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La victoire aujourd’hui, de l'évanescence au dépassement

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Politique étrangère, vol. 83, n° 3, automne 2018
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Page couverture PE n° 3 2018
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La victoire est une notion plus compliquée à définir qu’il n’y paraît. Elle suppose l’atteinte d’objectifs militaires et politiques, mais aussi la perception et l’acceptation d’une nouvelle réalité par l’adversaire. Les guerres asymétriques du début du XXIe siècle – de l’Afghanistan à l’Irak en passant par le Sahel – montrent que la supériorité militaire ne garantit pas la victoire. Il ne faut pas en conclure que l’emploi de la force armée serait nécessairement vain.

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Au cours des dernières années, les conflits armés de tous types se sont multipliés à travers le monde, de manière inédite depuis la fin de la guerre froide, mais ne connaissent que rarement des issues décisives. Les combats réapparaissent après une accalmie plus ou moins longue, alors que les conflits s’éternisent en s’éloignant progressivement de leurs raisons d’être initiales, rappelant que la violence alimente toute guerre de sa dynamique propre.


Pour la France, s’interroger sur la notion de victoire est d’autant plus nécessaire que le pays est engagé sur de multiples théâtres d’affrontement, et que les armées françaises connaissent une activité opérationnelle intense. En Libye, au Mali ou en République centrafricaine, les démonstrations de force initiales génèrent avec le temps un doute grandissant quant à notre aptitude à « gagner la paix ». La récurrence des guerres, et leur caractère indécis, amènent ainsi à questionner jusqu’à l’utilité même de l’emploi de la force armée.


Un siècle après la fin de la Première Guerre mondiale, la réflexion sur la victoire doit être renouvelée, et prendre la mesure des inflexions politiques, normatives, stratégiques ou opérationnelles survenues ces dernières décennies, et des conditions de l’emploi de la force aujourd’hui. La victoire est un concept central, mais demeure une réalité fuyante. Des désaccords profonds et récurrents surviennent dès lors qu’il s’agit de qualifier de victoire l’issue d’une guerre, que celle-ci soit survenue des siècles auparavant ou, a fortiori, que les violences n’aient que récemment perdu en intensité. À bien des égards, les conceptions de la victoire semblent être longtemps restées otages d’une focalisation excessive sur les seules campagnes classiques de grande ampleur, telles les guerres d’Irak de 1991 et 2003, et plus encore les guerres mondiales et autres campagnes napoléoniennes. Avant d’étudier les facteurs contribuant aujourd’hui à la rareté des victoires, le concept même de victoire doit être analysé.


Qu’est-ce que la victoire ?


Toute guerre a une fin, mais ne s’achève pas nécessairement par la victoire de l’un des belligérants. Reflet de la qualité des chefs de guerre en même temps que de l’efficience d’un système militaire, la victoire tient une place unique dans la théorie stratégique, comme dans l’histoire. Elle s’y distingue en particulier par sa nature stratégique, sa portée décisive et par la force de son symbole.


PLAN

  • Qu’est-ce que la victoire ?
     - La décision de faire la paix, un événement stratégique
     - Le rôle primordial des buts politiques
     - La naissance d’une perception partagée de la victoire
  • La victoire introuvable
     - Une affaire de tendances
     - L’âge nucléaire : la victoire insensée ?
     - Stratégies irrégulières : la victoire impossible ?
     - D’une méprise à l’autre


Corentin Brustlein est directeur du Centre des études de sécurité de l’Ifri.

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La victoire aujourd’hui, de l'évanescence au dépassement

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Corentin BRUSTLEIN

Intitulé du poste

Ancien Directeur du Centre des études de sécurité de l'Ifri

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Iran 2028, une rêverie politique

Date de publication
23 septembre 2018
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Le renforcement des sanctions américaines pourrait conduire à une aggravation des troubles intérieurs, en dépit d’une certaine libéralisation de la vie quotidienne. L’Iran adopterait dans un premier temps une posture internationale relativement discrète, maintenant le JCPOA, et tirant les conséquences d’un investissement extérieur aux bénéfices limités. L’inattendu pourrait bien venir, après la tentation conservatrice, d’une ouverture du régime iranien, à la fois en interne et en externe.

François NICOULLAUD
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Conflits d’Afrique subsaharienne : l’éternel retour ?

Date de publication
23 septembre 2018
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Au Sahel, au Soudan du Sud, dans l’Afrique des Grands Lacs, les conflits récurrents témoignent surtout de l’échec des gouvernances héritées de la colonisation. Les pouvoirs politiques n’ont jamais reflété la diversité des communautés de leurs sociétés. La démocratisation des années 1990 ne pouvait dans ces conditions qu’être un trompe-l’œil. Les oligarchies tournent à la prédation de plus en plus violente, et tous les éléments semblent réunis pour que les conflits perdurent.

François GAULME
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La négociation du traité de Versailles : exactement ce qu’il ne faut pas faire

Date de publication
23 septembre 2018
Accroche

Les négociations du traité de Versailles ne se sont pas passées comme prévu. Les Allemands se sont vu imposer un texte perçu comme un Diktat. La paix de Versailles ne fut pas seulement unilatérale, elle fut aussi contradictoire, dans le sens où les principes du wilsonisme se sont heurtés à des considérations géopolitiques plus traditionnelles. Le traité, nourri par les travaux d’experts, était complexe et difficile à maîtriser. Il ouvrait en outre la voie à une révision future.

Georges-Henri SOUTOU
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Djihadisme : une bataille gagnée, mais la lutte doit continuer

Date de publication
21 décembre 2018
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Le proto-État construit par Daech en zone syro-irakienne s’est effondré. L’organisation terroriste n’a pas pour autant disparu et les groupes liés à Al-Qaïda restent eux aussi très actifs. Le djihadisme est une menace mondiale qui touche le monde arabe mais aussi, au-delà, l’Afrique subsaharienne et l’Asie. L’Europe est aujourd’hui mieux placée que les États-Unis pour devenir le fer de lance de la lutte contre cette menace qui nécessite de s’attaquer aux causes profondes du djihadisme.

Asiem EL DIFRAOUI

Comment citer cette étude ?

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Page couverture PE n° 3 2018
Corentin BRUSTLEIN, « La victoire aujourd’hui, de l'évanescence au dépassement », Politique étrangère, Articles, Ifri, 23 septembre 2018.
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La victoire aujourd’hui, de l'évanescence au dépassement