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D’une crise l’autre

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Politique étrangère, vol. 85, n° 3, 2020
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Page couverture PE vol. 85, n° 3, 2020
Accroche

Les crises financière de 2008 et sanitaire de 2020 ne résultent pas de la fatalité mais bien d’actions humaines. Elles illustrent certaines dérives du système international et de la mondialisation. Cupidité corruptrice, criminalisation des économies, propension au mensonge, tendance à oublier les leçons de l’histoire : tels sont quelques-uns des ingrédients de ces crises. La pandémie de COVID-19 risque d’engendrer une accélération des comportements prédateurs, notamment de la Chine.

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Au XXIe siècle, en douze années seulement, la planète a vécu deux crises majeures : l’une financière en 2008, l’autre sanitaire en 2020. Les différences entre ces deux crises mondialisées sont, au sens strict du terme, aveuglantes. Leur lumière nous cache en effet d’instructives similitudes. Si comparaison n’est pas raison, ces deux tragédies présentent six points communs qui méritent réflexion.


Petites causes, grands effets


D’abord, leur point de départ paraît dérisoire. Ces deux crises trouvent en effet leur origine dans des objets peu étudiés, voire délaissés, éloignés de l’attention des décideurs et des stratèges. De petites causes dissimulées ont cependant produit de grands effets. Elles ne relèvent pas d’une fatalité naturelle mais d’actions humaines : ce sont des tragédies, non des catastrophes. Ce ne sont pas des crises aléatoires tombées du ciel mais des événements humains.


La crise financière de 2008 naît des dysfonctionnements d’un marché financier de petite taille, aux États-Unis : celui des prêts immobiliers hypothécaires (mortgage loans). Pour les Américains, il s’agissait d’un marché sensible puisque le rêve américain prend depuis toujours les atours de l’enrichissement personnel et surtout de la propriété privée. Le héros de Frank Capra dans La Vie est belle (1946) est ainsi un humble dirigeant de caisse d’épargne, prêtant à ses coreligionnaires modestes de quoi s’offrir le rêve de leur vie : une maison.


Il est toutefois difficile de vendre le rêve de « la maison pour tous » quand les salaires sont bloqués, la répartition de la valeur ajoutée dans les entreprises se faisant au profit non des salariés mais des actionnaires et cadres dirigeants. La déflation salariale est alors masquée temporairement par une incitation massive à l’endettement des ménages, et en particulier des classes moyennes et pauvres. Cependant, nul en dehors des États-Unis ne se préoccupe de ce marché financier en raison de sa nature nationale et de sa taille réduite rapportée au gigantisme des marchés financiers. Par ailleurs, l’establishment américain – responsables politiques, économistes et journalistes mainstream, président de la Réserve fédérale, etc. – considère par idéologie que les bulles immobilières et boursières sont des artefacts, et qu’en toute hypothèse ces bulles ne peuvent présenter de danger, le risque étant dilué dans des produits structurés innovants (CDO, CDS, etc.). Or tel ne fut pas le cas. Les bulles ont éclaté. […]


PLAN

  • Petites causes, grands effets
  • « Je suis oiseau, voyez mes ailes… »
  • Une criminalisation accélérée de l’économie
  • Le mensonge paupérise et tue
  • Amnésie et hubris
  • Le déclin accéléré de l’Occident ?


Jean-François Gayraud, docteur en droit diplômé de l’Institut d’études politiques (IEP) de Paris, est enseignant au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages dont Théorie des hybrides, terrorisme et crime organisé, Paris, CNRS éditions, 2017.

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D’une crise l’autre

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L’urbanisation du monde : pourquoi, jusqu’où ?

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

Depuis le XVIIIe siècle, le passage d’une économie agricole à une économie industrielle a produit une forte urbanisation. À la fin du XXe siècle, la dynamique de globalisation a relancé la hausse des taux d’urbanisation dans les nœuds économiques essentiels, alors que l’Afrique voyait ses campagnes se vider au profit des villes porteuses d’emplois formels ou informels. Aucun facteur simple ne permet de prédire une hausse continue du taux d’urbanisation, un phénomène qui revêt également des formes très diverses.

Gérard-François DUMONT
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Le secteur financier face au choc du COVID-19

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

Les mesures de confinement prises pour endiguer l’épidémie de COVID-19 ont provoqué une crise économique inédite. Celle-ci n’est pas comparable à la crise financière de 2008, dont la cause était endogène. Pour limiter l’impact de la récession, les gouvernants creusent les déficits publics et comptent sur l’intervention des banques centrales. La reprise économique et la sauvegarde de l’emploi dépendront de la capacité du secteur financier à se mettre au service de l’économie réelle.

Arnaud ODIER
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La souveraineté industrielle au révélateur du COVID-19

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

Au cours des vingt dernières années, la France s’est désindustrialisée, a délocalisé et étendu ses chaînes de valeur. Cette tendance s’est traduite, pendant la crise du COVID-19, par des pénuries de produits sanitaires et une dépendance à l’égard de la Chine. Pour éviter qu’une telle situation ne se reproduise, plusieurs stratégies peuvent être envisagées. L’Union européenne sera amenée à jouer un rôle important dans le renforcement de la résilience économique de ses États membres.

Elie COHEN
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Le COVID-19, accélérateur de la post-mondialisation

Date de publication
22 septembre 2020
Accroche

La mondialisation a généré des interdépendances, dont les effets néfastes ont pu être constatés à l’occasion de la pandémie de COVID-19. Plusieurs pays européens ont ainsi dû faire face à une pénurie de produits sanitaires essentiels. L’Europe est amenée à tirer les leçons de cette crise et à entrer de plain-pied dans l’ère de la post-globalisation. Elle devra réduire sa dépendance à l’égard de pays qui ne respectent pas les règles du libéralisme, en particulier la Chine.

Norbert GAILLARD

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Page couverture PE vol. 85, n° 3, 2020
Jean-François GAYRAUD, « D’une crise l’autre », Politique étrangère, Articles, Ifri, 22 septembre 2020.
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D’une crise l’autre