Rechercher sur Ifri.org

À propos de l'Ifri

Recherches fréquentes

Suggestions

La Russie de Vladimir Poutine : un virage vers le passé ?

Politique étrangère Articles
|
Date de publication
|
Références
Image de couverture de la publication
Page couverture PE_hs_Russie_2007
Accroche

Le régime de Vladimir Poutine, replacé dans l’histoire de la Russie, ressemble à un nouvel avatar du pouvoir russe traditionnel, monolithique et personnalisé, la séparation des pouvoirs n’y étant que théorique. Toute la question est donc de savoir comment Poutine peut réussir à concilier deux facettes opposées de sa personnalité – l’aspect réformateur pro-occidental et l’aspect politique autoritaire –, et comment peuvent évoluer ses choix initiaux de politique étrangère, plutôt favorables à l’Occident.

Image principale
Archive de Politique étrangère
Corps analyses

L’automne 2003 a montré que la stabilité politique russe était fragile, voire illusoire. L’assaut du pouvoir contre l’un des principaux oligarques, la division de la classe politique, l’influence croissante de la bureaucratie et des structures de force, la défaite des démocrates et libéraux aux législatives de décembre, et l’émergence d’une puissante force national-populiste : tout témoigne des changements de la vie politique russe.


Le vieux système russe est-il fini ?


« Tout a changé et tout est comme avant », remarque l’écrivain Fazil Iskander à propos de la politique russe. Vladimir Poutine a pu démontrer que la société russe, dans la courte période qui la sépare de la chute du communisme, a abandonné les principes clés d’une organisation du pouvoir qui se perpétuait depuis des siècles. Ce pouvoir est désormais légitimé par des élections et non par la violence, l’idéologie, la prééminence d’un parti ou la succession monarchique. La Russie ne se cherche plus dans la confrontation avec l’Occident ni par l’élection d’un ennemi extérieur. L’économie continue à évoluer vers le marché, avec un contrôle d’État décroissant et toutes les conséquences qui en découlent pour les libertés individuelles. Enfin, la limitation des ressources du pouvoir rend désormais plus improbable le retour de la Russie vers la dictature.


Que reste-t-il donc du système russe traditionnel ? D’abord, un mélange des genres qui s’exprime dans la fusion, au moins partielle, des affaires et de la politique, du privé et du public, comme dans les tentatives du pouvoir de modeler les institutions politiques d’en haut. Ce pouvoir demeure personnalisé et monolithique, la séparation des pouvoirs n’existant pas. Le leader concentre les principaux moyens et les capacités de contrôle de la société. Il se trouve en réalité placé hors de la société et du système politique : personne ne le contrôle. Le fonctionnement du pouvoir comme « verticale » administrative et son institutionnalisation démocratique sont en réalité incompatibles. Le pouvoir doit certes être élu, mais c’est lui qui désigne les candidats… Et en utilisant les élections comme instrument de légitimation de nominations préalables, il tente en réalité de marginaliser les électeurs. Les vieilles habitudes ont la vie dure. « Règles du jeu strictes et résultats non garantis » : à ce principe de base de la démocratie libérale, les élites russes préfèrent des règles du jeu vagues et un résultat sûr… [...]


PLAN DE L’ARTICLE

  • Le vieux système russe est-il fini ?
  • La logique d’un régime
  • Le pouvoir comme système de tensions
  • Le choix de Vladimir Poutine
  • L’Occident et les réformes russes

 

Ce texte a été publié pour la première fois dans le n°1:2004 de Politique étrangère.


Lilia Shevtsova est Senior Associate au Carnegie Endowment for International Peace et directeur de programme au Moscow Carnegie Center.


Le texte est traduit du russe par Svetlana Lomidzé.

Decoration

Contenu disponible en :

Régions et thématiques

Partager

Téléchargez l'analyse complète

Cette page ne contient qu'un résumé de notre travail. Si vous souhaitez avoir accès à toutes les informations de notre recherche sur le sujet, vous pouvez télécharger la version complète au format PDF.

La Russie de Vladimir Poutine : un virage vers le passé ?

Decoration
Auteur(s)
Image principale
Russie, Eurasie, Carte
Centre Russie/Eurasie
Accroche centre

Fondé en 2005 au sein de l’Ifri, le Centre Russie/Eurasie produit de la recherche et organise des débats sur la Russie, l’Europe orientale, l’Asie centrale et le Caucase du Sud. Il a pour objectif de comprendre et d'anticiper l'évolution de cette zone géographique complexe en pleine mutation pour enrichir le débat public en France et en Europe, et pour aider à la décision stratégique, politique et économique.

Image principale

Qui a tué Dag Hammarskjöld ? Sisyphe à New York

Date de publication
22 décembre 2019
Accroche

En pleine crise du Katanga, le secrétaire général de l’ONU Dag Hammarskjöld trouve la mort dans un accident d’avion en septembre 1961. On rend ici compte d’une enquête menée dans les archives sur une éventuelle implication de responsables ou de services français. Rien ne semble la prouver. De même, le rapport rendu au secrétaire général de l’ONU en 2019 ne permet pas de conclure à l’assassinat, même si une conclusion définitive n’est pas possible, l’ensemble des hypothèses demeurant donc ouvert.

Maurice VAÏSSE
Image principale

La France et le nucléaire iranien : enjeux bureaucratiques et politique étrangère

Date de publication
22 décembre 2019
Accroche

Les décisions de politique étrangère sont des produits complexes, qui dépendent aussi de l’influence de divers groupes bureaucratiques, aux cultures et aux légitimités spécifiques. Le cas de la négociation sur le nucléaire iranien ne fait pas exception, qui a vu s’opposer en France une sensibilité de tradition « régionaliste » et « gaullo-mitterrandienne », à une sensibilité plus « occidentaliste », qui tendra à s’imposer dans le jeu institutionnel sous les présidences Sarkozy et Hollande.

Guillaume BEAUD
Image principale

Trump, l’Europe et l’OTAN : retour vers le futur

Date de publication
22 décembre 2019
Accroche

Donald Trump a fortement critiqué l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et mis en doute la volonté des Européens de payer pour leur propre défense. Les tensions dans les relations transatlantiques ont été qualifiées de « crise ». Pourtant, la situation actuelle s’inscrit dans une certaine continuité historique. En 70 ans d’existence, l’OTAN a traversé des crises bien plus graves et a fait preuve d’une résilience remarquable. L’Alliance atlantique, pour peu qu'on la soutienne, a de beaux jours devant elle.

Seth A. JOHNSTON
Image principale

Faut-il créer une agence de renseignement européenne ?

Date de publication
22 décembre 2019
Accroche

Après chaque attentat majeur sur le sol européen, des voix s’élèvent pour demander la création d’une agence européenne de renseignement. Pourtant, la coopération entre services de renseignement des États-membres de l’Union européenne fonctionne bien. La création d’une telle agence induirait plus d’inconvénients que d’avantages. En l’état actuel de la construction européenne, la communautarisation du renseignement ne saurait être un gage de protection supplémentaire pour les citoyens européens.

Eric MECHOULAN

Comment citer cette étude ?

Image de couverture de la publication
Page couverture PE_hs_Russie_2007
« La Russie de Vladimir Poutine : un virage vers le passé ? », Politique étrangère, Articles, Ifri, 1 septembre 2007.
Copier
Image de couverture de la publication
Page couverture PE_hs_Russie_2007

La Russie de Vladimir Poutine : un virage vers le passé ?