L'Indochine en 1945
D'une décantation historique des faits accomplis, il ne saurait encore être question pour l'Indochine. On y meurt toujours ; des Français, et parfois cruellement ; des Annamites, et souvent très bravement. Âpre conflit où il serait outrecuidant de s'ériger, de sa personne, entre deux peuples pour distribuer l'éloge et le blâme.
Ne soyez pas surpris si ce ne sont pas des jugements que vous trouvez ici, mais, comme le dit mon titre, quelques souvenirs et une opinion. Si certains détails peuvent être repris dans un mouvement de passion, ne suivez pas ce mouvement. Nous n'atteignons pas encore à l'impartialité de l'histoire. Efforçons-nous cependant de nous y préparer. Peut-être y serai-je aidé par le fait qu'ayant vécu ma vie presque entière dans ces régions placées sur l'autre versant du monde, et où j'ai mes souvenirs et mes amis d'enfance et de jeunesse, d'elles à mon pays, ce que je ressens n'est pas loin de l'impartialité du coeur.
Jusque vers juillet 1945, trois questions étaient constamment posées aux premiers Français revenus d'Extrême-Orient, à savoir ;
- Qu'a été la collaboration franco-japonaise ?
- Qu'a été la résistance française en Indochine ?
- Comment se sont présentés le coup de force japonais et ses suites immédiates ?
Mais, très vite, une quatrième question l'emporta sur les autres en urgence et en gravité.
- Pourquoi, les Japonais hors de combat, le conflit s'est-il prolongé entre Annamites et Français ?
Ces quatre questions restent toujours sans réponse certaine : les opinions recueillies sont en nombre, mais se contredisent. Trancherai- je ? Je n'y prétends point. Il est trop tôt, je le répète, pour faire oeuvre d'historien. Et, si vous vouliez un historien, il ne fallait pas choisir quelqu'un qui sort juste de l'action et l'a encore dans les yeux, dans sa fratricide cruauté. Mon seul plan sera donc de m'attacher à ce que j'ai vu.
PLAN DE L'ARTICLE
- La collaboration franco-japonaise
- La résistance française en Indochine
- L'agression japonaise du 9 mars 1945
- Un premier aperçu du drame franco-vietnamien
- Point de vue vietnamien sur les relations franco-japonaises
- Antécédents moraux du conflit franco-vietnamien
* Cet article est tiré de la conférence faite à la Sorbonne, le 26 juin 1946, devant le Centre d'études de politique étrangère et le Comité des problèmes du Pacifique. La fin de cette conférence fait l'objet d'un second article, publié dans le n°5, novembre 1946, de Politique étrangère.
Contenu disponible en :
Régions et thématiques
Utilisation
Comment citer cette publicationPartager
Téléchargez l'analyse complète
Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.
L'Indochine en 1945
En savoir plus
Découvrir toutes nos analysesEssequibo : une vieille plaie entre Venezuela et Guyana
Héritage de la décolonisation et d’une longue bataille juridique, la querelle de l’Essequibo – territoire guyanais revendiqué par Caracas – est désormais portée devant la Cour internationale de justice. Mais cette Cour ne s’est prononcée que sur sa propre compétence, que lui déniait le Venezuela. Ce sont toutes les procédures de règlement, amiables ou judiciaires, des dissensions internationales prévues par la Charte de l’ONU qui sont convoquées autour de ce cas d’espèce.
Philanthropes sans frontières : la générosité privée au secours du monde ?
Acteurs traditionnellement discrets, les mécènes et fondations privées influencent le système international depuis plus d’un siècle. Leur visibilité s’est accrue et leur rôle géopolitique s’affirme, tandis que se mêlent dans leurs élans de générosité une sincérité non feinte et des intérêts adroitement calculés. Les crises et catastrophes récentes suscitent des dons sans précédent qui ne viennent pas uniquement des grandes fondations et donateurs occidentaux. Le paysage de la philanthropie est en pleine effervescence.
Les États-Unis de Trump et la guerre du Haut-Karabagh
L’administration Trump, accaparée par les élections présidentielles, est restée pour l’essentiel en retrait, en dépit d’efforts ponctuels. Ce retrait relatif, sur fond d’activisme en faveur d’un camp ou de l’autre, de nombreux acteurs institutionnels et non-institutionnels à Washington, a laissé le champ libre à la Turquie et à la Russie. Au final, Moscou a obtenu seule un cessez-le-feu, qui matérialise son influence mais aussi d’importantes avancées territoriales azéries et diplomatiques turques.
Que peuvent faire les Nations unies au XXIe siècle ?
Après le printemps des années 1990, l’ONU connaît un temps de reflux : retrait des Occidentaux des Opérations de maintien de la paix, minage de l’Organisation par les États-Unis, retour aux vétos au Conseil de sécurité… Sa réforme paraît aujourd’hui à la fois nécessaire pour l’adapter aux mutations du monde, et improbable, au moins pour la composition du Conseil de sécurité. Elle demeure le seul espace de dialogue universel pour des questions comme l’environnement ou les droits de l’homme.