan a longtemps concilié un soutien affiché aux Palestiniens et des contacts discrets avec Israël. Depuis la guerre à Gaza, cet équilibre devient impossible à tenir : l’opinion fait bloc contre Israël, l’adhésion au Board of Peace de Trump suscite une rare critique transpartisane et les nouveaux alignements régionaux éloignent toute normalisation.
Demain l’Iran, l'avenir d'une nation
Spécialiste de l’Iran, Clément Therme nous plonge au coeur de cette mécanique de pouvoir. Dans cette enquête exceptionnelle, il révèle les ressorts d’un régime qui fabrique le chaos autant qu’il le subit et fait de la tension extérieure la condition de sa survie intérieure. Jusqu’à quand ? Et surtout, qu’adviendra-t-il après ?
L’Iran face à la recomposition de son environnement régional. Entre survie du régime et isolement stratégique
La guerre de quarante jours déclenchée le 28 février 2026 par l’offensive israélo-américaine contre l’Iran a ouvert une nouvelle phase dans l’histoire des relations entre la République islamique et ses voisins. Si le régime a démontré une capacité de résilience face à une campagne militaire d’une ampleur inédite depuis la guerre Iran-Irak (1980-1988), sa survie ne doit pas être confondue avec une victoire stratégique. Comme le révèle la séquence actuelle, la République islamique conserve une capacité de nuisance importante mais voit simultanément se réduire ses réseaux d’influence au Moyen-Orient, ses coopérations économiques dans la zone et les acquis diplomatiques de l’accord de mars 2023, conclu avec l’Arabie saoudite, sous l’égide de la Chine.
La politique allemande envers Israël : dépassée depuis le 7 Octobre
Peu de pays ont été aussi profondément affectés par les attaques du 7 octobre et la guerre à Gaza qui a suivi que l’Allemagne. Il ne s’agit pas simplement d’une controverse politique. Cela reflète un problème structurel plus profond : la politique allemande envers Israël repose depuis longtemps sur deux principes directeurs, une responsabilité historique particulière à l’égard d’Israël, héritée de l’Holocauste, et un engagement ferme en faveur de normes universalistes, avant tout le droit international et les droits de l’homme.