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Fin de partie : retour sur l’interventionnisme militaire occidental, 1991-2021

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Politique étrangère, vol. 86, n° 4, hiver 2021
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Page couverture PE n° 4 2021
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Le retrait d’Afghanistan en août 2021, sur l’échec de l’engagement militaire des États-Unis et de leurs alliés, signe un changement d’approche dans la lutte armée contre le terrorisme et plus généralement un retournement de la politique occidentale d’interventions suivie depuis 1991. Américains et Européens ne peuvent plus compter sur une supériorité stratégique et tactique leur garantissant une faible prise de risque. Ils ont aussi pris conscience qu’en banalisant le recours à la force, ils ont incité d’autres à les suivre dans cette voie.

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Le retrait d’Afghanistan, après vingt ans de guerre contre les talibans, met un terme, le 31 août 2021, au plus long conflit jamais mené par les États-Unis, dernière étape d’un désengagement de leurs moyens militaires massivement déployés au Moyen-Orient depuis 2001. Il indique un changement opératoire dans la lutte contre le terrorisme qui, de « guerre déclarée et ouverte », redevient une « guerre secrète ». La plupart des commentateurs s’arrêtent là, considérant qu’ainsi prend fin la séquence ouverte le 11 septembre 2001. Plus fondamentalement, le retrait d’Afghanistan signe l’arrêt de la politique d’interventions militaires poursuivie par l’Occident depuis 1991.


Ces trois dernières décennies, les Occidentaux (les États-Unis et leurs alliés : les pays européens d’une part, le Canada, l’Australie et la Nouvelle-Zélande de l’autre) ont en effet été engagés, le plus souvent derrière les États-Unis, dans plus d’une centaine d’opérations militaires. Ces opérations, d’intensité très variable, autorisées ou non par un mandat de l’Organisation des Nations unies (ONU), conduites par un État seul ou dans des coalitions de circonstances voire des organisations pérennes comme l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) ou l’Union européenne (UE), peuvent être classées en deux cycles. Le premier, entre 1991 et 2001, correspond majoritairement à des projections militaires effectuées au nom du maintien ou du rétablissement de la paix ; le second, de 2001 à 2021, à des engagements relevant principalement de la lutte contre le terrorisme ou de la protection d’intérêts de sécurité (la lutte contre la prolifération, notamment).


Le conflit afghan s’achève sur un passif qui pousse à réorienter les modes d’action militaire des Occidentaux, en particulier dans la lutte contre le terrorisme au Moyen-Orient et en Afrique. Il porte plus généralement à reconsidérer les paramètres entrant dans la « boucle décisionnelle » qui conduit à l’emploi de la force armée. Cette réévaluation s’effectue à partir des retours d’expériences qui montrent que, depuis 1991, le bilan politique des opérations extérieures (OPEX) est des plus mitigé. Certes, certaines opérations ont été des succès, mais nombreux furent les revers. La répétition en série et la durée des interventions militaires de l’Occident sont venues alimenter un procès en légitimité mais aussi en efficacité des OPEX. Parfois à tort, ainsi que le montre la stratégie d’action mise en œuvre de façon continue à partir de 1995 par les Américains et les Européens dans la stabilisation des Balkans. […]


PLAN

  • La guerre du Golfe, mère de toutes les batailles
  • Gendarmes du monde
  • Les cycles d’interventions
  • Aggiornamento et conclusion temporaire


Louis Gautier est directeur de la chaire Grands enjeux stratégiques contemporains à Paris-1 Panthéon-Sorbonne, ancien Secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale (2014-2018). Son dernier ouvrage paru est Mondes en guerre, Tome IV, Guerre sans frontières (dir.), Paris, Passés/Composés, 2021.

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Fin de partie : retour sur l’interventionnisme militaire occidental, 1991-2021

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Auteur(s)
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Le bilan économique du président Trump

Date de publication
20 juin 2020
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En matière économique, Donald Trump a tenu ses promesses de campagne. Il a renégocié des accords internationaux, engagé une grande réforme fiscale et entrepris de déréglementer l’économie américaine. Cette politique a porté ses fruits : au début de l’année 2020, les indices boursiers atteignaient des records, le produit intérieur brut continuait de croître et le chômage était au plus bas. Puis le COVID-19 est arrivé, rebattant les cartes et ouvrant une période d’incertitude.

Patrick LENAIN
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Qu’est-ce que le « trumpisme » ?

Date de publication
20 juin 2020
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Le trumpisme prend la forme d’une présidence plus démagogique qu’autoritaire dont la principale dynamique est une polarisation exacerbée et personnalisée. Une telle évolution affaiblit les capacités de gouvernement du président. Ainsi, l’héritage de Donald Trump risque de se résumer aux conditions qui ont permis son accession au pouvoir en 2016 et qui se pérennisent : personnalisation du pouvoir, omniprésence médiatique, dérégulation du financement des campagnes et apathie électorale.

François VERGNIOLLE DE CHANTAL
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États-Unis, le pays du carnage

Date de publication
20 juin 2020
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Dans son discours d’investiture du 20 janvier 2017, le nouveau président Donald Trump avait employé le terme de « carnage » pour évoquer la situation des États-Unis : un pays qu’il estimait ruiné par l’égoïsme des élites.

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La démocratie israélienne à l’épreuve de Netanyahou

Date de publication
22 septembre 2020
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D’avril 2019 à mars 2020, les Israéliens ont dû voter à trois reprises pour désigner leurs représentants à la Knesset. Ce cycle électoral inédit, dû à l’incapacité de la classe politique à s’accorder sur la formation d’un gouvernement, a pris fin avec l’accord conclu entre Benny Gantz et Benyamin Netanyahou. Ce dernier, bien que fragilisé par les affaires, conserve son poste de Premier ministre. Sa longévité est remarquable mais sa pratique brutale de la politique risque de laisser des traces.

Denis CHARBIT

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Page couverture PE n° 4 2021
Louis GAUTIER, « Fin de partie : retour sur l’interventionnisme militaire occidental, 1991-2021 », Politique étrangère, Articles, Ifri, 21 décembre 2021.
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Fin de partie : retour sur l’interventionnisme militaire occidental, 1991-2021