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Détroit d'Ormuz : la guerre des nerfs

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Politique étrangère, vol. 86, n° 2, été 2021
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politique étrangère, asie de  l'est face a la chine, que faire de la dette couverture
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En cas de conflit majeur, l’Iran pourrait décider de fermer le détroit d’Ormuz, ce qui provoquerait une crise énergétique mondiale. La République islamique a les moyens militaires d’imposer temporairement un tel blocus, mais sa capacité à le faire durer pose question. Pour faire face à l’escalade qu’engendrerait cette décision, elle devrait sans doute recourir aux autres éléments de sa « triade dissuasive » : le terrorisme et l’embrasement régional par l’intermédiaire de ses proxies.

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L’interdépendance économique pousse un nombre croissant d’acteurs à percevoir les échanges internationaux comme un moyen d’influence et de coercition. Cette tendance, désignée en anglais par l’expression weaponized interdependance, se fait particulièrement sentir près des détroits, ou les plus modestes passages étroits, qui sont environ 200 dans le monde. Parmi ceux-ci, Ormuz fait partie des points stratégiques les plus sensibles : près de 90 % du pétrole produit dans le Golfe – entre 20 % et 30 % du pétrole brut mondial – quitte la région sur des tankers qui doivent passer par ce goulet d’étranglement de 55 kilomètres de large. Aucune des solutions terrestres existantes – pipelines, oléoducs, camions – ne pourrait offrir une voie de substitution viable en cas de fermeture du détroit.
 

L’Iran menace sporadiquement de bloquer ce chokepoint, sans jamais, toutefois, passer à l’acte. Pourtant, en 2019 et 2020, les très vives tensions dans le golfe Arabo-Persique, associées à la politique de « pression maximale » instaurée par les États-Unis dès leur sortie de l’accord de Vienne sur le nucléaire iranien (Joint Comprehensive Plan of Action – JCPOA), ont créé quelque doute. Le sabotage de six pétroliers en transit dans le détroit et dans les ports des pays voisins entre mai et juin 2019 ; la destruction, quelques semaines plus tard, d’un drone américain et, surtout, l’attaque de deux raffineries saoudiennes en septembre de la même année, laissent penser que Téhéran ne tolérera pas longtemps la navigation de dizaines de tankers remontant chaque jour vers le détroit d’Ormuz tout en étant réduit à l’asphyxie économique. Après une année de pandémie, le retour en 2021 des signataires du JCPOA à la table des négociations et la perspective des élections présidentielles en Iran font à nouveau monter la tension. Téhéran presse ses homologues du P5+1 (Chine, France, Russie, Royaume-Uni, États-Unis, Union européenne) de lever une partie des sanctions en faisant preuve d’un activisme renouvelé sur le dossier nucléaire – marqué par un enrichissement d’uranium par l’Iran à 20 % début 2021, seuil relevé à 60 % – et en poursuivant les arraisonnements et sabotages de navires. Cette dynamique suscite la fébrilité des capitales régionales, abaissant dangereusement le seuil de déclenchement d’un conflit ouvert.
 

Qu’elles précèdent le retour dans le JCPOA ou soient le prélude à une nouvelle escalade dangereuse, ces tensions invitent à scruter les implications stratégiques liées à l’ouverture du détroit d’Ormuz. Quelles conditions politiques pourraient conduire à une tentative de fermeture de ce passage maritime ? Quels moyens opérationnels pourraient être employés dans la mise en œuvre d’une stratégie de déni d’accès iranienne ? […]


PLAN

  • L’Iran au cœur des tensions régionales
  • Le déni d’accès « à l’iranienne »
  • Les contraintes d’une opération de contre-déni d’accès


Morgan Paglia est doctorant à l’Institut catholique de Paris et à l’École pratique des hautes études.

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Détroit d'Ormuz : la guerre des nerfs

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Morgan PAGLIA

Intitulé du poste

Ancien chercheur, Centre des Etudes de Sécurité de l'Ifri

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Le Brexit est-il vraiment « anglais » ?

Date de publication
21 décembre 2020
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Le résultat du référendum de 2016 ne traduisait pas un populisme, ou un exotisme culturel, spécifiquement anglais. L’opinion britannique était alors en phase avec les opinions européennes critiques vis-à-vis de l’Union européenne. La non-appartenance à la zone euro promettait une séparation sans trop graves effets. Séparation qu’annonçaient un fort attachement à la décision nationale et un détachement persistant vis-à-vis du projet européen, vu comme un simple lien économique.

Robert TOMBS
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La coopération militaire franco-britannique après le Brexit

Date de publication
21 décembre 2020
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Les questions de défense n’ont pas été sérieusement intégrées aux négociations du Brexit. Mais la redéfinition des priorités stratégiques américaines laisse à Londres peu d’espoir d’un special partnership égalitaire. Le retour de la France à une conception « gaullienne » de puissance d’équilibre pourrait par contre ouvrir la voie à un nouveau partenariat, qui ne prendrait toute son efficacité que dans le cadre d’une Alliance rééquilibrée et plus « européanisée ».

Adrien ABÉCASSIS Jolyon HOWORTH
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Les relations anglo-américaines après le Brexit : et moins si affinités ?

Date de publication
21 décembre 2020
Accroche

Le retour de la compétition des puissances, et l’érosion des moyens économiques et militaires britanniques mettent en cause la traditionnelle posture de suivisme de Londres vis-à-vis de Washington. Le Royaume-Uni ne pèse plus assez auprès des États-Unis, ni pour obtenir un accord commercial privilégié, ni en matière stratégique. Face au déclin inévitable de la relation bilatérale, Londres ne pourrait retrouver un poids diplomatico-stratégique que dans une Alliance atlantique rééquilibrée.

Robert SINGH
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La politique étrangère britannique après le Brexit : la géographie, c’est le destin

Date de publication
21 décembre 2020
Accroche

La vision britannique des rapports du Royaume-Uni au monde renvoie à la fois à la géographie et à l’histoire d’une puissance impériale. Mais le Brexit éclaire durement les changements du positionnement britannique : illusions sur la bienveillance américaine ; dépendance vis-à-vis des normes européennes sans pouvoir peser sur elles ; limitation des moyens d’influence extérieure. Union européenne et Royaume-Uni doivent trouver les moyens d’une nouvelle coopération, en particulier dans le domaine de la sécurité.

Stephen WALL

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politique étrangère, asie de  l'est face a la chine, que faire de la dette couverture
Morgan PAGLIA, « Détroit d'Ormuz : la guerre des nerfs », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 juin 2021.
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