Les résonances du conflit israélo-palestinien en France : de l'exportation de la violence physique à l'importation de la violence symbolique ?
RésuméAu moment de la deuxième Intifada, la montée des tensions en France, marquée notamment par une hausse des actes antisémites, a encouragé certains commentateurs à analyser la situation en termes d' " importation du conflit israélo-palestinien ". Si cette expression est contestable - le niveau de violence, en France, est incomparable à celui du Proche-Orient -, il n'en reste pas moins que les résonances du conflit israélo-palestinien se font effectivement sentir sur le territoire national. Constater que cette guerre lointaine a des répercussions en France n'est pas, en soi, une nouveauté. Les groupes armés palestiniens optèrent pour une stratégie d'exportation du conflit dès la fin des années 1960 qui se traduisit par plusieurs attaques sur le sol français. De leur côté, les Israéliens menèrent des opérations ciblées sur le territoire national, à l'instar de l'assassinat de Mahmoud Hamchari en 1972. Les modalités de résonance semblent néanmoins avoir changé. Les tensions actuelles ne résultent pas de l'intrusion en France de combattants étrangers mais de la confrontation d'acteurs français ou établis de longue date sur le territoire national. En outre, ces tensions n'ont pas, à de rares exceptions près, franchi le cap de la violence symbolique ou de la violence physique de très basse intensité. En d'autres termes, on serait passé d'une configuration d'exportation de la violence physique à une forme d'importation de la violence symbolique. La difficulté est de savoir si cette violence symbolique ne risque pas, à son tour, de se transformer en violence physique.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Centres et programmes liés
Découvrez nos autres centres et programmes de rechercheEn savoir plus
Découvrir toutes nos analysesLa Bundeswehr : du changement d’époque (Zeitenwende) à la rupture historique (Epochenbruch)
La Zeitenwende (« changement d’époque ») annoncée par Olaf Scholz le 27 février 2022 passe à la vitesse supérieure. Soutenues financièrement par la réforme constitutionnelle du « frein à la dette » de mars 2025 et cautionnées par un large consensus politique et sociétal en faveur du renforcement et de la modernisation de la Bundeswehr, les capacités militaires de l’Allemagne devraient augmenter rapidement au cours des prochaines années. Appelée à jouer un rôle central dans la défense du continent européen sur fond de relations transatlantiques en plein bouleversement, la position allemande en matière politique et militaire traverse une profonde mutation.
Financer le réarmement de l’Europe FED, EDIP, SAFE : les instruments budgétaires de l’Union européenne
Lors d’un séminaire de travail organisé début novembre 2025 à Bruxelles et rassemblant des agents de l’Union européenne (UE) et des représentants civilo-militaires des États membres, un diplomate expérimenté prend la parole : « Honestly, I am lost with all these acronyms » ; une autre complète : « The European Union machine is even complex for those who follow it. »
Cartographier la guerre TechMil. Huit leçons tirées du champ de bataille ukrainien
Ce rapport retrace l'évolution des technologies clés qui ont émergé ou se sont développées au cours des quatre dernières années de la guerre en Ukraine. Son objectif est d'analyser les enseignements que l'OTAN pourrait en tirer pour renforcer ses capacités défensives et se préparer à une guerre moderne, de grande envergure et de nature conventionnelle.
L'Europe face au tournant de la DefTech. Repenser l'écosystème européen d'innovation de défense
« La façon dont je vois Iron Dome, c’est l’expression ultime de ce que sera le rôle des États-Unis dans les conflits futurs : non pas être les gendarmes du monde, mais en être l’armurerie », estimait en novembre 2023 Palmer Luckey, le fondateur d’Anduril, l’une des entreprises les plus en vue de la DefTech. L’ambition est claire : participer au réarmement mondial en capitalisant sur la qualité des innovations américaines et dominer le marché de l’armement, au moins occidental, par la maîtrise technologique.