Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

1914-2014 : nation et nationalisme

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Politique étrangère, vol. 79, n° 1, printemps 2014
Image de couverture de la publication
Couv Politique étrangère 1-2014
Accroche

Les mobilisations de la Grande Guerre poussent leurs racines dans des imaginaires nationaux façonnés par le xixe siècle dans les pays d’Europe. Le double traumatisme des guerres mondiales engendre le déclin des nationalismes et la mise en place de nouvelles logiques de reconstruction des sociétés. La mondialisation remet encore en cause l’étroit cadre national, mais la crise actuelle de l’Union européenne montre que la démocratie a quelque mal à s’émanciper du cadre de la nation.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Corps analyses

La tragédie de la Première Guerre mondiale est restée une énigme. On connaît tout de ses origines, ou presque. Cependant, la monstruosité des pertes en vies humaines qu’elle a engendrées dès les premières batailles, puis l’endurance des soldats et des civils aux années de souffrance et de deuil restent aujourd’hui encore incompréhensibles. Il n’est en tout cas pas facile de reconstruire l’univers mental des protagonistes de cette longue et abominable épreuve.


Les premiers mouvements de mobilisation de la guerre ont suscité de part et d’autre de grandes espérances collectives. Les témoignages de cette réalité sont concordants et innombrables : la presse, la littérature, les journaux intimes et les images de ces journées d’union nationale reflètent une espèce d’euphorie collective, élites et masses donnant l’impression de vivre une expérience communautaire quasiment mystique. On doit lire Stefan Zweig à cet égard, qui évoque « cet enthousiasme subit », après les craintes initiales d’une guerre que personne n’avait voulue. « Des cortèges se formaient dans les rues, partout s’agitaient des drapeaux, des rubans, des musiques retentissantes, les jeunes recrues défilaient triomphalement, le visage illuminé parce qu’on les acclamait, eux les petites gens de la vie quotidienne que personne n’avait jamais remarqué ni fêtés. » On sait que ce témoignage viennois est également éclairant pour Berlin et Paris.


Or après quelques semaines de guerre, à la fin de 1914, 300 000 Français étaient morts au front et 600 000 avaient été blessés. Le nombre des soldats allemands tombés au front était encore plus important. À Verdun, du 21 février 1916 au mois de décembre 1916, il y a un mort toutes les minutes du jour et de la nuit. L’offensive du Chemin des Dames, engagée par le général Nivelle le 16 avril 1917, entraîne la mort de 40 000 hommes en trois jours, du seul côté français. Cette bataille semble alors perdue, mais Nivelle s’obstine, et dans les semaines qui suivent quelque 150 000 hommes sont mis hors de combat par les mitrailleuses et les canons allemands. Ces carnages absurdes suscitent des mutineries.


Ils ne diminuent pas pour autant les ferveurs nationalistes de l’arrière. Dans L’Illustration du 28 avril 1917, Henri Lavedan écrit : « L’offensive, pour le soldat, c’est une période sublime de la guerre dans la guerre, une grande manœuvre, solennelle et sacrée entre toutes, pendant laquelle, plus encore que d’habitude, il cesse de s’appartenir et se livre tout entier. […]


PLAN DE L’ARTICLE

  • Le nationalisme, creuset de la Grande Guerre
  • Les après-coup du traumatisme
  • L’obsolescence de l’État-nation
  • Le déclin des solidarités nationales et la crise de l’Union européenne
  • La démocratie peut s’émanciper de la nation

 

Pierre de Senarclens est professeur honoraire de relations internationales à l’université de Lausanne.


Article publié dans Politique étrangère, vol. 79, n° 1, printemps 2014

Decoration

Contenu disponible en :

Régions et thématiques

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

1914-2014 : nation et nationalisme

Decoration
Auteur(s)
Image principale

La démocratie israélienne à l’épreuve de Netanyahou

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

D’avril 2019 à mars 2020, les Israéliens ont dû voter à trois reprises pour désigner leurs représentants à la Knesset. Ce cycle électoral inédit, dû à l’incapacité de la classe politique à s’accorder sur la formation d’un gouvernement, a pris fin avec l’accord conclu entre Benny Gantz et Benyamin Netanyahou. Ce dernier, bien que fragilisé par les affaires, conserve son poste de Premier ministre. Sa longévité est remarquable mais sa pratique brutale de la politique risque de laisser des traces.

Denis CHARBIT
Image principale

Sortir de l’impasse euro-américaine

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

Les divergences euro-américaines sur la sécurité du Vieux Continent sont tout sauf nouvelles : mais elles s’aggravent avec les tentations d’éloignement américaines, et avec l’impuissance européenne, qui se manifeste devant chaque crise. L’Europe ne pourrait s’affirmer comme puissance stratégique que si ses membres s’accordaient sur une analyse de leurs environnements et de leurs intérêts, et en négociant avec les États-Unis un nouveau partage de compétence dans l’Alliance atlantique.

Jolyon HOWORTH
Image principale

La ville, champ de bataille d’hier à demain

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

Historiquement, les guerres se sont davantage déroulées autour des villes que dans les villes. La zone urbaine est devenue un champ de bataille moderne à partir des années 1930. Elle agit comme un égalisateur de forces entre les armées les plus avancées et les groupes non-étatiques moins bien équipés, comme l’a encore montré récemment la bataille de Mossoul. L’emploi des robots militaires est amené à se développer et leurs impacts sur les conflits sont difficiles à anticiper.

Pierre SANTONI
Image principale

Les smart cities : ambitions chinoises à l’heure du COVID-19

Accroche

La Chine développe et exporte des technologies présentées comme indispensables à la sécurité et au bon fonctionnement des villes modernes. Vidéosurveillance, reconnaissance faciale, drones et robots font partie de l’arsenal de ces agglomérations hyperconnectées. Le COVID-19 a été l’occasion pour Pékin de promouvoir les technologies chinoises et renforcer leur utilisation en milieu urbain. Plus que jamais, la Chine ambitionne de devenir le leader mondial des smart cities.

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Couv Politique étrangère 1-2014
Pierre de SENARCLENS, « 1914-2014 : nation et nationalisme », Politique étrangère, Articles, Ifri, 20 mars 2014.
Copier
Image de couverture de la publication
Couv Politique étrangère 1-2014

1914-2014 : nation et nationalisme